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Marianne

Marianne

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Buste de Marianne

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   Tout comme le drapeau tricolore qui est l’emblème national, Marianne incarne aussi la République Française.

   L’origine de l’appellation de Marianne n'est pas connue avec certitude, mais elle semble provenir de la contraction de Marie et Anne, deux prénoms très répandus au XVIIIe siècle parmi la population catholique féminine du Royaume de France. 

   Ses premières représentations apparaissent sous la Révolution française et pour les aristocrates contre-révolutionnaires, ce prénom était considéré comme péjoratif, puisqu'il représentait le peuple.

   Sous l'apparence d'une femme coiffée d'un bonnet phrygien, Marianne incarne la République française et représente par là-même les valeurs républicaines françaises contenues dans la devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

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espace pour la mise en pageMarianne_sur_le_logotype_du_gouvern

Marianne sur le logotype du gouvernement français

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   Elle est la représentation symbolique de la mère patrie fougueuse, guerrière, pacifique, nourricière et protectrice. Elle est belle de par la diversité du peuple qui la compose et fait la richesse de ses traits fins. Laïque, fille des Lumières, c'est la beauté faite femme. 

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Remarque :

  • Symbole de liberté, le bonnet phrygien était porté par les esclaves affranchis en Grèce et à Rome. Un bonnet de ce type coiffait aussi les marins et les galériens de la Méditerranée et aurait été repris par les révolutionnaires venus du Midi.

La Marseillaise

  • Son histoire :

   A l'origine la Marseillaise est un chant de guerre révolutionnaire et un hymne à la liberté.

   Le 20 avril 1792, l'Assemblée législative déclare la guerre à l'empereur d'Autriche (et plus tard au roi de Prusse) parce qu'elle veut libérer les peuples de l'Empire et aussi pousser Louis XVI à se trahir (les 20-21 juin 1791 : fuite de la famille royale rattrapée à Varennes. Le roi est suspendu ; le 13 septembre 1791 : Louis XVI accepte la Constitution de 1791, après avoir été rétabli dans ses fonctions). Le roi accepte la guerre parce qu'il espère en profiter pour rétablir son autorité.

   Le capitaine français du génie Claude-Joseph Rouget de Lisle, poète et violoniste amateur, est en garnison à Strasbourg. Il fait partie du bataillon "Les enfants de la Patrie". Le 25 avril 1792, Frédéric de Dietrich, maire de la ville de Strasbourg, organise une fête à laquelle participe Rouget de Lisle. Durant cette soirée, Monsieur et Madame Dietrich ainsi que les généraux de l'armée du Rhin lui demandent de réaliser un chant de guerre pour encourager les troupes. Dans la nuit du 25 au 26 avril, Rouget de Lisle compose le "Chant de guerre pour l'armée du Rhin". Ce chant fut chanté pour la première fois, par Rouget de Lisle le 26 avril 1792 dans le salon du maire Dietrich, avec un accompagnement de clavecin joué par Madame Dietrich, en présence des généraux et des amis de Dietrich présents la veille.

Isidore_pils_3 Rouget de Lisle chantant la Marseillaise, peinture d'Isidore Pils espace pour la mise en page

   

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Le 29 avril 1792, ce chant de guerre fut interprété publiquement à Strasbourg par la musique de la Garde Nationale devant huit bataillons. Ce chant se répandit partout. Il arriva jusqu'au sud de la France et fut chanté à Marseille le 22 juin 1792 par le docteur Mireur lors d'un banquet. Cet air fut accueilli avec enthousiasme et les journaux marseillais publièrent le lendemain, les paroles et la musique. Ce jeune médecin Mireur faisait partie des fédérés -membres des Gardes nationales des villes de France qui se sont associées- de Marseille qui s'étaient unis au bataillon de Montpellier. Tout en se rendant à Paris, les fédérés marseillais reprirent sans cesse ce chant dans les villes et les villages. Ils participèrent à l'insurrection des Tuileries le 10 août 1792 en chantant ce chant de guerre révolutionnaire ; d'où le nom de Marseillaise.

