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Georges Clemenceau, farouche opposant à la colonisation

  Première note de ma part sur ce thème tellement important de la colonisation/décolonisation. Cette note est succincte et me demandera certainement des modifications dans quelques semaines. Je tiens à préciser dès le départ que je condamne les propos de Jules Ferry qui sont terribles et anti-républicains. Le discours de Clemenceau est magnifique sur beaucoup de points, mais malheureusement je n'ai pas encore trouvé l'intégralité de ce discours - comme vous le savez, j'accorde une grande importance à la qualité de mes sources et bientôt j'espère vous donner l'intégralité de ce discours pour lequel à première vue j'apporterai quelques commentaires -. Honneur au républicain Clemenceau ! Déshonneur au républicain Ferry ! Mais pouvait-on dire en 1885 après son discours à la Chambre des députés que M. Ferry était encore un républicain...?

Jules_ferry Jules Ferry, discours à la Chambre des députés du 28 juillet 1885 :

" Ce qui manque de plus en plus à notre grande industrie, ce sont les débouchés. Il n'y a rien de plus sérieux. Or ce programme est intimement lié à la politique coloniale. Il faut chercher des débouchés.

  Il y a un second point que je dois aborder : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la  question. Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu'il y a pour elles un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le droit de civiliser les races inférieures.

  Enfin, si la France veut rester un grand pays, qu'elle porte partout où elle le peut sa langue, ses moeurs, son drapeau, ses armes et son génie. Rayonner sans agir, c'est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisième ou au quatrième ".

Clemenceau_par_manet

"Portrait de Georges Clemenceau",XIXe siècle. Peinture d'Edouard Manet.

Réponse de Georges Clemenceau, discours à la Chambre des députés du 30 juillet 1885 :

" En supposant que la théorie de M. Jules Ferry sur les profits des expéditions coloniales soit justifiée, les dépenses de cet ordre ne sont jamais que des dépenses de luxe [superflu]. Il y a à vos pieds des hommes, des Français qui demandent des dépenses utiles, fructueuses [...].

Races supérieures ? Race inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs [...].

Il n'y a pas de droit des nations dites supérieures contre des nations dites inférieures. N'essayez pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. La conquête que vous préconisez, c'est l'abus pur et simple de la force pour s'approprier l'homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur [...]

Quant à moi, mon patriotisme est en France. Je déclare que je garde mon patriotisme pour la défense du sol national. "

P.S. :

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" Une Europe libérale, fondée sur la seule concurrence " selon Mendès France

Mendsfrance" Une autre de leurs aberrations - de nos gouvernants - a consisté, sous la IVème comme sous la Vème République, à entreprendre une Europe libérale, fondée sur la seule concurrence. On a aboli les frontières douanières, les producteurs ont été appelés à s'affronter dans une sorte de compétition aveugle ; " le meilleur l'emportera sur les autres au profit des consommateurs " ; nous connaissons ce vieux thème, la sélection naturelle, la productivité globale, etc. C'est un raisonnement digne du vieux Zollverein d'il y a cent ans. Les faits, au XXème siècle, sont différents ; les grandes entreprises, loin de s'affronter, se sont concertées et cartellisées, au détriment des consommateurs et des travailleurs. Ce qu'on a appelé l'Europe des trusts. Bien entendu, on n'a pas pu ne pas prévoir dans le traité de Rome, en 1956, quelques clauses d'exception, de sauvegarde. On a aussi affirmé quelques idées générales qui n'étaient pas purement libre-échangistes, par exemple, en matière agricole. Mais la philosophie de l'ensemble, c'était celle de la suppression des frontières, des vases communicants, celle du marché libéral dont on attendait l'unité et la prospérité.

  J'avais une conception plus constructive que j'avais étudiée dès 1944, à Alger, comme je vous l'ai raconté. J'aurais préféré voir créer des unités de production communes puissantes dans les domaines situés en aval : trains de laminoir, industries atomiques, recherche, énergie...Je pensais à une politique collective et active de la reconstruction et des investissements. Il y aurait eu ainsi un ciment d'interdépendance et d'unification de plus en plus fort avec le temps. Je continue à croire à la valeur d'une approche de ce genre. Un grand programme d'investissements arrêté en commun pour les branches essentielles assurerait, en peu d'années, une diminution substantielle de nos faiblesses structurelles (le cas le plus net, c'est celui des centrales nucléaires qui donnent lieu aux contradictions que vous connaissez). Aujourd'hui, les grandes entreprises, et d'abord les sociétés multinationales, se développent au gré de leurs propres plans et ne contribuent pas du tout à nous défendre mieux contre les pressions et les à-coups du dehors, au contraire. "

Extrait du livre " Choisir " de Pierre Mendès France, conversations avec Jean Bothorel, le 8 janvier 1974.

P.S. du canard républicain :

  • Comment ne pas faire le parallèle avec le traité constitutionnel européen et ses articles I-3 : " 2. L'Union offre à ses citoyens un espace le liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, et un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée. " ; III-177 ; III-178 " Les Etats membres conduisent leurs politiques économiques pour contribuer à la réalisation des objectifs de l'Union, tels que définis à l'article I-3, et dans le contexte des grandes orientations visées à l'article III-179, paragraphe 2. Les Etats membres et l'Union agissent dans le respect du principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources, conformément aux principes prévus à l'article III-177 ".
  • Nous sommes des citoyens, non pas des consommateurs ou des travailleurs.

