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" Nous savons à présent qu'il y a un nouvel ordre en Europe "

   Suite aux déclarations de M. Giscard d'Estaing, de M. Barroso et de M. Sarkozy (voir le P.S. de cette note), à l'instar de Georges Séféris (Γιώργος Σεφέρης) -voir la note "Pays de l'homme qui ne pouvez supporter la vue de l'homme"-, je tiens à faire les déclarations suivantes :

   " Nous savons à présent qu'il y a un nouvel ordre en Europe. Nous savons ce qu'il signifie. Nous savons qu'il signifie l'exploitation des faibles; l'emploi des formes les plus viles du mensonge pour la manipulation des peuples; l'extermination systématique des petites nations. "

Le canard républicain, le 27 juillet 2007.

   " J'appartiens à un petit pays. (...) Elle est petite notre terre, mais son patrimoine est énorme ".

Le canard républicain, le 27 juillet 2007.

P.S. :

VGE : c'est la reprise de la Constitution européenne à 90%

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   Comment transformer un "non" référendaire en "oui" parlementaire sans que ça grince dans les chaumières ? Par un simple petit remaquillage. Et celui-ci ne fait pas vraiment plaisir même aux fédéralistes, à commencer par le premier d'entre eux. Reçu ce matin par la Commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen, Valéry Giscard d'Estaing a évoqué pendant deux heures l'avenir institutionnel de l'Union après l'accord conclu au dernier Conseil européen de Bruxelles. L'ancien Président de la Convention qui avait rédigé le traité constitutionnel rejeté a estimé que "c'est le processus constitutionnel de Laeken qui se poursuit" et que "90% des termes sont identiques" à la Constitution européenne.

Un traité constitutionnel qui n'ose plus dire son nom

   Sur le choix de ne pas conserver la terminologie constitutionnelle, de ne plus évoquer les symboles de l'Union (hymne, drapeau, devise) et d'organiser cette réforme en deux traités modificatifs distincts, il ne s'agit que de cosmétique. "Pourquoi pas un seul traité en deux parties ?" s'est-il interrogé, "parce qu'il ressemblerait trop au traité constitutionnel !" a-t-il reconnu.

   Au député Jean-Louis Bourlanges qui dénonçait "la préférence européenne pour le mensonge", M. Giscard d'Estaing a d'ailleurs répondu "oui, ça n'est pas un texte de volonté politique (...) et il faudra aller plus loin."

   Sur les symboles de l'UE, il a invité le Parlement à constater qu'ils étaient de plus en plus présents partout, comme l'hymne à la joie joué pour la première fois sur les Champs Elysées le 14 juillet dernier, que le mandat de la CIG indiquait seulement qu'ils ne seraient "pas évoqués dans le futur traité" - ce qui signifie leur reconnaissance implicite -, et que le Parlement européen serait bien inspiré de prendre en ce qui le concerne une initiative pour déclarer qu'il reconnait et utilise ces symboles.

   M. Giscard d'Estaing a indiqué que le protocole sur les services publics aurait pu être parfaitement ajouté au traité constitutionnel, que la "primauté absolue du droit européen" a bien été "reprise à l'identique par une déclaration annexée" et l'objectif de parvenir à une "concurrence libre et non faussée" a été également "renvoyé à une annexe".

   Sur le futur "Haut Représentant" pour la Politique étrangère et son service diplomatique, il a rappelé qu'il était en tous points la réplique du "Ministre des affaires étrangères de l'Union" prévu par le traité constitutionnel et que "de toutes façons, tout le monde l'appellera "Monsieur le Ministre"".

   Pour l'ancien Président de la Convention, "les innovations portent essentiellement sur la présentation, mais le contenu, ce sont les résultats de la Convention européenne et de la CIG de 2004 (la "Constitution européenne", ndlr) restés inchangés, dans un ordre différent, avec quelques rectifications mineures prenant le plus souvent la forme de protocoles".

   Il a recommandé au Parlement européen de "veiller à ce que la CIG ne s'écarte pas de son mandat" car "c'est cette substance qui donnera le plus de chance à cette "Union sans cette plus étroite" de se poursuivre" avec en tout état de cause, à terme, un "grand texte fondateur".