   La Marseillaise fut décrétée chant national le 14 juillet 1795 (26 messidor an III) par la Convention. Elle fut interdite sous l'Empire et la Restauration, puis remis en valeur lors des Trois Glorieuses, les 27-28-29 juillet 1830. Berlioz en élabora une orchestration qu'il dédia à Rouget de Lisle. La IIIème République en fait un hymne national le 14 février 1879 et, en 1887, une "version officielle" est adoptée. Le 14 juillet 1915, les cendres de Rouget de Lisle sont transférées aux Invalides. Le caractère d'hymne national est à nouveau affirmé dans les constitutions de 1946 et de 1958 (article 2). Sous son mandat de Président de la République française, Valéry Giscard d'Estaing a fait diminuer le tempo de la Marseillaise afin d'atteindre le rythme original. Par conséquent, la Marseillaise jouée actuellement est une adaptation de la version officielle de 1887.

espace pour la mise en pageChants_rpublicains_3

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Couverture des chants républicains, édition Galerie Verot Dodet, publiée par Jules Laisné en 1848.

  • Les paroles :

1er couplet

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils, vos compagnes

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Refrain

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Aux armes, citoyens,

Formez vos bataillons,

Marchons, marchons !

Qu'un sang impur

Abreuve nos sillons !

2ème couplet

2ème couplet

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Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !

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3ème couplet

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Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

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4ème couplet

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Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

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5ème couplet

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Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

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6ème couplet

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Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

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7ème couplet

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Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre.

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N.B. : le septième couplet, dont l'auteur reste à ce jour inconnu, a été ajouté en 1792.

Lire la suite "La Marseillaise" »

Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne

septembre 1791, écrite par OLympe de Gouges (1748-1793).

Gouges_3   

Préambule

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de tous.

En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne.

Article premier

La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Article II

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la Femme et de l'Homme ; ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et surtout la résistance à l'oppression.

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Article III

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Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme : nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Article IV

La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

Article V

Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société : tout ce qui n'est pas défendu pas ces lois, sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elles n'ordonnent pas.

Article VI

La Loi doit être l'expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous : toutes les Citoyennes et tous les Citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Article VII

Nulle femme n'est exceptée ; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la Loi. Les femmes obéissent comme les hommes à cette Loi rigoureuse.

Article VIII

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.

Article IX

Toute femme étant déclarée coupable ; toute rigueur est exercée par la Loi.

Article X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune, pourvu que ses manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la Loi.

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Article XI

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La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un préjugé barbare force a dissimuler la vérité; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Article XII

La garantie des droits de la femme et de la Citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de celles à qui elle est confiée.

Article XIII

Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.

Article XIV

Les Citoyennes et Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique. Les Citoyennes ne peuvent y adhérer que par l'admission d'un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l'administration publique, et de déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée de l'impôt.

Article XV

La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public, de son administration.

Article XVI

Toute société, dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution ; la constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la Nation, n'a pas coopéré à sa rédaction.

Article XVII

Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés ; elles ont pour chacun un droit lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.

Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen

Décretés par l'Assemblée Nationale de France le vingt-six août 1789, acceptés par le Roi.Dclarationdroits_2

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Peinture de 1791.

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(Musée Carnavalet, Paris)

Petite analyse du tableau : la femme située à gauche qui tient les fers qu'elle a brisés, représente la France ; l'ange représente la liberté qui tient le sceptre du pouvoir ; au centre : le pique et bonnet phrygien (symboles révolutionnaires), le faisceau (sous le pique) représente l'unité des provinces ; au-dessus de la Déclaration : il y a l'oeil de la raison, le nuage de l'erreur se dissipe.

e~ AUX REPRESENTANS DU PEUPLE FRANCOIS ~

Préambule

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des Droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des Citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de tous.
En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être Suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.

Article premier

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Article II

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.

Article III

Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Article IV

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Article V

La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.

Article VI

La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Article VII

Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant: il se rend coupable par la résistance.

Article VIII

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

Article IX

Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la Loi.

Article X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.

Article XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

Article XII

La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

Article XIII

Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés.

Article XIV

Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.

Article XV

La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

Article XVI

Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.

Article XVII

La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.

