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La naissance de l'Algèbre

Histoire des Mathématiques

Al_khwarizmiLe mot Algèbre vient de l'arabe al-jabr. Algorithme, qui signifie procédé de calcul utilisant un nombre fini d'applications d'une règle, vient du nom d'un mathématicien arabe Al-Khwarizmi.

timbre représentant Al-Khwarizmi

Quelle chance de savoir résoudre un problème en le mettant en équation et en résolvant l'équation. Mais sait-on que plus de 30 siècles d'efforts ont été nécessaires avant que Leibniz ( mathématicien allemand, 1646 - 1716 ) puisse écrire : " Cette méthode épargne l'esprit et l'imagination [ ... ] Elle nous Leibnizfait raisonner à peu de frais en mettant des caractères à la place des choses pour désembarrasser l'imagination. "

La marche vers l'inconnue

On trouve des problèmes numériques sur les tablettes d'argile babyloniennes et sur les papyrus égyptiens du 18e siècle avant J.-C.. Il s'agit souvent de partager des richesses ou des salaires, ou bien de calculer des poids, des longueurs, des aires ou des volumes. La solution se borne généralement à une suite de calculs qui ménent au résultat, mais elle n'apporte pas de justification et n'indique aucune méthode générale. Bref, ce n'est pas de l'algèbre. Il faut attendre le Grec Diophante ( d'Alexandrie ), au 3e siècle après J.-C., pour voir un mathématicien chercher un nombre ayant telle ou telle propriété, sans aucune préoccupation concrète ou géométrique. Déjà, on peut dire que Diophante résout des équations puisqu'il cherche un nombre inconnu qu'il prend soin de désigner par un symbole spécial. Pour le reste, ses équations sont écrites sous la forme d'une phrase, avec quelques abréviations.

Répondez moi franchement : Préférez-vous résoudre " six fois le nombre diminué de trois est égal au double du nombre augmenté de cinq " ou bien " 6x - 3 = 2x + 5 " ?

Par al-jahr et al-muqabala

Après Diophante, ce sont les savants de l'Inde qui poursuivent les recherches en algèbre. Puis, au 9e siècle, le mathématicien Al-Khwarizmi qui travaillait à Bagdad décrit une méthode précise pour résoudre des équations.

  • Il enlève les signes moins en ajoutant un même nombre aux deux membres d'une équation : cette technique est nommée " al-jahr ". Ainsi 6x - 3 = 2x + 5  devient 6x = 2x + 8, en ajoutant 3 à chaque membre.
  • Il soustrait les termes qui figurent à la fois dans les deux membres : cette technique est nommée " al-muqabala ". Ainsi, l'équation précédente devient 4x = 8 en soustrayant 2x à chaque membre.
  • Il trouve finalement x = 2 en divisant les deux membres par 4.

Les oeuvres d' Al-Khwarizmi , écrites en arabe, on été traduites en latin et diffusées en Europe par l'Italie et l'Espagne. Ceci contribua à éveiller l'activité mathématique très peu développée dans l'Europe occidentale au Moyen-Âge.

Des chiffres et des lettres

Bon, on savait désormais résoudre des équations ( pas trop compliquées ) mais on les écrivait toujours en phrases ! Grâce à l'usage des chiffres, on cesse d'écrire les nombres en toutes lettres. A la fin du 15e siècle apparaissent les signes + et -, bientôt accompagnés de symboles  pour la multiplication et la division. RecordeL'Anglais Recorde imagine en 1557 le signe = ( bien commode pour les équations ); et Harriot propose les signes < et > en 1631 ( pour les inéquations). Le dernier grand progrès fut de noter les nombres à l'aide de lettres, ce qui permet de travailler sur des formules littérales ( écrites avec des lettres ) valables quelles que soient les valeurs des lettres. Le Français François Viète ( 1540 - 1603 )Vite, qui a étudié Diophante et Al-Khwarizmi, propose de représenter les nombres connus par des consonnes et les inconnues par des voyelles " afin que la mise en équation soit aidée ", écrit-il. DescartesDescartes ( 1596 - 1650 ) préférera les lettres du début de l'alphabet ( a, b, c, d,...) pour les nombres connus et celles de la fin ( z, y, x,...) pour les inconnues. C'est l'usage le plus répandu actuellement.

Lire la suite "La naissance de l'Algèbre" »

C comme Constitution

  • CECA :  Communauté européenne du charbon et de l’acier, créée en 1951.

  • CJCE : Cours de justice des communautés européennes, instituée en 1952 par le Traité de Paris et située au Luxembourg. Elle est composée de 25 juges et 8 avocats généraux nommés d'un commun accord par les Etats membres pour six ans renouvelables, sans que les citoyens ne les connaissent.

  • CNPF : Conseil National du Patronat Français crée le 12 juin 1946, remplacé par le MEDEF ( Mouvement des Entreprises de France) le 27 octobre 1998. ( voir Chronologie du " CNPF au MEDEF " )

  • Constitution :   Loi fondamentale d'une nation ( ou d'un Empire ! ). Ensemble de règles juridiques qui régissent les rapports réciproques des gouvernants et des gouvernés et déterminent l'organisation des pouvoirs publics.