   Jugeant que "le non français n'était pas un non à notre texte", Valéry Giscard d'Estaing s'est réjoui de ce que le Président Nicolas Sarkozy ait choisi la voie parlementaire "qui garantit la ratification".

Article de "l'Observatoire de l'Europe après le non" (17/07/07)

P.S. du canard républicain :

Barroso avoue : " l'U.E. est comparable à un empire "

Barroso

" Au cours d'une conférence de presse tenue le 10 juillet à Strasbourg, le Président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, a confirmé ce que les souverainistes et autres eurocritiques de toute l'Europe dénoncent depuis toujours : « Parfois j'aime comparer l'Union Européenne en tant que création, à l'organisation des empires. Nous avons la dimension de l'empire, mais il y a une grande différence. Les empires ont été habituellement bâtis par la force avec un diktat imposant du centre, sa volonté aux autres. Maintenant ce que nous avons est le premier "empire non-impérial". Nous avons 27 pays pleinement décidés à fonctionner ensemble et mettre en commun leur souveraineté. Je crois que c'est une grande construction dont nous devrions être fiers. Au moins, nous à la Commission, nous en sommes fiers. » Il y a en effet historiquement deux grandes manières d'organiser le monde : les empires ou les nations. L'intégration européenne actuelle, imaginée en plein affrontement de blocs impériaux au milieu du sanglant XXème siècle et pour un monde qui ne ressemblait en rien à celui d'aujourd'hui, ne pouvait donc avoir une autre nature que celle d'un empire. Une création supranationale plutôt qu'internationale, qui, mue par une idéologie plutôt que le pragmatisme, se poursuit dans la plus aveugle ignorance des récents bouleversements du monde. Comme le rappelle M. Barroso, elle a cependant une qualité que n'avaient pas les supranationalismes rouge et brun : elle n'utilise pas la force des armes, seulement celles de la propagande et du droit. C'est un empire souriant dont certains sujets imaginent l'avoir choisi, bien qu'il n'y eût que deux référendum, dont un clairement négatif. Un empire si persuasif, qu'il a convaincu les Français que leur "non" peut vouloir dire "oui" deux ans après. M. Barroso a raison d'être fier. "

Article de "l'Observatoire de l'Europe après le non" (11/07/07)

P.S. du canard républicain :

Les conséquences linguistiques de l'expansionnisme américain (1803-1867)

Ce qui suit est un extrait d'un document de Jacques Leclerc. Voir le P.S. à la fin de la note pour avoir davantage de précision.

" Les conséquences linguistiques de l'expansion territoriale américaine furent déterminantes pour les peuples des territoires conquis. En plus des langues amérindiennes, ont été liquidés le français en Louisiane et l'espagnol dans les territoires conquis ou annexés; ces langues ont été remplacés par l'anglais qui l'a toujours emporté, car il s'est alors propagé partout en imposant aisément le modèle américain de la «civilisation».

À l'égard des populations autochtones

   Jusque dans les années vingt, les réserves indiennes ressemblaient plus ou moins à des camps de concentration; les autochtones devaient demander à l'intendant blanc l'autorisation de sortir ou d'entrer dans une réserve. Les Amérindiens furent progressivement assimilés et de nombreuses langues autochtones disparurent. La langue anglaise fut reconnue comme le facteur déterminant de développement chez les Indiens. Les missionnaires furent tenus d'enseigner l'anglais aux jeunes Indiens des réserves sans même recourir aux langues ancestrales de ces derniers. Le Bureau des Affaires indiennes força même quantité de jeunes à fréquenter les pensionnats de la côte ouest où ils étaient sévèrement punis s'ils utilisaient leur langue. Bien souvent, on leur coupait les cheveux et on les réduisait aussi à l'état d'esclaves ouvriers. Les Inuits de l'Alaska furent ignorés ou refoulés vers l'intérieur des terres, mais ils conservèrent leurs langues. Comme il fallait s'y attendre, des dizaines de langues amérindiennes sont disparues, conformément aux voeux exprimés par la majorité des dirigeants américains de l'époque. Dans un rapport de 1996 de la National Clearinghouse for Bilingual Education, on apprend que 154 langues sont encore en usage aux États-Unis et que, de ce nombre, 118 sont aujourd'hui parlées par moins de 1000 locuteurs, soit 77 %. Par ailleurs, le linguiste Michael E. Krauss estimait en 1995 que 175 langues autochtones étaient encore parlées aux États-Unis et que 155 d'entre elles, soit 89 %, étaient considérées comme moribondes. La plupart des jeunes Amérindiens américains grandissent en parlant seulement en anglais et ne connaissent généralement que quelques mots de leur langue ancestrale.