Lire la suite "Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen" »

" Justice, Coran et caricatures de toutes sortes "

" Ainsi, le tribunal correctionnel de Paris a-t-il relaxé Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet considérées comme injurieuses par la Grande  Mosquée de Paris et par l'Union des organisations islamistes de France, l'UIOF. On serait tenté de dire qu'il n'y a dans ce jugement rien que de très normal, de très logique, de très républicain au pays des Lumières. Et pourtant, on ne peut s'empêcher d'être soulagé par cette décision de justice qui vient réaffirmer toute la place que la liberté d'expression a su conquérir dans notre société, et ceci au moment où elle est régulièrement contestée et de plus en plus souvent attaquée. Et pas seulement en France. Charlie_hebdo_2Cette victoire est celle de l'esprit contre l'obscurantisme, du rire salvateur contre le manteau de la censure. Cette victoire est aussi celle des musulmans laïcs et républicains qui contestent -sans doute à voix trop basse- la représentativité de ceux qui prétendent s'ériger en leurs seuls porte-parole. Alors que la Grande mosquée de Paris s'est sereinement pliée au jugement, l'UOIF (proche des Frères musulmans) a décidé de faire appel. Avec un argument ahurissant : elle dit ne pas comprendre que l'un de ces dessins ait été jugé "choquant" mais que pourtant "cela reste dans le cadre de la liberté d'expression". Un tel raisonnement traduit au mieux une incompréhension profonde de nos valeurs. A moins que cela ne trahisse la dialectique de ces prêcheurs obsessionnels sur lesquels Voltaire s'interrogeait déjà : "que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?" A l'évidence, la question est tristement d'actualité en Allemagne où une juge a refusé d'accorder le divorce immédiat à une femme d'origine marocaine battue par son mari. Motif invoqué par la magistrate : le Coran ne condamne pas les mauvais traitements entre époux. Dans un courrier surréaliste envoyé à l'avocate de la victime, la magistrate s'appuyant sur le fait que le couple s'était uni sous la loi islamique va jusqu'à citer le verset 34 de la 4e sourate du Coran - "si vous craignez que quelque femme se rebelle, alors menacez-la, rejetez-la dans le lit conjugal et battez-la !" - pour justifier son refus. Inutile de dire que l'affaire a créé un séisme en Allemagne, pays qui l'an dernier déjà avait eu à affronter une série de "crimes d'honneur" dans sa communauté turque. Outre-Rhin, le Conseil central des musulmans a immédiatement réagi en estimant que la juge "aurait dû se référer à la Constitution et non au Coran." Un jugement qui semble aller sans dire. Mais qui là aussi va mieux en le disant. " Editorial de Jacques Guyon dans le journal Charente libre (vendredi 23 mars 2007)

Quelques remarques du canard républicain sur le contenu de l'article :

  • Tout d'abord, je suis très heureux de la relaxe du directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val : " jugement républicain au pays des Lumières "
  • Je tiens à donner une citation du verset 34 de la 4e sourate du Coran plus précise : " Les hommes ont autorité sur les femmes à cause des préférences de Dieu et à cause des dépenses des hommes. Les vertueuses sont dociles, elles protègent ce qui doit l'être selon la consigne de Dieu. Celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, reléguez-les dans leur chambre, frappez-les, mais si elles vous écoutent ne les querellez plus, car Dieu est sublime et grand. " (traduction du Coran par Jean Grosjean suivant les indications de l'Institut de recherches islamiques d'El Ahzar en 1979)
  • Jacques Guyon, vers la fin de son éditorial, emploie l'expression "communauté turque" pour l'Allemagne. Je  ne peux que rappeler mon opposition au communautarisme s'installant dans la République française et je vous invite à revoir la note "Levons l'ambiguité : la conception française de la nation n'était pas celle de l'Allemagne !".

Lire la suite "" Justice, Coran et caricatures de toutes sortes "" »

Les pharmaciens en appellent à l'Etat face à la Commission de Bruxelles

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Caducée de la pharmacie représentant la coupe d'Hygie (fille d'Asclépios et déesse de la santé), dans laquelle le serpent crache son venin servant à la préparation de remèdes.

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Article du jeudi 22 mars 2007 dans le journal Charente Libre :

" La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a estimé, hier, que "l'Etat français devait défendre les pharmacies contre la Commission européenne" après que celle-ci eut engagé une procédure d'infraction contre la France sur la propriété des officines.

  La Commission a adressé hier aux autorités françaises "une lettre de mise en demeure", première étape d'une procédure d'infraction pouvant aboutir à une saisine de la Cour européenne de Justice. Dans ce document, Bruxelles s'attaque aux contraintes d'actionnariat imposées par l'Etat français aux professionnels souhaitant ouvrir une pharmacie.