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Les lois scolaires des années 1870-1880

Cette note n'est pas complète.

  • Loi Paul Bert du 9 août 1879 visant à créer des Ecoles normales primaires :

Article premier : "  Tout département devra être pourvu d'une école normale d'instituteurs et d'une école normale d'institutrices, suffisantes pour assurer le recrutement de ses instituteurs communaux et de ses institutrices communales. Ces établissements devront être installés dans le laps de quatre ans, à partir de la promulgation de la présente loi. Un décret du Président de la République pourra, sur l'avis conforme du conseil supérieur de l'instruction  publique, autoriser deux départements à s'unir pour fonder et entretenir en commun, soit l'une ou l'autre de leurs écoles normales, soit toutes les deux. Les départements procéderont, dans ce cas, conformément aux dispositions des articles 89 et 90 de la loi du 10 août 1871 sur les conseils généraux ". (voir l'intégralite de la loi : source)

  • Loi Jules Ferry du 27 février 1880 relative au conseil supérieur de l'instruction publique et aux conseils académiques : (voir l'intégralité de la loi : source)
  • Loi Jules Ferry du 18 mars 1880 relative à la liberté de l'enseignement supérieur : (voir l'intégralité de la loi : source)
  • Loi Camille Sée du 21 décembre 1880 sur l'enseignement secondaire des jeunes filles : (voir l'intégralité de la loi : source)
  • Loi Jules Ferry du 16 juin 1881 sur la gratuité de l'enseignement primaire :

Article premier : " Il ne sera plus perçu de rétribution scolaire dans les écoles primaires publiques, ni dans les salles d'asiles publiques [classes maternelles]. Le prix de pension dans les écoles normales est supprimé " (voir l'intégralité de la loi : source)

  • Loi Jules Ferry du 16 juin 1881  relative aux titres de capacité de l'enseignement primaire : (voir l'intégralité de la loi : source)
  • Loi Jules Ferry du 28 mars 1882 sur l'école primaire obligatoire :

Article 4 : " L'instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus ; elle peut être donnée soit dans les établissements d'instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles, par le père de famille lui-même ou par toute autre personne qu'il aura choisie. Un règlement déterminera les moyens d'assurer l'instruction primaire aux enfants sourds-muets et aux aveugles ". (voir l'intégralité de la loi : source)

  • Loi René Goblet du 30 octobre 1886 sur l'organisation de l'enseignement primaire :

Article 17 : " Dans les écoles publiques de tout ordre, l'enseignement est exclusivement confié à un personnel laïque ". (voir l'intégralité de la loi : source)

   Hostile à la République et la laïcité, le journal catholique L'Univers de Louis Veuillot, publia le 2 octobre 1882 un article avec le passage suivant : " Dans l'école laïque, le crucifix, l'image de la Sainte Vierge, les pieuses sentences inscrites sur les murs ont été enlevées. Le maître a commencé sa classe sans invoquer le nom de Dieu ; et si, quelque écolier a fait, par habitude, le signe de croix, il a été repris aussitôt et peut être puni. Pour le début, un commentaire sur la Déclaration des droits de l'homme et un éloge du régime républicain ont remplacé la leçon de catéchisme et d'histoire sainte ".

P.S. :

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Ils n'auront pas mon vote !

Le 24 avril 2007.

  Dans ma note du 17 mars 2007, suite à l'échec de M. Dupont-Aignan pour obtenir ses 500 parrainages et le ralliement navrant de M. Chevènement à Mme Royal, j'avais précisé mon intention de vote pour le premier tour : soit mettre dans l'urne un bulletin avec inscrit le nom de M. Dupont-Aignan, soit ne pas me déplacer au bureau de vote.

  En fait, dans les dernières heures qui ont précédé le scrutin, j'ai finalement changé d'avis. J'ai ouvert le courrier électoral avec dépit et une candidature à tout de même attirée mon attention. Celle de M. Schivardi. Quel était son programme ? Défense des services publics, préservation des 36000 communes - issues de la Révolution française - et des syndicats intercommunaux face à l'intercommunalité forcée - dont les représentants n'ont d'ailleurs aucune légitimité démocratique ! -, renationalisation d'EDF (de Gaulle l'avait nationalisé à la Libération), retour à la Sécurité sociale de 1945 (encore de Gaulle !), abrogation des lois antilaïques, à commencer par l'article 89 de la loi du 13 août 2004, qui contraint au financement des écoles privées. Et puis surtout, rupture avec le traité de Maastricht qui fut le premier traité supranational européen à vocation fédérale qui a abouti à la création de l'Union européenne (Article A : " Par le présent Traité, les Hautes Parties contractantes instituent entre elles une Union européenne, ci-après dénommée " Union " ") au dépend de la C.E.E. (Communauté économique européenne), avec son article 87 -qui dispose ainsi que "sauf dérogations prévues dans le présent traité, sont incompatibles avec le marché commun, dans la mesure où elles affectent les échanges entre Etats membres, les aides accordées par les Etats ou au moyen de ressources d'Etat sous quelque forme que ce soit qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions" (cette règle ne souffre d'exception que lorsque l'aide peut être considérée comme résultant du comportement d'un "investisseur avisé")-, ses articles 108 et 105 concernant la Banque centrale européenne qui ne peut accepter des instructions des gouvernements des Etats membres et dont l'objectif principal est de maintenir la stabilité des prix ! . M. Schivardi a été membre du Parti socialiste de 1975 à 2003. J'ai essayé de trouver sur internet ses différentes interventions (par exemple, celle dans "Face à la Une", qui semble-t-il est passée à 13H30 contrairement aux autres candidats qui ont eu droit au 2Oh). J'ai finalement décidé de lui accorder mon vote, à cet artisan maçon qui a fait preuve de beaucoup de courage...Il le méritait bien...