   Le 12 août 1898, soit à la fin de la guerre hispano-américaine, les États-Unis annexèrent Hawaï. En étendant leur domination à Hawaï, les Américains atteignaient l'un de leurs objectifs expansionnistes. L’anglais fut aussitôt proclamé l’unique langue officielle d’Hawaï. Dès lors, il devint illégal, jusqu'en 1987, d'enseigner l'hawaïen dans les écoles publiques de l'île, sauf en tant que langue étrangère. La scolarisation des enfants autochtones accéléra la quasi-disparition de la langue hawaïenne.  Puis l'immigration américaine et l'arrivée massive d'insulaires du Pacifique (Philippines, Vietnam, Micronésie, Mélanésie, îles Tonga et Samoa) fit le reste.

À l'égard du français en Louisiane

   Les francophones de la Louisiane ne furent pas plus chanceux. La Louisiane fut admise au sein de l’Union, le 30 avril 1812, devenant ainsi le 18e État américain. À cette époque, la Louisiane était le premier et le seul État de l’Union dans lequel un groupe non anglophone, les descendants d’Acadiens — les Cadiens — et de Français, constituait une majorité linguistique. Grâce au juriste Louis Moreau-Lislet, un Code civil plus complet (que le précédent basé sur la Coutume de Paris) reposant sur le Code Napoléon fut adopté par le législateur du nouvel État. Ce code avait été rédigé en français, puis traduit en anglais. Cependant, il n'en fut pas ainsi pour la Constitution de l'État. Non seulement, elle fut rédigée uniquement en anglais, mais elle ne comportait aucune disposition linguistique à l'égard des francophones, alors qu'elle protégeait les droits des anglophones. En effet, l'article 6 de la Constitution de 1812 stipulait que toute loi et tout document officiel devaient être publiés dans la langue «dans laquelle est écrite la Constitution des États-Unis», c'est-à-dire en anglais. Il est évident que la prédominance du français en Louisiane pouvait causer certains problèmes à Washington, et l’Assemblée de l’Union a cru bon de faire en sorte que la Constitution louisianaise soit plus «adaptée» à la situation nord-américaine. La Constitution de 1845 fit de la pratique du bilinguisme une exigence pour la reconnaissance des droits linguistiques des francophones de la Louisiane, alors qu'en 1847 une loi autorisait l'enseignement bilingue dans les écoles publiques de l’État.

   Puis la Louisiane eut le malheur de faire sécession en 1861. La Constitution de 1864, d'inspiration nettement nordiste, supprima alors toutes les dispositions juridiques favorables au français. L'anglais devint la seule langue officielle pour les lois, documents et procès-verbaux, tandis que l'article 142 de la Constitution stipulait, pour la première fois, que l'enseignement primaire devait être dispensé uniquement en anglais. Parmi les 155 articles constitutionnels, il n'était fait mention nulle part de la langue des tribunaux. En somme, les Yankees ont imposé l'anglais aux Louisianais blancs parce qu'ils avaient pris parti pour le Sud, aux Acadiens parce qu'ils n'avaient pas osé prendre parti pour le Nord et aux Noirs francophones pour les rendre aptes à bien s'intégrer au melting pot américain. La répression du Nord contre le Sud a pris, en Louisiane (autrement dit en «pays cadien»), un tour anti-français.

À l'égard de l'espagnol du Sud-Ouest

   Toute la région du Sud-Ouest était de langue espagnole avant la guerre du Mexique (1846-1848). Les communautés hispanophones étaient installées bien avant les anglophones sur ce territoire conquis militairement par les États-Unis. Leur ancienneté notamment les Tajanos et les Californios aurait dû leur conférer une certaine légitimité. Fait à noter, le traité de Guadalupe-Hidalgo garantissait aux Mexicains le maintien de leurs propriétés et le respect de leur religion. Aucune disposition n'était prévue pour le maintien de la langue espagnole, car le traité a totalement passé sous silence la question de la langue et de la culture des populations concernées. Toutefois, en assurant que les habitants du pays devaient continuer à bénéficier des mêmes droits et privilèges que sous leur ancien gouvernement, le traité sous-entendait qu'ils devaient être gouvernés comme ils l'étaient auparavant. C'est dans cet esprit que les lois ont continué, durant un certain temps, d'être imprimées en espagnol et que les tribunaux pouvaient entendre des causes en espagnol dans certains districts. Ce traité d'annexion territoriale constituait l'acte de naissance d'un nouveau groupe ethnique aux États-Unis: les Américano-Mexicains.