Lamartine choisit le drapeau tricolore

Lamartine_drapeau_3   "Lamartine devant l'Hôtel de Paris, le 25 février 1848". Peinture de Philippoteaux, 1848. Musée du Petit Palais, Paris.

Contexte historique, analyse du tableau et interprétation.

La sérennité et le doute...

Mlancolie_drer

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La Mélancolie d'Albrecht Dürer ( 1514 )

Epoque :  Renaissance

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Analyse :  L'être mélancolique, seul, replié sur lui-même, entouré des emblèmes des sciences et des arts, mais capable malgré sa tristesse, d'invention créatrice, est sous l'influence de la planète Saturne. Cette gravure donne l'image de l'indolence et du découragement, mais elle exprime aussi la sérénité qu'apporte l'érudition. Un homme né pour créer, mais que sa triste solitude rejette dans le doute et l'incertitude.

D comme Démocratie

  • Démocratie : Système politique dans lequel le peuple est souverain. Les citoyens prennent eux-mêmes les décisions, soit directement, soit par l'intermédiaire de leur représentant.
  • Droit du sol :  Règle de droit accordant la nationalité à toute personne physique née sur le territoire national, indépendamment de la nationalité de ses parents.
  • Cette notion s'oppose à celle de droit du sang selon lequel la nationalité est accordée aux enfants nés de parents possédant eux-mêmes la nationalité concernée. Toutefois, l'un n'exclut pas l'autre. Par exemple la nationalité française peut être obtenue par l'un ou l'autre de ces droits.

Remarques :

     En 2007, les pays suivants appliquent le droit du sol ( de façon plus ou moins systématique ) :

  • Un certain nombre de pays américains ( Argentine, Brésil, Canada, Colombie, Etats-Unis, Jamaïque, Mexique, Uruguay ) appliquent le droit du sol de façon stricte.
  • En France, le droit du sol, introduit dès 1515, reste un droit conditionnel : il accorde la nationalité française de plein droit à tout enfant né en France atteignant sa majorité civile sous réserve d'avoir vécu de façon durable sur le territoire français.
  • En Allemagne, le droit du sang fut instaurée en 1913 dans le code de la nationalité. Depuis 2000, un droit du sol a été introduit dans le code de nationalité. Sous réserve que leurs parents ont vécu de façon durable sur le territoire allemand, le droit allemand accorde aux enfants d'immigrés la nationalité allemande ( à l'exclusion de toute autre nationalité ).
  • Royaume-Uni : Le droit du sol est conditionné au fait que les parents détiennent un titre de séjour permanent.
  • La plupart des autres pays européens n'appliquent pas le droit du sol. A noter néanmoins  qu'en août 2006, le gouvernement italien de Romano Prodi a proposé une réforme de Code de la nationalité introduisant un droit du sol dans la loi à la suite de la régularisation massive de 350 000 immigrés clandestins.
  • La Suisse n'applique pas le droit du sol.
  • Le Japon est traditionnellement attaché à un droit du sang mais a introduit une forme complexe de droit du sol.

Lire la suite "D comme Démocratie" »

E comme Etat-Nation

  • Etat-Nation : L'Etat-Nation dont la France est le prototype s'impose comme le modèle historique de l'Etat. Les hommes et les femmes qui composent la population de ce type d'Etat ont conscience de constituer une nation, c'est-à-dire, conformément à la tradition française, " une communauté de citoyens" qui transcende toutes les appartenances privées ( religion, région, origine, race, ... ) de sorte que l'intérêt commun qui les unit et les fait vivre ensemble l'emporte sur les particularités et les différences qui sont de nature à les diviser et à les opposer. La conception allemande de l' Etat-Nation était tout autre : elle privilégie l'unité ethnique, c'est-à-dire le sentiment de constituer une race distincte voire supérieure.

"Dictionnaire De Gaulle"

Dictionnaire_de_gaulleDaniel Rondeau :  " C'est une évidence : De Gaulle n'a pas fini de s'abandonner à ce que Roger Nimier appelait " la publicité des siècles ". Ce Dictionnaire De Gaulle est une entreprise unique par son ambition ( plus de 1000 entrées ), son caractère encyclopédique, et libre de tout tabou. Trois cents spécialistes de l'histoire, du droit et de la littérature présentent ici, pour la première fois, toutes les facettes d'un homme parmi les plus importants de notre histoire. Si le héros de la France libre est devenu un personnage inépuisable, c'est sans doute parce qu'il eut l'audace d'écrire sa vie sur l'étoffe des songes, de la littérature et de la guerre, autant d'abîmes tournés vers l'inconnu. C'est en rêvant que De Gaulle est entré en relation avec les Français pour les mener vers les plus hautes marches d'eux-mêmes. Sa poésie n'était pas seulement un langage. C'était aussi une attitude : silence, chagrins cachés, gloire des royaumes intérieurs, tourments d'orgueil et de solitude. De Gaulle fut aussi l'homme de pouvoir que l'on sait. Toutes ces vies parallèles, la formation et l'action du Général sont ici évoqués : ses débuts, son entrée dans la Seconde Guerre mondiale, le départ pour Londres, la Libération, l'exil à Colombey, la Ve République, ses relations avec ses contemporains, etc.

