" Justice, Coran et caricatures de toutes sortes "
" Ainsi, le tribunal correctionnel de Paris a-t-il relaxé Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet considérées comme injurieuses par la Grande Mosquée de Paris et par l'Union des organisations islamistes de France, l'UIOF. On serait tenté de dire qu'il n'y a dans ce jugement rien que de très normal, de très logique, de très républicain au pays des Lumières. Et pourtant, on ne peut s'empêcher d'être soulagé par cette décision de justice qui vient réaffirmer toute la place que la liberté d'expression a su conquérir dans notre société, et ceci au moment où elle est régulièrement contestée et de plus en plus souvent attaquée. Et pas seulement en France.
Cette victoire est celle de l'esprit contre l'obscurantisme, du rire salvateur contre le manteau de la censure. Cette victoire est aussi celle des musulmans laïcs et républicains qui contestent -sans doute à voix trop basse- la représentativité de ceux qui prétendent s'ériger en leurs seuls porte-parole. Alors que la Grande mosquée de Paris s'est sereinement pliée au jugement, l'UOIF (proche des Frères musulmans) a décidé de faire appel. Avec un argument ahurissant : elle dit ne pas comprendre que l'un de ces dessins ait été jugé "choquant" mais que pourtant "cela reste dans le cadre de la liberté d'expression". Un tel raisonnement traduit au mieux une incompréhension profonde de nos valeurs. A moins que cela ne trahisse la dialectique de ces prêcheurs obsessionnels sur lesquels Voltaire s'interrogeait déjà : "que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?" A l'évidence, la question est tristement d'actualité en Allemagne où une juge a refusé d'accorder le divorce immédiat à une femme d'origine marocaine battue par son mari. Motif invoqué par la magistrate : le Coran ne condamne pas les mauvais traitements entre époux. Dans un courrier surréaliste envoyé à l'avocate de la victime, la magistrate s'appuyant sur le fait que le couple s'était uni sous la loi islamique va jusqu'à citer le verset 34 de la 4e sourate du Coran - "si vous craignez que quelque femme se rebelle, alors menacez-la, rejetez-la dans le lit conjugal et battez-la !" - pour justifier son refus. Inutile de dire que l'affaire a créé un séisme en Allemagne, pays qui l'an dernier déjà avait eu à affronter une série de "crimes d'honneur" dans sa communauté turque. Outre-Rhin, le Conseil central des musulmans a immédiatement réagi en estimant que la juge "aurait dû se référer à la Constitution et non au Coran." Un jugement qui semble aller sans dire. Mais qui là aussi va mieux en le disant. " Editorial de Jacques Guyon dans le journal Charente libre (vendredi 23 mars 2007)
Quelques remarques du canard républicain sur le contenu de l'article :
- Tout d'abord, je suis très heureux de la relaxe du directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val : " jugement républicain au pays des Lumières "
- Je tiens à donner une citation du verset 34 de la 4e sourate du Coran plus précise : " Les hommes ont autorité sur les femmes à cause des préférences de Dieu et à cause des dépenses des hommes. Les vertueuses sont dociles, elles protègent ce qui doit l'être selon la consigne de Dieu. Celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, reléguez-les dans leur chambre, frappez-les, mais si elles vous écoutent ne les querellez plus, car Dieu est sublime et grand. " (traduction du Coran par Jean Grosjean suivant les indications de l'Institut de recherches islamiques d'El Ahzar en 1979)
- Jacques Guyon, vers la fin de son éditorial, emploie l'expression "communauté turque" pour l'Allemagne. Je ne peux que rappeler mon opposition au communautarisme s'installant dans la République française et je vous invite à revoir la note "Levons l'ambiguité : la conception française de la nation n'était pas celle de l'Allemagne !".




























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