  Quelle est ma position pour le deuxième tour ? Elle est simple : pour la première fois, je ferai partie des abstentionnistes. Oui, M. Sarkozy n'est pas républicain. Oui, M. Sarkozy est un homme qui n'a aucune sagesse avec une violence intérieure particulièrement perceptible. Mais, pourtant, je ne voterai pas pour Mme Royal (contrairement à 2002 où j'avais voté pour M. Chirac au deuxième tour).

  Nouvelle_fdration_imprialiste_2 espace pour la mise en page   espace pour la mise en page espace pour la mise en page espace pour la mise en pagees espace pour la pageMme Royal est une fédéraliste qui a toujours été d'accord avec les traités supranationaux européens des années 1990 (Maastricht, Amsterdam, Nice). Elle était "pour" le traité constitutionnel européen - j'ai un souvenir mémorable de sa défense de ce traité dans l'émission "Riposte" - ! Et çà pour le républicain que je suis, c'est inoubliable et impardonnable. Je rappelle quelque chose d'absolument fondamental. La définition du mot constitution est la suivante : Loi fondamentale d'une nation ( ou d'un empire ! ) ; Ensemble de règles juridiques qui régissent les rapports réciproques des gouvernants et des gouvernés et déterminent l'organisation des pouvoirs publics. Ainsi, tout traité européen qui aboutira  à une constitution européenne établira donc une nation européenne, mais en fait en ce qui me concerne à un empire européen ! Le rêve des Etats-Unis d'Europe...Mais, les U.S.A., ce n'est pas un pays, c'est tout simplement un empire qui ne porte pas son nom comme l'était l'U.R.S.S. autrefois ! Le maintien d'un empire s'est toujours fait à travers l'histoire par la violence. L'U.R.S.S. (Union des républiques socialistes soviétiques), les Empires coloniaux et bien entendu...les U.S.A ! Les U.S.A. où la violence est extrême et l'a toujours été ! Dois-je rappeler que les Etats-Unis ont le record mondial du nombre de détenus dans les prisons par rapport au nombre d'habitants ! ( voir États-Unis : les dérives de la tolérance-zéro - L'humanité ; Prison aux États-Unis-wikipédia ). Sans oublier la liberté de circulation des armes à feu...

  Je suis persuadé que Mme Royal, même si elle passera par la voie du référendum, nous demandera de valider un traité constitutionnel européen. Si les français l'acceptent, alors c'est la fin de l'Etat-Nation français et la disparition à moyen terme de la République ! Est-ce-que j'ai peur de M. Sarkozy ? Non, pas du tout. Je suis intimement convaincu que le jour où il s'attaquera brutalement à la laïcité ou encore s'il fait passer un traité constitutionnel européen par la voie parlementaire, les Républicains de France (qui au passage n'ont rien à voir avec les Républicains américains) seront dans la rue et si M. Sarkozy ne recule pas, alors la guerre civile sera très proche...

  Comme l'a très bien souligné Einstein, "on ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont crées" et Mme Royal, tout comme M. Sarkozy et leurs courtisans, côtoient le pouvoir au plus haut niveau depuis bientôt un quart de siècle.

Le canard républicain

P.S. :

  • Une invitation à voir la note "Pensez-vous que l'Union européenne soit en fait la construction d'un nouvel Empire ?"
  • Je reviendrai dans les prochaines semaines sur les U.S.A., en particulier sur son impérialisme et son caractère paraît-il démocratique !
  • « Le principe des nationalités [ et de l’Etat-Nation ], dit-on, portait la guerre de 1914 dans ses flancs. A moins que ce fût le principe impérial qui écrasant les nationalités, les exaspérait. » ( Régis Debray ).

Une invitation à voir la note Le canard républicain : ses positions pendant la présidentielle 2007.

La dangerosité des multinationales selon Mendès France

  Cette note est un peu longue, mais j'ai souhaité mettre l'intégralité des propos de Pierre Mendès France évitant une quelconque déformation de sa pensée, très riche sur ce thème. Bonne lecture.