Ce Dictionnaire est un outil indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à De Gaulle. On y entend aussi le Général parler des Beatles, de sa famille ou du prix Goncourt de 1957, et c'est un autre visage du grand homme qui apparaît, terriblement humain. "

Liste des signataires

Carlier Marie (Lyon), chargée de mission.

Pétition nationale : " Luttons contre les symboles de l'Empire ! "

Plaque

                          Le 24/12/2007.

Depuis mars 2004 (arrêté du 01/03/04 ), une nouvelle réglementation concernant les plaques d'immatriculation en France est appliquée. Beaucoup de citoyens ont remarqué la présence du drapeau de l'U.E. et l'absence de celui de la République française. Cette anomalie rentre-t-elle dans le cadre de la manipulation mentale par les défenseurs de l'Europe fédérale ? Le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté la Constitution européenne, ce qui signifie que l'Europe n'est pas aujourd'hui une Nation - un Empire ! - ( Constitution : Loi fondamentale d'une Nation - ou d'un Empire ! -. Ensemble de règles juridiques qui régissent les rapports réciproques des gouvernants et des gouvernés et déterminent l'organisation des pouvoirs publics. ) Cette Nation - cet Empire ! - européenne n'existe pas ! De plus, le peuple français n'ayant pas été consulté par référendum pour choisir entre une Europe confédérale ou fédérale, l'anomalie citée plus haut en devient inacceptable. En conséquence, le canard républicain a décidé de lancer une pétition nationale " Luttons contre les symboles de l'Empire !" dont l'objectif est de contribuer à montrer à nos élus de la République la demande d'une majorité de français de la présence sur nos plaques d'immatriculation du drapeau de la République française et l'éviction du drapeau de l'U.E.. Vive la République française !

Texte suivant à copier et à envoyer au canard républicain signé de vos noms et prénoms, de votre adresse ( au moins la ville ) et, si vous le souhaitez, de vos qualités. " Je partage entièrement l'opinion émise par le canard républicain. Je souhaite que le drapeau de la République française soit présent sur les plaques d'immatriculation en France et l'éviction du drapeau de l'U.E.. Je charge le canard républicain de communiquer les résultats de la pétition à un(e) élu(e) digne de confiance respectant les valeurs de la République."

Liste des signataires

P.S. :

Les musées ne sont pas à vendre !

La_tribune_de_lartTexte par Françoise Cachin, Jean Clair et Roland Recht publié pour la première fois dans Le Monde daté du 13 décembre 2006 :

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  Jusqu’à présent, le monde des musées français était envié pour l’exceptionnel soutien dont il bénéficie de la part de l’Etat et des municipalités. Il l’était par exemple aux Etats-Unis, où un seul musée est national, celui de Washington. Tous les autres dépendent majoritairement de l’argent privé.

  Bien sûr les musées français savaient obtenir occasionnellement une aide provenant du mécénat privé, en particulier pour les expositions plus prestigieuses ; et il faut saluer cette nouvelle loi qui propose de fortes exemptions fiscales aux entreprises et personnes privées qui donnent des oeuvres d’art importantes, ou de l’argent pour les acquérir. Nous avons aussi souvent, en échange de mécénat, organisé pour le Japon ou Taïwan, pays pauvres en art occidental, des expositions à caractère scientifique, conçues par les conservateurs français.

  Pourtant, hormis le Musée Guggenheim de New York, qui fut le désastreux pionnier de l’exportation payante de ses collections dans le monde entier, et se vante d’être un "entertainment business", l’éthique des musées outre-Atlantique et du reste de l’Europe demeure jusqu’à présent irréprochable, mettant au premier plan les devoirs concernant les collections, la recherche, leur enrichissement, le travail scientifique des conservateurs, le rôle éducatif de l’institution, le respect du public, bref, les codes déontologiques des musées publiés par l’ICOM (Conseil international des musées).

  Philippe de Montebello, directeur du Metropolitan Museum de New York, avait déjà, en septembre 2003, lancé un avertissement sévère sur la commercialisation effrénée du patrimoine public, en particulier par le système des "loan fees" (prêts payants) d’oeuvres et la tendance de certains musées à s’orienter vers les "marchés culturels" et les "parcs de loisirs". Ils risquent, avait-il ajouté, "d’y perdre leur âme".

  Aujourd’hui, avec l’exemple de l’opération du Louvre à Atlanta, où des tableaux qui comptent parmi les plus grands chefs-d’oeuvre des collections comme le Et in Arcadia Ego de Poussin, le Baldassare Castiglione de Raphaël ou Le Jeune Mendiant de Murillo, ont été déposés dans la riche cité du Coca-Cola, pour un an ou trois mois, selon les oeuvres, en échange de 13 millions d’euros.

