Imprimerie nationale
Article du 20/05/2004 dans "Le Point" de Baudoin Eschapasse :
" L'Imprimerie nationale, une rareté
C'était hier une fierté nationale. C'est aujourd'hui un boulet dont le ministère des Finances, qui en assume la tutelle, aimerait bien se défaire. Et pour cause ! Bien que transformée en société anonyme en 1994 (détenue à 100 % par l'Etat), l'Imprimerie nationale, héritière de l'institution royale fondée par François Ier, vient en effet d'annoncer un déficit record de 90 millions d'euros pour 2003. Depuis que l'impression des annuaires de France Télécom lui a échappé, courant 2000 (l'opérateur téléphonique lui préférant une société espagnole...), l'Imprimerie nationale peine à remonter la pente. Manque à gagner : 100 millions d'euros par an. L'entreprise a eu beau se défaire de son siège historique, dans le quartier Javel, à Paris (la société américaine Carlyle a raflé les 40 000 mètres carrés du bâtiment pour 85 millions d'euros) et réduire ses effectifs de 2 000 à 1 200 employés en trois ans, l'imprimerie est aujourd'hui maintenue en « respiration artificielle » par l'Etat, qui lui a alloué en février une aide exceptionnelle de 65 millions d'euros pour lui éviter la liquidation judiciaire. Réorganisée en douze directions, dont seule la division fiduciaire (qui imprime passeports, cartes grises, visas et autres documents de sécurité de l'Etat) est bénéficiaire, l'entreprise dispose pourtant d'un patrimoine inestimable : une bibliothèque de livres rares remontant, pour certains, au XVIe siècle, une collection de caractères d'imprimerie, de poinçons et de machines exceptionnels (dont ces garamonts dessinés pour la couronne en 1641). « Ces 500 000 pièces, classées, car elles témoignent de l'histoire de France, sont invendables », nuance Eric de Chazournes, directeur commercial du groupe. Oubliées, les éditions rares d'ouvrages d'art pour bibliophiles (dont certains pouvaient grimper jusqu'à 4 500 euros pièce !)... Pour survivre, l'entreprise fait le pari de « l'ouverture aux partenaires privés », comme l'explique son nouveau président, Loïc de La Cochetière. Mais les clients ne se bousculent pas au portillon ! "
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Une invitation à(re)voir l'article écrit par Luc Peillon dans le journal Libération du 11 février 2008 : "L'Imprimerie nationale sacrifiée" :
http://sauvonslademocratie.neufblog.com/le_canard_republicain/2008/03/limprimerie-nat.html
Rédigé par: le canard républicain | 09/03/2008 at 18:03