   Une fois devenus américains, le Texas, la Californie, l’Utah, le Nevada, l’Arizona et le Nouveau-Mexique devinrent très tôt officiellement anglophones, bien que l'ensemble de la population ait continué à parler l'espagnol dans la vie quotidienne. Par exemple, la Constitution de 1849 de la Californie protégeait l'espagnol et permettait la publication bilingue des lois promulguées par le nouvel État. Mais, dès 1851, l'État avait imposé l'unilinguisme anglais dans les contrats d'achat de terre. Puis, en 1878, des modifications à la Constitution de la Californie supprimèrent l'espagnol:

Article IV

All laws of the State of California, and all official writings, and the executive, legislative, and judicial proceedings shall be conducted, preserved, and publishing in no other than the English language.

Article 4 

Toutes les lois de l'État de la Californie et tous les documents officiels ainsi que les procédures exécutives, législatives et judiciaires ne sont formulés, consignés et publiés qu'en anglais.

   Dans tous les États du Sud, les écoles cessèrent progressivement d'enseigner l'espagnol pour passer à l'anglais. Pour les Blancs anglophones de l'époque, c'était simple: l'espagnol était devenu tout à fait inutile, alors que les Mexicanos avaient eu amplement le temps d'apprendre l'anglais depuis trente ans...  Pourtant, plusieurs autres États américains de l'époque publiaient leurs lois dans plus d'une langue. Dans l'État du Michigan, les lois étaient publiées en anglais, en allemand et en français; en anglais, en allemand et en norvégien dans le Wisconsin; en anglais et en allemand en Pennsylvanie, en anglais et en français en Louisiane.  Puis les autorités de chacun des États du Sud adoptèrent l'anglais dans leurs affaires internes. Ils estimaient que leur État devait correspondre à un gouvernement anglophone et que les individus demeurant incapables de parler l'anglais n'étaient certainement pas compétentes pour occuper des postes dans la fonction publique. Tous ces États auraient pu adopter officiellement le bilinguisme, mais ce n'est pas ce qui s'est passé: les colons anglo-américains déjà installés dans la région ont tout fait pour évincer l'espagnol. Cette langue était considérée comme «inférieure» par rapport à l'anglais parce qu'elle était parlée par des Métis.

   Il y a eu aussi le fait que beaucoup d'Américains ont craint pour l'originalité et la pureté de la «race».  Le rouleau compresseur de l'anglais fit son oeuvre d'uniformisation et la langue espagnole des premiers habitants fut confinée à la maison. En réalité, les Américains firent preuve de xénophobie et de mépris à l'égard de toutes les populations de langue espagnole. Régulièrement, les réactions «nativistes» réapparaîtront au cours de l'histoire, surtout devant la «menace hispanique».  Les populations hispanophones des territoires annexés furent complètement évincées par les nouveaux venus qui s'approprièrent tous les leviers politiques et économiques, propulsant les Mexicanos (Tejanos, Californios et Hispanos) vers un déclin et une acculturation inéluctables. À la fin du siècle, la plupart des Américano-Mexicains avaient déjà perdu leurs terres et étaient tous relégués au statut de minorité méprisée et discriminée par les Anglo-Américains. Cependant, ces derniers allaient récupérer, en l'embellissant, le passé mexicain «exotique» par des fêtes «mexicaines», une architecture «mexicaine» ainsi que dans la littérature régionale.   