Bothorel_2Jean Bothorel : " Vous avez cité plusieurs fois depuis le début de notre conversation, les entreprises multinationales. Pourquoi sont-elles si importantes ? "

espace mise en page

Pierre Mendès France : " D'abord, à cause de leurs dimensions. Le chiffre d'affaires de la General Motors est égal au montant de notre budget. Beaucoup de sociétés multinationales sont plus importantes que des Etats comportant des millions d'âmes. Au Canada, les deux tiers de la production et des usines appartiennent à des firmes étrangères, surtout américaines. Les sociétés multinationales se situent surtout dans les secteurs à haute technologie (atome, chimie, informatique, ...) ou dans les branches de très large consommation (industries alimentaires, automobiles, essence,...). Pmf4_2 Elles peuvent s'opposer, avec leurs moyens considérables, à la poursuite et au succès de certains objectifs nationaux. C'est vrai, naturellement, dans les pays sous-développés mais, même ailleurs, on ne peut nier ni les arrangements, tacites ou avoués, qui existent entre elles et des groupes sociaux dominants (d'où parfois leur intervention au profit de forces conservatrices ou même fascistes), ni leur indifférence aux conséquences humaines et politiques de leur action (voyez la Société Ebauches et la crise de Lip ou la société Salamander et la crise de la chaussure à Romans, etc.). D'une manière générale, on ne peut ou on n'ose pas empêcher une société étrangère, si on redoute des difficultés avec son gouvernement, de faire vendre à perte par l'une de ses filiales, située en Allemagne, en Hollande ou en France, pour réduire les impôts qu'elle y paie et de faire acheter par une autre filiale implantée dans un paradis fiscal où les bénéfices seront donc peu taxés, etc. On ne peut ou on n'ose pas empêcher  une société de maintenir ses liquidités ici plutôt que là ou de déplacer ses avoirs (...). Il y a un autre fait important et même préoccupant. Les grandes affaires reposent largement sur des études et des travaux réalisés par leurs laboratoires et leurs instituts installés généralement en Amérique, les filiales extérieurs n'étant alors que des ateliers d'exécution. Cela n'est pas sans rapport avec ce qu'on a appelé le drainage des cerveaux, c'est-à-dire, l'émigration de spécialistes et d'experts hors d'Europe. On en parle moins qu'il y a quelques années et on a tort...Il ne servirait à rien de réglementer les importations de capitaux américains ou autres en France, s'ils sont accueillis sans difficulté en Allemagne ou en Belgique, y prennent une nouvelle nationalité apparente à travers de sociétés locales et passent de là en France, à la faveur des commodités internes au Marché commun ; ou encore, y installent des usines, y fabriquent des marchandises qui, ensuite, pénétreront en France sans droits de douane. Il ne semble pas que nos gouvernements aient jamais pris à cet égard une initiative européenne. Probablement parce que leur politique a été fluctuante et que, dans nombre de cas, loin de repousser des implantations étrangères, ils les ont recherchées. Il ne semble même pas qu'ils se soient beaucoup préoccupés du fait que l'installation de grosses entreprises relevant d'autorités lointaines risque de faire échapper à la planification d'importantes unités économiques. Le Plan peut mettre l'accent sur le développement rural tandis que les multinationales chercheront à promouvoir des activités urbaines ou industrielles ; le Plan peut rechercher l'égalisation des revenus et les multinationales tendre, volontairement ou non, à l'accentuation des inégalités ; le Plan peut vouloir créer un maximum d'emplois et les multinationales recourir à des techniques ou distribuer des marchandises qui économisent la main d'oeuvre ; le Plan peut essayer de sauvegarder des structures anciennes pour des raisons politiques, par exemple, alors que les multinationales en font bon marché etc., etc...En Europe, on a constaté au surplus que  la majeure partie des investissements américains a été opérée par l'utilisation de profits réalisés antérieurement sur place et par des emprunts faits sur les marchés locaux, c'est-à-dire, en définitive, par des capitaux fournis par l'Europe elle-même. C'est pourquoi les gouvernements responsables ont le devoir d'arrêter plus nettement les règles qui devront prévaloir dans l'avenir. Quels investissements étrangers seront autorisés, pénalisés ou interdits ? Quelles priorités seront accordées aux Etats membres ? Quelles précautions seront prises lorsque des catégories entières de producteurs risqueront de se trouver durablement dominées ou contrôlées par des centres de décision étrangers ? Quel sera le régime des apports (majoritaires ou minoritaires) de capitaux étrangers, pour la modernisation ou l'extension de telle ou telle branche industrielle ? Des dispositions particulières seront-elles prévues pour des secteurs de pointe ? Quelles règles seront imposées lorsque des brevets étrangers seront exploités à défaut de brevets européens équivalents ? Comment garantirons-nous, les orientations économiques que nous aurons arrêtées, notamment dans les secteurs qui se trouvent en amont des processus industriels ?