  Nous ne méprisons ni l’argent, ni le mécénat, ni l’Amérique, comme l’on risque très rapidement de nous en accuser ! Mais tout cela peut nous entraîner dans une déviance que nul ne pourra bientôt plus limiter. Sur le plan moral, l’utilisation commerciale et médiatique des chefs-d’oeuvre du patrimoine national, fondements de l’histoire de notre culture et que la République se doit de montrer et de préserver pour les générations futures, ne peut que choquer. Et puis pourquoi les sept millions de visiteurs annuels du Louvre, payants pour la grande majorité, devraient-ils être privés de ces oeuvres si longtemps ? Il est facile et injuste de mépriser un public à cause de son engouement monomaniaque pour La Joconde. Nombreux, fort heureusement, sont ceux qui vont découvrir autre chose.

  La permanence de certains chefs-d’oeuvre qui forment les collections d’un musée est une exigence que peut avoir tout visiteur. La quête de manne financière à laquelle pousse le nouveau statut des grands musées français peut expliquer certaines dérives, mais, fort heureusement, tous n’y cèdent pas.

Le pire est encore à venir.

  L’exemple actuel d’Abou Dhabi est alarmant. Ce pays d’à peine 700 000 habitants se propose de construire, dans un site touristique et balnéaire afin d’en augmenter l’attractivité, quatre musées, dont un inévitable Guggenheim, et un "français", portant la griffe "Louvre", mais obligeant à des prêts à long terme tous nos grands musées, dont les responsables n’auront plus leur mot à dire. Ce sont nos responsables politiques qui sont allés offrir ce cadeau royal et diplomatique. Contre près de 1 milliard d’euros... N’est-ce pas cela "vendre son âme" ?

  Et qu’en est-il des intérêts réciproques avec la Chine ou l’Inde ? Une annexe du Musée national d’art moderne à Shanghaï semble être envisagée, alors que l’espace actuel du musée dans Beaubourg interdit de déployer ses collections, pour la plupart en réserve, qui feraient de lui, s’il y avait à Paris l’espace qu’elles méritent, l’un des deux plus beaux et des plus grands musées d’art moderne du monde, avec le MOMA de New York.

  L’ensemble des grands musées français et européens ont résisté à ces expansions ou locations commerciales et médiatiques et les désapprouvent. Tout comme s’y opposent la plupart des conservateurs français, contraints à un devoir de réserve contestable sur des sujets qui sont pourtant l’essence de leur métier. Bien sûr, il faut prêter des oeuvres d’art si leur état le permet et si leur sécurité est garantie, mais gratuitement, et dans le cadre de manifestations qui apportent une contribution à la connaissance et à l’histoire de l’art. C’était, jusqu’à présent, un impératif moral et scientifique.

  Selon quel principe, soucieux de la conservation et de la mise en valeur des collections patrimoniales, devrait-on utiliser les oeuvres d’art comme des monnaies d’échange ? Les enjeux politiques et diplomatiques doivent-ils primer sur toute autre considération et entraîner des dépôts payants d’oeuvres essentielles au patrimoine d’un pays ? Serions-nous le seul pays d’Europe à l’envisager ?

  Et imiter les locations de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg à Las Vegas par exemple, pour pouvoir payer ses employés ?

  Qu’avons-nous en France de mieux à offrir que nos trésors d’art, qui attirent chaque année une grande partie des 76 millions de touristes, les plus nombreux du monde ? Que l’on puisse rêver d’un monde où circuleraient librement les hommes et les biens de consommation est légitime. Mais les objets du patrimoine ne sont pas des biens de consommation, et préserver leur avenir, c’est garantir, pour demain, leur valeur universelle.

Françoise Cachin est directeur honoraire des Musées de France ; Jean Clair est conservateur général honoraire et écrivain ; Roland Recht est professeur au Collège de France.