L'immigration et les déplacements de population

   Au cours de la décennie 1790 à 1800, quelque 50 000 Européens ont émigré aux États-Unis. De 1800 à 1810, environ 70 000; de 1810 à 1820, quelque 115 000. À partir de 1832, le rythme annuel est de l'ordre de 60 000. Il dépasse les 100 000 après 1842 pour atteindre près de 400 000 au début des années cinquante et redescendre ensuite entre 15 000 et 200 000. Près de 200 000 nouveaux immigrants, surtout des Irlandais et des Allemands, arrivèrent chaque année entre 1820 et 1850. Au total, on compte cinq millions d'immigrants de 1815 à 1860, dont 2,7 millions provenaient des îles britanniques et 1,5 million d'Allemagne, des pays scandinaves et des Pays-Bas. Les immigrants préférèrent les villes aux campagnes et contribuèrent à accélérer l'urbanisation aux États-Unis. Des villes telles que New York, Chicago, Cincinnati, Milwaukee, Detroit, San Francisco, etc., regroupèrent jusqu'à 50 % d'Américains nés à l'étranger.  Si certaines communautés ont pu se concentrer dans des quartiers et vivre en vase clos, la plupart se sont mêlées à l'ensemble et se sont fondues dans l'anglo-américain.

   La découverte de l'Ouest américain entraîna de grands déplacements dans la population. Entre 1810 et 1830, plus de deux millions d'Américains se déplacèrent d'est en ouest.  De 1830 à 1840, la population de l'Indiana doubla; celle de l'Illinois tripla. En 1840, quelque 6,4 millions d'Américains habitaient déjà à l'ouest des Appalaches. Et ce ne sont surtout pas les immigrants qui furent responsables du peuplement de l'Ouest. Ce sont avant tout les Américains eux-mêmes qui se déplacèrent vers cette région, sur des distances généralement assez courtes, d'État en État. Ensuite, l'accroissement naturel de la population fit le reste. Au cours de cette période, l'immigration dans l'ensemble des États-Unis provint essentiellement de l'Europe, phénomène qui portait déjà les germes de l'Amérique anglocentrique.  "

P.S.:

Lire la suite "Les conséquences linguistiques de l'expansionnisme américain (1803-1867)" »

Un éléphant, ça trompe énormément !

Deuxième épisode (20/07/07) avec le risque de la ratification du Protocole de Londres :

  Pcresse Jouyet

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   Le 12 juillet, dans le journal Le Monde, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet ont relancé l'idée de la ratification de ce Protocole sur les brevets, prétextant que cela "permettrait d'alléger les coûts de traduction, qui représentent 40% de l'investissement initial en vue de l'obtention d'un brevet".

  En fait, selon l'Office européen des brevets (OEB) et le Comité de soutien contre le protocole de Londres, le prix de revient élevé des brevets européens ne résulterait pas des traductions...Ce Comité, présidé par Claude Hagège -professeur au Collège de France- et qui regroupe de grandes personnalités comme Jean Dutourd -membre de l'Académie française- ou Laurent Lafforgue -mathématicien, médaille Fields 2002- affirme que la ratification bénéficierait aux grandes entreprises étrangères au détriment des PME et TPE françaises. La Compagnie nationale des Conseils en propriété industrielle (CNCPI) confirme que la ratification "serait un cadeau sans contrepartie aux multinationales anglo-saxonnes et japonaises, qui pourraient déposer plus de brevets encore, et renforcer leur hégémonie et la dépendance juridique et technologique de la France notamment".

   Selon les signataires de la pétition lancée par le Comité, la ratification " aboutirait en effet, en Europe, à la suppression de l'obligation actuelle de traduire en français tous les brevets rédigés -en particulier- en langue anglaise ou allemande sous prétexte de diminuer le coût des brevets d'invention ".

   Actuellement, les brevets doivent être publiés dans les langues des 32 pays membres de l'OEB. Dans le cadre du Protocole, il y aurait trois langues "officielles" (Anglais, Français et Allemand), et les textes pourraient être publiés dans une seule des trois.

  D'après le Comité, la ratification "reviendrait à admettre, en réalité, l'usage de l'anglais en droit français et serait très dangereuse pour la pérennité de la langue française comme langue scientifique, technique et commerciale". Aujourd'hui, 100% des brevets sont traduits en Français, mais avec le Protocole "la part de la francophonie passerait à 7%".

  Oui, effectivement comme le souligne le Comité, la ratification de ce Protocole, c'est "surtout ses conséquences dramatiques pour la langue française".