   Toutes ces décisions qui auraient dû intervenir en commun depuis longtemps, il n'est pas trop tard pour les prendre maintenant. Il n'est pas trop tard pour qu'une politique globale soit définie et poursuivie par les Etats membres, même si elle nécessite beaucoup de volonté pour tenir tête à des intérêts agissants et influents. Certains groupes français se prêtent, en effet, plus facilement à des arrangements et à des compromis avec des capitalistes américains qu'à des disciplines et à des adaptations découlant des besoins sociaux ou du progrès collectif ; le C.N.P.F., qui s'est élevé avec tant de hauteur contre les interventions de l'Etat et du Plan dans le domaine industriel, n'a jusqu'ici exprimé aucune inquiétude à l'égard des interventions financières du dehors ! "

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Mendès France contre l'américanisation ou l'européanisation du monde

Mf " Les fournitures et les prestations que nous pouvons mettre à la disposition des pays sous-développés, c'est à eux de les déterminer. Il ne s'agit pas d'américaniser ou d'européaniser telle république africaine ou d'organiser l'évolution des plus déshérités vers un modèle occidental unique ; il faut permettre à tous de progresser selon leurs conceptions, leur culture et leurs aspirations. Il en résultera une nouvelle sorte de rapports internationaux dans lesquelles les pays en cause ne seraient plus complexés et aliénés, parce que maintenus sous la domination des plus forts, y compris la domination culturelle. L'Europe et l'Amérique du Nord essayant encore, consciemment ou non, de maintenir leur suprématie, la transformation s'opère contre elles : Mossadegh, Castro, Allende, voilà les figures qui ont personnifié, chacune à sa manière, un combat qui a, de plus en  plus, mis en cause les structures en place par les nationalisations, les réformes, la création d'unités économiques régionales et, en dernier lieu, la coalition des Etats producteurs de pétrole, depuis le golfe Persique et la Méditerranée jusqu'au Pacifique...Ce n'est pas fini. "

" Pour en terminer avec le tiers-monde, je veux surtout réaffirmer que nous n'avons pas à imposer à deux milliards d'hommes de cette planète (et qui seront bientôt plus nombreux encore) nos principes et nos doctrines, comme le prétendent et les colonialistes (nouvelle manière) et les gauchistes, chacun à leur façon. Ces hommes ont le droit de décider eux-mêmes de ce que seront leur vie et leurs orientations. "

Extrait du livre " Choisir " de Pierre Mendès France, conversations avec Jean Bothorel, le 8 janvier 1974.

P.S. :

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Les mystiques européens selon Mendès France

Mends" Je ne suis pas des mystiques qui ont laissé entendre sans arrêt qu'il suffit de " faire l'Europe " pour tout résoudre. Pendant des années, j'ai entendu répéter, en face de n’importe quel problème posé : " Y a qu'à faire l'Europe." Difficultés agricoles ? " Y a qu'à faire l'Europe, nous vendrons ainsi nos excédents." Lourdeur des dépenses militaires ? " Y a qu'à faire l'Europe, les charges s'égaliseront." Inégalités fiscales ? Il y a des intérêts, des résistances à surmonter ? " Y a qu'à faire l'Europe, une fiscalité juste sera promulguée par un super-Etat et personne ne pourra s'y opposer." Les viticulteurs grognent ? " Y a qu'à faire l'Europe ",etc. C'était la plus mauvaise méthode, parce qu'elle permettait de ne rien faire, en attendant le miracle...Si elles - les nations européennes - veulent faire le poids, il faut qu'elles s'associent, qu'elles créent entre elles des liens plus solides pour se soutenir et s'aider réciproquement. Non seulement des liens, mais, plus encore, un organe central, auquel elles délégueront une partie de leurs moyens pour promouvoir les intérêts qui leur sont communs. "

Extrait du livre " Choisir " de Pierre Mendès France, conversations avec Jean Bothorel, le 8 janvier 1974.

P.S. du canard républicain :

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" Après un autoritarisme de droite, ils veulent un autoritarisme de gauche "

Pmf2 " J'ai surtout déçu ceux qui pensent à peu près ceci : " L'homme au pouvoir abuse de la situation et des moyens que la Constitution lui donne pour réaliser les  fins de la droite. Nous voulons maintenant un homme de la gauche pour employer les mêmes procédés au profit de la gauche. Ce serait impardonnable, si le pouvoir nous était donné un jour, de ne pas en profiter pleinement nous aussi. A chacun son tour ! " J'ai entendu de tels propos souvent, et pas chez les premiers venus. Après un autoritarisme de droite, ils veulent un autoritarisme de gauche. Ceux-là, croyez-moi, ne m'auraient pas confié le pouvoir pour l'exercer d'une manière équilibrée, impartiale, pour être l'arbitre supérieur, ce qui est ma conception de la présidence. Ils m'auraient appelé à l'Elysée pour écraser l'autre camp, comme l'autre camp l'a fait depuis 1958. Ce n'est pas de la démocratie. Je ne suis pas d'accord. "

Extrait du livre " Choisir " de Pierre Mendès France, conversations avec Jean Bothorel, le 8 janvier 1974.

P.S. du canard républicain : Effectivement, " ce n'est pas de la démocratie. Je ne suis pas d'accord. "

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Le politique, la vérité et l'intérêt général

Pmf3 " J'avais déjà en moi, très forte, la certitude que le militant, l'homme politique doivent toujours être au service de la cause que personne ne défend, celle de l'intérêt général. Ils doivent dire la vérité, c'est leur premier devoir. Je n'ai jamais rien détesté autant que l'imposture, le mensonge et la démagogie. Cela, je le ressentais alors que j'étais encore un gamin et que je ne connaissais rien de ce que l'expérience m'a appris. "

Extrait du livre " Choisir " de Pierre Mendès France, conversations avec Jean Bothorel, le 8 janvier 1974.