Voir la pétition

De Gaulle et la Commission de Bruxelles : le visionnaire

                Degaulle                    "Ainsi commencée, la mise en œuvre du Marché commun va donner lieu à un vaste déploiement d’activités, non seulement techniques, mais aussi diplomatiques. En effet, l’opération, indépendamment de sa très grande portée économique, se trouve enveloppée d’intentions politiques caractérisées et qui tendent à empêcher la France de disposer d’elle-même. C’est pourquoi, tandis que la Communauté se bâtira dans les faits, je serai, à plusieurs reprises, amené à intervenir pour repousser les menaces qui pèsent sur notre cause. La première tient à l’équivoque originelle de l’institution. Celle-ci vise-t-elle - ce qui serait déjà beaucoup ! – à l’harmonisation des intérêts pratiques des six Etats, à leur solidarité économique vis-à-vis de l’extérieur et, si possible, à leur concertation dans l’action internationale ? Ou bien est-elle destinée à réaliser la fusion totale de leurs économies et de leurs politiques respectives afin qu’ils disparaissent en une entité unique ayant son Gouvernement, son Parlement, ses lois, et qui régira à tous égards ses sujets d’origine française, allemande, italienne, hollandaise, belge ou luxembourgeoise, devenus des concitoyens au sein de la patrie artificielle qu’aura enfantée la cervelle des technocrates ? Il va de soi que, faute de goût pour les chimères, je fais mienne la première conception. Mais la seconde porte tous les espoirs et toutes les illusions de l’école supranationale. Pour ces champions de l’intégration, l’ « exécutif » européen existe déjà bel et bien : c’est la Commission de la Communauté économique, formée, il est vrai, de personnalités désignées par les six Etats, mais qui, cela fait, ne dépend d’eux à aucun égard. A entendre le chœur de ceux qui veulent que l’Europe soit une fédération, quoique sans fédérateur, l’autorité, l’initiative, le contrôle, le budget, apanages d’un gouvernement, doivent désormais appartenir, dans l’ordre économique, à ce chœur d’experts, y compris – ce qui peut être indéfiniment extensif- au point de vue des rapports avec les pays étrangers. Quant aux ministres « nationaux », dont on ne peut encore se passer pour l’application, il n’est que de les convoquer périodiquement à Bruxelles, où ils recevront dans le domaine de leur spécialité les instructions de la Commission. D’autre part, les mêmes créateurs de mythes veulent faire voir dans l’Assemblée, réunissant à Strasbourg des députés et des sénateurs délégués par les Chambres des pays membres, un « Parlement européen », lequel n’a, sans doute, aucun pouvoir effectif, mais qui donne à l’ « exécutif » de Bruxelles une apparence de responsabilité démocratique. " 

Source : « Mémoires d’espoir », 1970, Charles De Gaulle 

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N comme Nation

  • Nation :  Ensemble d'individus ayant une communauté de traditions et voulant vivre ensemble ( définition à partir de la Révolution française ).

RenanErnest Renan en 1882 : " La Nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé. L' autre est dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu...Une Nation suppose un passé. Elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L'existence d'une Nation est un plébiscite de tous les jours. Une Nation n'a jamais intérêt à s'annexer ou à retenir un pays malgré lui. Le voeu des Nations est en définitive le seul critère légitime, celui auquel il faut toujours en revenir...Les Nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé. Elles finiront. La Confédération européenne probablement les remplacera. Mais telle n'est pas la loi du siècle où nous vivons. A l'heure actuelle, l'existence des Nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est  la garantie de la liberté, qui serait perdue si le monde n'avait qu'une loi et qu'un maître. "

  • Nationalisme :   Exaltation du sentiment national, attachement passionné à la Nation à laquelle on appartient accompagné souvent de xénophobie.

Commentaire :

Le nationalisme conduit à l’impérialisme parce que le nationaliste en arrive à se persuader que sa nation est supérieure aux autres et qu’elle a dès lors un droit à dominer les autres. Le patriote, en revanche, respecte et défend le droit à l’existence étatique de toutes les nations : « Le principe des nationalités [ et de l’Etat-Nation ], dit-on, portait la guerre de 1914 dans ses flancs. A moins que ce fût le principe impérial qui écrasant les nationalités, les exaspérait. » ( Régis Debray ).

P comme Patrie

  • Patrie :  Communauté politique à laquelle on appartient ou à laquelle on a le sentiment d'appartenir.

Jaures

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Jean Jaurès : " Un peu d'internationalisme nous éloigne de la patrie, beaucoup nous y ramène."

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  • Patriote : Individu aimant sa patrie et la servant avec dévouement.
  • Patriotisme : Amour de la patrie, désir de se sacrifier pour la défendre en particulier contre des attaques ennemies.

Commentaire :

Le nationalisme conduit à l’impérialisme parce que le nationaliste en arrive à se persuader que sa nation est supérieure aux autres et qu’elle a dès lors un droit à dominer les autres. Le patriote, en revanche, respecte et défend le droit à l’existence étatique de toutes les nations : « Le principe des nationalités [ et de l’Etat-Nation ], dit-on, portait la guerre de 1914 dans ses flancs. A moins que ce fût le principe impérial qui écrasant les nationalités, les exaspérait. » ( Régis Debray ).

  • Potlatch : Don ou destruction à caractère sacré, constituant un défi de faire un don équivalent, pour le donataire.

Jean-Pierre Le Goff : " La barbarie douce "

La_barbarie_douce Dans son essai sur le management moderne, Jean-Pierre Le Goff fustige les nouveaux modes de management, la théorisation extrême et la fragmentation de l'expérience, qui détruisent tout culture et réduisent à un but utilitariste la totalité de la vie des hommes, de l'enseignement des tout petits au management des séniors.