  La France interdit notamment qu'un même titulaire puisse posséder plus d'une pharmacie et exige que le propriétaire d'une officine soit un pharmacien, deux conditions qui empêchent la détention de pharmacies par de grands groupes de distribution. "L'Etat français doit défendre les pharmacies contre la Commission européenne", a indiqué le président du FSPF, Pierre Leportier.

  Selon lui, "la pharmacie est basée en France sur trois piliers : la répartition, qui permet à chacun de disposer d'une officine à moins de six minutes de chez lui, le monopole de compétence en matière  de délivrance des médicaments et le principe de propriété, contesté par la Commission".

  "Il faut que l'Etat préserve ces trois piliers, notamment celui sur la propriété qui empêche des groupes d'ouvrir des chaînes d'officines", a fait valoir M.Leportier. "

P.S. : Le canard républicain soutient la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France.

" Trop laïc, trop bavard, au placard ! "

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Alain Morvan

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" Pour paraphraser approximativement un mot célèbre d'un ancien ministre de la Défense, on pourrait dire que quand on est haut fonctionnaire de l'Education Nationale, soit on ferme sa gueule, soit on accepte de perdre son poste. Pour avoir voulu l'ignorer -ou plus exactement pour n'avoir pas accepté de mettre ses conceptions républicaines et laïques dans sa poche -Alain Morvan, recteur de Lyon, vient d'en faire la cruelle expérience. La décision de le démettre de ses fonctions, proposée par Gilles de Robien, a été actée hier matin en Conseil des ministres. Qu'a donc fait d'aussi infamant Alain Morvan pour être dégradé sur le front des troupes ? Il paie simplement le fait de s'être opposé pendant huit mois à l'ouverture dans la banlieue de Lyon du lycée musulman Al-Kindi, établissement qui a finalement ouvert ce mois-ci une classe de 6e accueillant une vingtaine d'élèves. Outre des problèmes de sécurité qui avaient fait l'objet de trois décisions administratives négatives du Conseil académique de l'Education Nationale (CAEN), Alain Morvan avait tiré la sonnette d'alarme sur les liens des promoteurs du projet avec l'intégrisme ainsi que sur l'opacité des financements du futur établissement. Un discours politiquement incorrect ? C'est en tout cas ce que lui a fait savoir l'été dernier le ministère de l'Intérieur et des Cultes. Las pour lui, Alain Morvan n'a pas voulu entendre la leçon. L'homme a non seulement persisté en proclamant qu'il refusait de "vendre la République à la découpe" mais il a raconté sa convocation en haut lieu. Provocation fatale : laisser entendre que le gouvernement ne défendrait pas correctement la laïcité, c'était carrément suicidaire...Hier, la nouvelle de la radiation a fait l'effet d'une bombe. Et d'abord à Lyon où Alain Morvan est respecté pour sa rigueur. Qu'aujourd'hui, certains osent l'accuser d' "islamophobie" est indigne. C'est faire insulte à ce même homme qui a pris part activement en 2005 à l'exclusion de certains professeurs de l'Université -dont Bruno Gollnisch, numéro 2 du FN - pour révisionnisme. On avait déjà eu à connaître la lâcheté de Gilles de Robien lors de l'affaire Robert Redeker, le philosophe menacé de mort par les islamistes auquel le ministre avait déjà servi le couplet du "devoir de réserve". On se retrouve désormais face à une décision qui donne des gages à ceux qui pensent que la République peut s'accommoder à n'être qu'une juxtaposition de communautarismes. Ce n'est pas faire preuve de "laïcisme" que de souligner que les valeurs de la République n'ont à voir ni avec la compromission et la pleutrerie des uns ni avec les petits calculs électoraux des autres. " éditorial de Jacques Guyon dans le journal Charente libre (jeudi 22 mars 2007).

P.S. du canard républicain : En vertu de quoi des établissements catholiques, protestants et juifs auraient le droit d'exister et pas les établissements musulmans ? Réponse : si les établissements doivent être laïcs et uniquement laïcs -ce que j'espère-, cela doit valoir bien évidemment pour tous !

La Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est entrée en vigueur

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   Le 18 mars 2007, la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est entrée en vigueur.

Quels sont les objectifs de la Convention ?