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Mendès France : sa vision du profit

Pmf" De nos jours, ce n'est pas la technique qui commande, en dernier ressort, encore que son influence soit croissante, (par exemple pour les décisions qui portent sur le long terme) mais plus encore la recherche du profit. L'arbitrage final intervient à ce niveau : quelle est la production la plus payante, la plus rentable, la plus bénéficiaire ? ...Le critère suprême, même s'il est indirect, est celui de l'argent, pas celui de la vie, de l'homme. Sur ce point, attention ! pas de malentendu. On affirme souvent que mes amis et moi-même nous condamnons le profit. Ce n'est pas vrai. Gagner de l'argent n'est pas un crime...Mais je n'admets pas que la recherche du profit devienne la loi, le moteur unique qui déterminera finalement toutes les options, y compris celles qui commandent l'économie nationale tout entière...Aujourd'hui, c'est le moteur de l'intérêt privé immédiat qui nous gouverne...Le plus lucratif, le plus rentable pour les chefs d'entreprise correspond, ils continuent à le croire sincèrement, au bien-être de la collectivité. C'est leur philosophie au fond. Or, il y a des valeurs essentielles - la justice sociale, la culture, la santé, l'emploi, la lutte contre la pollution, etc. - que la quête du profit sacrifie toujours. "

Extrait du livre " Choisir " de Pierre Mendès France, conversations avec Jean Bothorel, le 8 janvier 1974.

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Référendum, proportionnelle, meilleur équilibre entre le Parlement et l'exécutif

  Les citoyens et citoyennes de la République française constatent qu'après chaque consultation démocratique leurs choix sont bafoués. La démocratie n'est donc pas respectée.

  Les mouvements républicains gaullistes, devant cette crise démocratique, ont à travers leur "Pacte pour la France" fait des propositions. Quelles sont-elles ?

1. La consultation par référendum pour la ratification de tout traité européen.

2. L'introduction du référendum d'initiative populaire.

3. L'instauration d'une dose de proportionnelle, afin que l'Assemblée Nationale représente vraiment tous les courants de la vie politique française.

  Je partage totalement les deux premières propositions. Par contre, je ne suis pas d'accord avec la troisième. L'instauration d'une simple "dose" de proportionnelle pour les élections législatives n'est pas pour moi suffisante. La démocratie demande l'instauration de la proportionnelle intégrale. Je rajouterai que la consultation par référendum devrait être obligatoire pour toute révision constitutionnelle (souvenons-nous d'un certain 28 février 2005, quand les députés et sénateurs ont voté à 92% en congrès à Versailles la réforme constitutionnelle pour "adapter" la Constitution française au traité de Constitution européenne).

  Enfin, il me semble nécessaire d'assurer un rééquilibrage entre le Parlement et l'exécutif. Je préfère citer Pierre Mendès France sur ce thème :

" Sous la IVème République, il n'y avait en réalité, qu'un pouvoir : l'Assemblée ; le gouvernement n'existait plus, il était dominé, écrasé, phagocyté par le Parlement. Sous la Vème, il n'y a de nouveau qu'un pouvoir : l'exécutif, le gouvernement ou plutôt le président ; l'Assemblée ne joue aucun rôle, sinon de pure figuration. On est passé d'un extrême à l'autre. "

Mends_france " Le pays souhaitait un changement politique profond et, en même temps, il se résignait. Croyez-vous qu'il se résignera toujours ? De nouvelles tensions peuvent susciter des mécontentements qui, cette fois, ne s'inclineront pas. Ce régime, croyez-moi, conduit à des mouvements, à des agitations qui ne peuvent bénéficier qu'aux extrémistes des deux côtés...Si on veut éviter des convulsions qui mènent à la dictature, il faudra, de toute manière, assurer un meilleur équilibre entre le pays et ceux qui prétendent gouverner, entre les deux organes, le Parlement et l'exécutif, dont chacun doit avoir son rôle politique et ses moyens de défense. Ni revenir à l'omnipotence brouillonne de l'Assemblée d'hier ni conserver l'omnipotence monarchique du président d'aujourd'hui. "

Extraits du livre " Choisir " de Pierre Mendès France, conversations avec Jean Bothorel.

P.S. : une invitation à voir la note "Sommes-nous en démocratie ? "

"Choisir" de Pierre Mendès France

Mends_france Conversations avec Jean Bothorel, le 8 janvier 1974 (écrivain, journaliste et auteur entre autres d'une biographie de Louise de Vilmorin et de Jean-Jacques Servan-Schreiber).

" Réédité à l'occasion du centenaire de la naissance de Pierre Mendès France, cet ouvrage est la seule autobiographie existante d'une des figures essentielles de notre histoire contemporaine. Dans ces entretiens, Pierre Mendès France relate plus de quarante années d'action politique, sans éluder aucune des grandes questions qui ont émaillé son parcours et décidé de sa destinée dans l'histoire.