Extraits : " Les chartes et "projets d'entreprise", le "management par les valeurs" vont largement servir à tenter de contourner les organisations syndicales et le droit du travail. Le thème de l'autonomie est mis en avant dans une optique sacrificielle visant l'acceptation de l'intensification du travail et l'intériorisation de nouvelles normes. Les directions des entreprises converties à ces nouvelles orientations tendent à faire porter sur les salariés la responsabilité de leur propre performance et celle de l'entreprise...La lecture et l' écriture implique dans leur apprentissage un effort et un décentrement de la part du jeune vis-à-vis de sa propre subjectivité. Elles impliquent une rupture avec la logique de la suprématie du "moi " . Lire et écrire ce n'est pas " prendre du pouvoir " sur les autres et se débarrasser d'un lien de dépendance, c'est au contraire s'insérer dans un ordre symbolique commun qui constitue un héritage. Le langage est " tâche autant qu'héritage " ( Maurice Merleau-Ponty ). Les jeunes ne peuvent être d'emblée des créateurs et des novateurs, ils sont d'abord des héritiers...Un renversement s'opère quand on cherche à arracher l'assentiment du jeune sur la sanction prise ou qu'on l'invite à la formuler lui-même. La relation dissymétrique adulte-enfant est non seulement gommée, mais on demande, plus ou moins consciemment, à ce dernier d'accepter et de conforter la nouvelle posture de l'adulte qui rechigne à assumer clairement ses responsabilités dans l'énonciation de la sanction et les mesures contraignantes qu'elle implique...N'ayant plus de référents solides en face, le jeune aura le plus grand mal à apprécier ses capacités et ses talents à leur juste mesure, oscillant constamment entre surestimation et dépréciation de soi-même. "

René Girard : " La violence et le sacré "

La_violence_et_le_sacr Les hypothèses mises en lumière à partir du romanesque dans MRVR peuvent-elles être retrouvées dans les textes les plus anciens de l'humanité ? Prenant appui sur la tragédie grecque, René Girard va dégager l'identité entre violence et mimésis. Dès lors, comment les hommes ont-ils pu échapper à la circularité exponentielle et destructrice de la vengeance ? La réponse de René Girard est sans équivoque : en retournant la violence collective née d'une crise paroxistique des différences sur un seul, la victime émissaire et en investissant cette dernière, à la fois de la responsabilité de la crise et de sa résolution, créant ainsi l'ambivalence du sacré.

Extraits :  " Derrière le pharmakos africain comme derrière le mythe d' Oedipe, il y a le jeu d'une violence réelle, d'une violence réciproque conclue par le meurtre unanime de la victime émissaire. Partout ou presque les rites d'intronisation et de rajeunissement, ainsi que, dans certains cas, la mort réelle et définitive du monarque, s'accompagnent de simulacres de combats entre deux factions. Ces affrontements rituels et parfois la participation de tout le peuple évoquent de façon très nette les divisions de toutes sortes et l'agitation chaotique auxquelles le mécanisme de la victime émissaire est seul parvenu à mettre fin. Si la violence contre la victime émissaire sert de modèle universel c'est parce qu'elle a réellement restauré la paix et l'unité. Seule l'efficacité sociale de cette violence collective peut rendre compte d'un projet politico-rituel qui consiste non seulement à répéter sans cesse le processus mais à prendre la victime émissaire comme arbitre de tous les conflits, à faire d'elle une véritable incarnation de toute souveraineté...Dans les textes traités par nous, revient à plusieurs reprises un terme fondamentale de la problématique freudienne, ambivalence dont on peut montrer qu'il traduit à la fois la présence de la configuration mimétique dans la pensée freudienne et l'impuissance du penseur à articuler correctement les rapports des trois éléments de la figure, le modèle, le disciple et l'objet que forcément celui-ci et celui-là se disputent puisque l'un le désigne à l'autre par son désir, puisqu'il est objet commun. Tout ce qui est commun, dans le désir, on croit le savoir mais on ne le sait pas, signifie non l'harmonie mais le conflit...Ce n'est pas Freud, ici, qui peut servir de guide, ce n'est pas Nietzsche non plus qui réserve le ressentiment aux "faibles", qui s'efforce vainement d'instaurer une différence stable entre ce ressentiment et un désir vraiment " spontané", une volonté de puissance qu'il pourrait dire sienne, sans jamais percevoir dans son propre projet l'expression suprême de tout ressentiment...mais c'est peut-être Kafka, un des rares à reconnaître dans l'absence de loi la même chose que la loi devenue folle, le vrai fardeau qui pèse sur les hommes."

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Yves Prigent : " La cruauté ordinaire "

La_cruaut_ordinaire Extraits :  " La manipulation morale attaque l'être humain dans ce qui le constitue de plus fondamental mais dont il n'a pas conscience et que par conséquent il ne cherche pas à protéger. Ainsi dépouiller un être humain de sa dignité par un choc paralysant, une commotion, qui bloque les mouvements de son âme et en cela de sa pensée, en même temps qu'on l'humile, se produit toujours par surprise... On peut dépouiller quelqu'un de sa dignité et donc en cela lui faire perdre son âme, son humanité, sans qu'il s'en rendre compte lui-même. Cela se produit à bas bruit, sous  l'effet, on l'a dit, de la violence alliée à une attitude " incapacitante", " décervelante ", par des doubles messages, des surprises paralysantes et cela sans que les autres, et les plus proches, s'en soucient...Ainsi se trouve contredite l'opinion souvent admise que le cruel administre le Mal à quelques " têtes à claques " ou " minus habens " plus ou moins inhibés. C'est sur la qualité humaine que le pervers exerce son dévolu et en destructivité envieuse...A partir d'une interprétation des signes, qui nous est propre, singulière, nous aboutissons à des significations qui dans leur convergence font sens...La manipulation perverse, en ôtant aux objets la valeur des signes, en mettant en cause tout travail de signification, aboutit à un non-sens généralisé, base même de la position nihiliste que vit le violent et qu'il induit chez sa victime. "