   Par son objectif principal -protection et promotion de la diversité des expressions culturelles - la Convention entend créer un cadre juridique propice permettent à la diversité des expressions culturelles de se manifester, de se renouveler et d'être profitable à l'ensemble des sociétés (article 1). Plus particulièrement, elle entend assurer des conditions favorables en vue de la création, de la production, de la distribution/diffusion d'une plus grande diversité des expressions culturelles provenant d'origines variées, ainsi qu'en vue de l'accès et de la jouissance de ces expressions culturelles par tous. A cette fin, la Convention vise, entre autres, à :

  • réaffirmer le droit souverain des Etats d'élaborer des politiques culturelles ;
  • reconnaître la nature spécifique des biens et services culturels en tant que porteurs d'identité, de valeurs et de sens ; et
  • renforcer la coopération et la solidarité internationales en vue de favoriser les expressions culturelles de tous les pays, et en particulier ceux dont les biens et services culturels souffrent d'un manque d'accès aux moyens de création, de production et de diffusion sur les plans national et international.

   Ce faisant, la Convention a vocation de contribuer à la promotion du dialogue interculturel fondé sur l'égale dignité de toutes les cultures et au développement durable, compris non seulement en termes de croissance économique mais aussi comme moyen d'accéder à une existence intellectuelle, morale et spirituelle satisfaisante.

Pour avoir des précisions : Document d'information (10 clés pour comprendre la Convention ; 30 questions fréquemment posées concernant la Convention ; le texte de la Convention )

   La liste de l'ensemble des pays qui ont ratifié la Convention est disponible sur le portail de l'Unesco. Les Etats-Unis ne l'ont toujours pas ratifié !!

Pour avoir davantage d'informations, voir le site de l'UNESCO sur cette Convention.

Selon la Commission de Bruxelles, La France n'a pas le droit de limiter les investissements étrangers

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Charles McCreevy, commissaire européen

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Article de l'Express n°2905 ( 08/03/2007 ), p 24 : " Le tacle de Bruxelles "

" Mauvaise nouvelle pour le gouvernement : le 21 mars, le collège des commissaires européens devraient décider d'un recours contre la France devant la Cour de justice des communautés européennes. En cause, le décret anti-OPA, adopté fin janvier 2005 et destiné à limiter les investissements étrangers en France dans onze secteurs jugés sensibles. La décision de Bruxelles interviendra après une année de bataille juridique entre Bercy et le commissaire Charles McCreevy, chargé du Marché intérieur. Ce dernier, qui reproche au fameux décret de ne pas respecter les règles de concurrence interne, avait engagé, dès avril 2006, une procédure d'infraction contre la France. "

Dans le DOSSIER " La grande braderie nationale ", je donne un aperçu de l'importance des fonds d'investissement étrangers - en particulier américains - dans les entreprises "dites françaises".

Lire la suite "Selon la Commission de Bruxelles, La France n'a pas le droit de limiter les investissements étrangers" »

Le combat ne fait que commencer !

Nda

                              Le 17 mars 2007.

Monsieur Dupont-Aignan,

Le canard républicain vous remercie chaleureusement de votre engagement pour la défense de la République française et de ses valeurs. Effectivement, le combat ne fait que commencer et de grandes échéances vous attendent, pour vous et votre mouvement " Debout la République ". Défendre nos idées républicaines vous demanderont un grand courage et une grande volonté. J'espère que contrairement à M. Chevènement qui me semble-t-il a fait une énorme erreur en soutenant une fédéraliste, vous n'apporterez votre soutien à personne, montrant ainsi de nouveau que vous êtes un homme de conviction et d'honneur ne rentrant pas dans les jeux mesquins de la basse politique. Des extrémistes (de droite et de gauche) et des fédéralistes...voilà le seul choix possible pour les citoyen(ne)s français(es) pour cette élection présidentielle ! Quant à moi, mon bulletin de vote portera votre nom pour cette élection présidentielle ou je ne ferai pas le déplacement vers le bureau de vote !

Merci encore M.Dupont-Aignan.

Le canard républicain.

P.S. : De Gaulle, le 18 juin 1940 : " Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas."
Vive la République française !

   Une invitation à voir la note Le canard républicain : ses positions pendant la présidentielle 2007.

De Gaulle et l'Europe confédérale des nations