  Comment a-t-il assumé sa judéité ? Comment a-t-il vécu la débâcle de 1940, Vichy, son engagement dans la France libre ? Pourquoi a-t-il pris, dès après la guerre, le parti de la décolonisation et comment a-t-il réglé le drame indochinois ? Pourquoi a-t-il obstinément refusé de rejoindre de Gaulle en 1958 ? Pourquoi a-t-il cautionné Mai 1968 ?

  C'est avec la même franchise que Pierre Mendès France évoque ses relations avec Blum, Churchill, Chou En-lai, Golda Meir, Mitterrand et de Gaulle lui-même.

  Ce livre est aussi celui d'un grand moraliste dont les réflexions, les analyses et les propositions concernant les problèmes de la France et du monde ont gardé une étonnante actualité. Qu'est-ce-que le socialisme ? Quel est l'avenir de la gauche ? Pourquoi la permanence des inégalités ? Où va l'Europe ? Quelles seront les conséquences d'un monde sans frontières commerciales ? Quelle issue pour les pays en voie de développement ? Autant de débats qu'il aborde avec l'exigence et la rigueur d'un homme de conviction, mais aussi la lucidité d'un visionnaire."

"Expliquer l'eau par l'eau"

NajjarUn intellectuel libanais s'élève contre le manifeste " Pour une littérature-monde en français"

Article présent dans Le Monde des livres du vendredi 30 mars 2007 et écrit par Alexandre Najjar, avocat et écrivain, responsable du supplément L'Orient Littéraire :

" Le manifeste " Pour une littérature-monde en français ", publié dans " Le Monde des livres " du 15 mars, est affligeant à un double titre : il constitue d'abord un "sabordage" de la part d'écrivains francophones qui, au lieu de brandir l'étendard de la francophonie, célébrée lors du dernier Salon du livre et défendue avec ardeur par des millions de personnes, tentent de la "ringardiser" et sèment le doute dans les esprits, alors même que la plupart d'entre eux font partie d'institutions francophones ou de jurys de prix francophones. Il comporte, d'autre part, des erreurs inacceptables qu'il est nécessaire de dissiper : le fait que les principaux prix français couronnent cette année des écrivains "d'outre-France" n'est nullement une "révolution copernicienne". Ce phénomène n'est pas nouveau : au cours des quinze dernières années, plusieurs auteurs étrangers d'expression française, dont Amin Maalouf et Tahar Ben Jelloun, ont obtenu d'importantes distinctions littéraires. Pourquoi s'en émouvoir tout à coup ? Aussi est-il aberrant de prendre les prix littéraires pour seul critère, comme si ces prix déterminaient le présent et l'avenir de la littérature française, alors qu'ils sont -on l'a vu cette saison - de plus en plus décriés.

Du reste, comment peut-on en partant de ce constat, annoncer la "fin de la francophonie", alors que ces prix, à supposer qu'ils représentent vraiment le baromètre de la littérature contemporaine, témoignent au contraire de la vitalité de la francophonie ? La notion de "littérature-monde en français" ne veut rien dire, elle n'est qu'une périphrase de la francophonie qui est l'ensemble de ceux qui, aux quatre coins du monde, ont le français en partage. "Il a expliqué l'eau par l'eau", dit un proverbe libanais. C'est de cela, précisément, qu'il s'agit ici. Car qu'est-ce-que la francophonie sinon la langue française "ouverte sur le monde et transnationale", c'est-à-dire la définition même qu'on veut donner à la "littérature-monde en français" ? Et qu'est-ce-que la francophonie, sinon cette "constellation" revendiquée par le manifeste et le refus d'un pacte "exclusif" avec la nation française au profit d'un pacte universel pour la défense d'une langue française menacée, mais toujours synonyme de liberté et d'ouverture sur le monde ? Affirmer, d'autre part, que "personne ne parle le francophone ni écrit en francophone" est tout aussi insignifiant, car personne n'a jamais prétendu que la francophonie représente une sorte d'espéranto.

La francophonie n'est pas une langue à part, elle n'est pas, ou n'est plus, un "avatar du colonialisme". Au Liban, la langue française était parlée avant le Mandat français et se porte toujours très bien, soixante ans après le départ des troupes françaises du Levant. Un Libanais, un Québécois ou un Algérien qui s'exprime en français est francophone, au même titre qu'un Français de Paris, de Bretagne ou de Marseille. Tous appartiennent à une même famille ayant une langue et des valeurs en commun. Cela ne suffit-il pas ? Pourquoi faut-il, au nom d'une vision réductrice de la francophonie, remettre en question ce que Senghor et nombre de personnalités majeures de notre temps ont réussi à bâtir dans un formidable élan de solidarité ? Pourquoi parler de "modèles français sclérosés " et déprécier la littérature française contemporaine, qui compte encore, Dieu merci, d'excellents romanciers, dans le seul but de mieux illustrer l'apport inespéré des écrivains venus d'ailleurs, alors qu'il aurait suffi de dire que ceux-ci peuvent apporter à la littérature française des idées, des sujets, des vocables nouveaux ? Le sentiment que nous avons, nous autres, écrivains francophones vivant à l'étranger, c'est que nos collègues qui s'installent en France, dès lors qu'ils décident de s'intégrer dans la vie française, ne supportent plus qu'on ne les assimile pas aux auteurs français et revendiquent la "normalité", alors que l'enjeu n'est pas là : la francophonie est notre dénominateur commun, elle n'a rien de honteux, elle n'a pas besoin d'être intégrée, puisqu'elle intègre déjà, et que, loin de diviser, elle réunit. Que nous importe l'exemple britannique ! Il existe entre les pays qui ont le français en partage d'autres considérations, historiques, affectives, humaines, qui font de la francophonie un concept spécifique, inimitable, qu'il serait faux de vouloir reconsidérer par référence au modèle anglo-saxon qui complexe encore nos intellectuels et qui cherche à gommer, au nom de le  mondialisation prônée par l'Amérique, la diversité culturelle et le dialogue interculturel que favorise justement la francophonie.