" L'Ecole d'Athènes "

Raphael L'Ecole d'Athènes de Raffaello Santi ( Raphaël ) 

date : entre 1508 et 1511 ; lieu : Chambre de la Signature, Chapelle Sixtine Le Vatican

Petite analyse :  L'Ecole d'Athènes représente la vérité acquise par la raison. Cette fresque regroupe des figures solennelles ( Platon, Aristote, Héraclite, Diogène, Euclide,...) de penseurs et de philosophes réunis dans un grandiose cadre architectural.

Jean-Pierre Chevènement : " La faute de M.Monnet "

Principaux extraits : " Il a gardé sa vie durant, des intérêts dans la maison de Cognac de son père, ce qui ne l’a pas empêché de faire carrière, entre les deux guerres, dans la banque américaine…Jean Monnet n’avait pas seize ans quand il partit à Londres pour un séjour de deux ans… A 18 ans, le voici au Canada… en 1911, il signe de juteux contrats avec la Hudson Bay Company … qui revendra le cognac aux trappeurs indiens. … quand la Première Guerre Mondiale éclate, il est réformé… Le gouvernement français est replié à Bordeaux. Jean Monnet se fait introduire auprès du président du Conseil Viviani, qui l’envoie au ministre de la Guerre, Alexandre Millerand. En 1916, à 28 ans, il va se voir catapulté représentant de la France dans les comités exécutifs alliés pour la répartition des ressources communes, comités où les Etats-Unis entreront à partir de 1917… Il jouera un rôle décisif, à partir de mars 1918 dans l’acheminement de troupes américaines vers l’Europe. … il va devenir le secrétaire général adjoint de la SDN…Vite déçu par la faiblesse de la SDN, …il démissionne et va se mettre au service d’une banque américaine d’investissement, Blair and Co… Le jeune Charentais va élargir le cercle de ses relations en Amérique : John Mac Cloy, administrateur d’innombrables sociétés et futur haut commissaire américain en Allemagne, le futur secrétaire d’Etat John Foster Dulles, ... En 1929, il contribue à la création de la BRI ( Banque des règlements internationaux ) à Bale… C’est pour le compte de banques américaines qu’il opère également en Chine au début des années 1930. … en juin 1940, alors que le front français s’écroule, il propose le projet sans précédent d’une complète fusion des souverainetés française et britannique… Jean Monnet ne répondra pas à l’appel du 18 juin. Le 2 juillet, il se met à la disposition du gouvernement anglais. Churchill, le 16 juillet, l’envoie aux Etats-Unis comme vice-président de la mission britannique d’achats de fournitures américaines…La correspondance de Jean Monnet avec Harry Hopkins, proche confident du président Roosevelt, le montre tout entier dressé contre l’idée que De Gaulle puisse incarner la légitimité de la Résistance française et donc la souveraineté de la France… Quand De Gaulle, le 4 mai 1943, dans un discours prononcé à Londres, fait connaître sa décision de se rendre à Alger…Dans une note à Harry Hopkins, du 6 mai 1943, il n’hésite pas à écrire : « Cela me rappelle le discours que Hitler a fait avant l’affaire tchécoslovaque…De Gaulle est synonyme d’action arbitraire, avec tous les risques de fascisme… Dans un cas, c’est l’hitlérisme ou la guerre civile ; dans l’autre, le maintien de la loi établie par le peuple français et de ses libertés … ». Dans une note rédigée au lendemain du discours de Londres du général De Gaulle, Jean Monnet n’hésite pas à écrire : « Il est un ennemi du peuple français et de ses libertés… Il est un ennemi de la reconstruction européenne dans l’ordre et la paix…en conséquence il doit être détruit dans l’intérêt des Français, des Alliés et de la paix. »…en 1977, à Valéry Giscard d’Estaing, au palais de l’Elysée, Jean Monnet : « J’ai vu, à votre façon d’agir, que vous avez compris l’essentiel... Oui, j’ai vu que vous aviez compris que la France était désormais trop petite pour pouvoir résoudre seule ses problèmes. » "

Renan_1Ernest Renan en 1882 : " La Nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé. L' autre est dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu...Une Nation suppose un passé. Elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L'existence d'une Nation est un plébiscite de tous les jours. Une Nation n'a jamais intérêt à s'annexer ou à retenir un pays malgré lui. Le voeu des Nations est en définitive le seul critère légitime, celui auquel il faut toujours en revenir...Les Nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé. Elles finiront. La Confédération européenne probablement les remplacera. Mais telle n'est pas la loi du siècle où nous vivons. A l'heure actuelle, l'existence des Nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté, qui serait perdue si le monde n'avait qu'une loi et qu'un maître. "