Les personnalités qui ont signé le manifeste en question ont sans doute voulu insister sur l'apport des écrivains venus d'ailleurs à la langue française, et leur initiative est, en soi, très louable. Mais en souscrivant aux syllogismes et aux analyses approximatives du rédacteur du manifeste, ils sont tombés dans le piège du dénigrement de la francophonie, alors que celle-ci, devenue une réalité incontournable dotée d'institutions de plus en plus efficaces, n'est pas en contradiction avec l'idée de "littérature-monde" et ne conduit nullement à marginaliser les écrivains étrangers d'expression française. Les auteurs du manifeste ont cru bon de reprocher au roman français de "se regarder écrire". C'est le même reproche que nous leur faisons aujourd'hui. "

P.S. du canard républicain :

  • «-A quoi bon développer les arts dans un pays occupé?
    -Un pays ne meurt pas quand il est occupé: c'est quand sa culture disparaît qu'il meurt vraiment!»  Propos d'Alexandre Najjar

  • Dans le manifeste " Pour une littérature-monde en français ", publié dans " Le Monde des livres " du 15 mars, il existe un passage particulièrement troublant : " Soyons clairs : l'émergence d'une littérature-monde en langue française consciemment affirmée, ouverte sur le monde, transnationale, signe l'acte de décès de la francophonie. Personne ne parle le francophone, ni écrit en francophone. La francophonie est de la lumière d'étoile morte. Comment le monde pourrait-il se sentir concerné par la langue d'un pays virtuel ? "
  • Le canard républicain remercie M.Najjar de sa prise de position pour la défense de la francophonie.

Le drapeau tricolore français

espace pour la mise en page

Cocarde Aux premiers jours de la Révolution française, les trois couleurs sont d'abord réunies sous la forme d'une cocarde. En juillet 1789, peu avant la prise de la Bastille, une grande agitation règne à Paris. Une milice se constitue ; elle porte un signe distinctif, une cocarde bicolore composée des antiques couleurs de Paris, le bleu et le rouge. Le 17 juillet, Louis XVI se rend à Paris pour reconnaître la nouvelle Garde Nationale en arborant la cocarde bleue et rouge à laquelle il semble que Lafayette, commandant de la Garde, ait ajouté le blanc royal. Notons que dans les textes de 1789, le blanc n'était pas désigné comme couleur du roi mais comme couleur de la France ou du royaume. La légende de l'association des couleurs du roi et de Paris n'apparaît que bien plus tard. La preuve en est que la République, en 1792, ne songea même pas à supprimer le blanc des trois couleurs.

  Drapeaufranais_2La Convention avec la loi du 27 pluviôse an II (15 février 1794) fait du drapeau tricolore le pavillon national, en précisant, sur les recommandations du peintre David, que le bleu devait être attaché à la hampe : " le pavillon sera formé des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales posées verticalement,..."

   Le XIXème siècle voit s'affronter le blanc des royalistes légitimistes et les trois couleurs héritées de la Révolution. Le drapeau blanc est remis à l'honneur sous la Restauration mais Louis-Philippe reprend le drapeau tricolore et le fait surmonter du coq gaulois. Lors de la Révolution de 1848, si le drapeau tricolore est adopté par le gouvernement provisoire, c'est le drapeau rouge qui est brandi par le peuple sur les barricades en signe de révolte. Le poète Lamartine, dans une harangue à la foule, défendit le drapeau tricolore (pour en savoir davantage, voir la note Lamartine choisit le drapeau tricolore). Sous la IIIème République, un consensus s'établit progressivement autour des trois couleurs. A partir de 1880, la remise des drapeaux aux armées lors de la fête du 14 juillet est un grand moment d'exaltation du sentiment patriotique.

   Les constitutions de 1946 et de 1958 (article 2) ont fait du drapeau tricolore l'emblème national de la République.

Le canard républicain : ses positions pendant la présidentielle 2007

Si vous êtes intéressés par mes prises de position pour la présidentielle, je vous invite à consulter les trois notes suivantes dans l'ordre chronologique si possible...Il n'était pas question pour moi de laisser les choix de mes votes dans l'isoloir, car il me semble que lorsqu'on s'engage dans un blog politique, il faut faire preuve d'honnêteté vis-à-vis des citoyens et des citoyennes.

La démocratie bafouée

  • Nous ne sommes plus en République !

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