Mends_france_1Pierre Mendès France en 1957, lors de la ratification du traité du Marché commun : " Il y a deux façons pour une démocratie d'abdiquer : remettre ses pouvoirs à un homme ou à une commission qui les exercera au nom de la technique. "

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Jean-Pierre Chevènement : " Seules des nations conscientes d'elles- mêmes sont en mesure de contrôler l'exercice démocratique des compétences qu'elles peuvent, le cas échéant, déléguer...Privé de sa souveraineté, un peuple cesse d'exister comme peuple au sens républicain du terme. On peut admettre une " délégation de compétences" dès lors que ces compétences ont été strictement définies, qu'elles restent démocratiquement contrôlées par les peuples et leurs représentants légitimes." « Face à la concurrence des pays à bas salaires, toute forme de protection a disparu. Le niveau moyen des droits de douane sur l’ensemble des produits était encore de 14% en 1992 ; il est passé à 1,5% en 2005. » « L’économisme et le déclin du politique enraciné dans l’inculture historique ont entraîné le dépérissement de la démocratie. L’Europe s ‘est dissoute dans la mondialisation en supprimant son tarif extérieur commun. En libérant les mouvements de capitaux, elle a mis en péril son modèle social et contribué à instaure la « dictature de l’actionnariat. » « La commission dispose en matière législative du monopole de la proposition. » « La Banque centrale européenne est indépendante du Conseil des ministres. » En 1951, instauration de la CECA. « Un demi-siècle plus tard, le géant indien Mittal vient d’avaler ( juillet 2006 ) Arcelor, société … regroupant depuis 2002 autour de la sidérurgie française, c’est-à- dire Usinor, le groupe belge-luxembourgeois Arbed et l’espagnol Aceralia… La sidérurgie française, frappée par la crise à la fin des années 1970, avait été nationalisée en 1982, puis modernisée à grands frais par le contribuable ( près de 200 milliards de francs … ). Privatisé en 1986 par le gouvernement de Jacques Chirac, Usinor a vu l’Etat mettre sur le marché, sous le gouvernement de la gauche plurielle, sa participation résiduelle au capital ( environ 7% )...On connaît la suite : … Toutes les autorités compétentes en matière de concurrence et d’OPA ont donné leur feu vert à l’absorption d’ Arcelor, à commencer par le Luxembourg et la Commission européenne. » « Avec le rachat en 2003 par le Nord-Américain Alcan de Péchiney, champion de l’aluminium en France où il fut inventé par Sainte- Claire Deville au milieu du XIX siècle… » « La recréation d’une nouvelle Union soviétique ne suffirait sans doute pas, chaudron de nationalités ressuscitées après des siècles de mise en sommeil. » Jaures_1

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Jaurès : " un peu d’internationalisme nous éloigne de la patrie, beaucoup nous y ramène "

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" Dans une note du 5 août 1943, Jean Monnet écrit « Pour éviter une paix négative comme en 1918… , l’organisation économique et politique d’une « entité européenne » est nécessaire…Il n’y aura pas de paix en Europe si les Etats se reconstituent sur une base de souveraineté nationale, avec ce que cela entraîne de politique de prestige et de protection économique. Les pays d’Europe sont trop étroits pour assurer à leurs peuples la prospérité… ». " " Comme le précisera Monnet à Adenauer : « il faut créer une autorité supranationale dont les divers gouvernements seront, dans son domaine d’attribution, les agents d’exécution. ». " " Dans la création de la CECA, Monnet a d’emblée placé la discussion sur un terrain fédéral : « Les membres de la Haute Autorité de la CECA ne seront pas les représentants des gouvernements, le principe de la représentation nationale apparaissant, en l’espèce, comme une source de divisions.». "

CECA : Communauté européenne du charbon et de l’acier, créée en 1951.

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Le danger représenté par le protocole de Londres

LogoapfXXXIIe SESSION

Rabat, 30 juin au 3 juillet 2006

DOCUMENT N° 66

RÉSOLUTION

SUR LE PROTOCOLE DE LONDRES RELATIF AUX BREVETS EUROPÉENS

L’Assemblée parlementaire de la Francophonie, réunie à Rabat du 30 juin au 3 juillet 2006,

sur proposition de la commission de l’éducation, de la communication et des affaires

culturelles, 

Considérant que la Convention européenne des brevets fait de la langue française l’une des

trois langues officielles de l’Office européen des brevets ;

Rappelant que le Protocole conclu à Londres le 17 octobre 2000 relatif aux brevets

européens, aboutirait, s’il entrait en application, à renoncer à l’exigence de la traduction en

langue française de la partie technique des brevets européens rédigés en allemand ou en

anglais ;

Constatant que l’exigence de la traduction en français ne porterait dés lors plus que sur les

revendications ;

Soulignant que seules 6 % des demandes de brevets sont aujourd’hui déposées en français ;

Estimant que l’argument économique avancé par les défenseurs du Protocole de Londres, qui

prétendent faciliter le dépôt des brevets en diminuant le coût des traductions, ne peut être

reçu ;

Rappelant que les e