   18 pays européens ont refusé de signer le Protocole et "continueront d'exiger une traduction obligatoire des brevets européens dans leur langue nationale". Parmi eux, on trouve l'Espagne, le Portugal, l'Italie, La Grèce...

  Chirac_jospinMais en quoi les éléphants interviennent-ils dans cette histoire... ?

  espace pour la mise en pageMoscovici

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   Tout simplement parce que le Protocole de Londres fut signé en juin 2001 par le gouvernement Jospin. A noter que Pierre Moscovici (PS) était à l'époque ministre délégué aux affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et Jack Lang (PS), "grand défenseur de la langue française" était ministre de l'Education nationale.

  Lang

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   Depuis plusieurs mois, la langue française est attaquée. Pas simplement avec ce Protocole. Souvenons-nous du manifeste "Pour une littérature-monde en français", publié dans "Le Monde des livres" du 15 mars dans lequel il existe un passage particulièrement troublant : " Soyons clairs : l'émergence d'une littérature-monde en langue française consciemment affirmée, ouverte sur le monde, transnationale, signe l'acte de décès de la francophonie. Personne ne parle le francophone, ni écrit en francophone. La francophonie est de la lumière d'étoile morte. Comment le monde pourrait-il se sentir concerné par la langue d'un pays virtuel ? "

   Oui, vous avez bien lu...pays virtuel...La République française doit disparaître ! Alexandre Najjar a écrit un jour : " Un pays ne meurt pas quand il est occupé : c'est quand sa culture disparaît qu'il meurt vraiment ! " Les ennemis de la République l'ont parfaitement compris. S'attaquer à la langue française, c'est s'attaquer au socle de notre culture. Pour quel raison un pays comme la Grèce n'a pas signé le Protocole ? Tout simplement car les Grecs ont conscience que la préservation de leur langue est un élément indispensable de la survivance de leur culture, de ce qu'ils sont. Ils sont bien placés pour le savoir après des siècles de domination de l'Empire ottoman sur leur sol !

   Je terminerai avec M. Sarkozy...défenseur de l'identité française ... Quelle bonne blague ! C'est un ennemi absolu de la République française de plus en plus dangereux !

P.S. :

Biographie de Socrate

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Socrate (470-399 av.J.C.) :

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   Philosophe grec né d'un père sculpteur et d'une mère sage-femme (dont il aurait hérité  la maïeutique, l'art d'accoucher les esprits...). Aurait été l'élève d'Anaxagore et des sophistes, qu'il critiquera par la suite. Passait l'essentiel de son temps en compagnie de ses jeunes disciples à discuter dans les rues, les gymnases et autres lieus publics. On sait finalement peu de chose de sa vie : il fut soldat pendant la guerre du Péloponnèse, fit preuve de courage pendant la tyrannie des Trente en refusant d'arrêter un démocrate, s'opposant ainsi à son ancien disciple Critias. Cette ancienne relation lui est pourtant reprochée lors du retour de la démocratie par des détracteurs que sa philosophie sans préjugés inquiète. Accusé de corrompre la jeunesse, il est condamné à boire la cigüe par le tribunal du peuple.La_mort_de_socrate_4  

La mort de Socrate par Jacques-Louis David (1787)

Il est actuellement exposé au Metropolitan Museum of Art, à New York.

   Il n'a rien écrit. Sa pensée nous est connue grâce aux témoignages de ses disciples, Xénophon et surtout Platon, qui en fait le protagoniste de ses premiers dialogues. Il a aussi été décrit sous un jour caricatural par l'auteur comique Aristophane dans Les Nuées, et fortement critiqué par Aristote qui reprend les accusations de ses juges. L'essentiel de sa philosophie consiste dans sa foi en la raison, par laquelle l'homme peut atteindre la connaissance de soi et le bonheur.

Biographie présente dans le Hors-série n°3 du Point, juillet-août 2005. "Aristote, Epicure, Platon...Les textes fondamentaux de la pensée antique ", avec Jacqueline de Romilly, Rémi Brague,...

La société sous contrôle qu'on nous prépare

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   Le dimanche 8 juillet 2007, dans le Journal du dimanche, nous avons appris que M. Sarkozy avait demandé à Mme Alliot-Marie (ministre de l'intérieur) " de réfléchir à un vaste plan d'installation de caméras dans nos réseaux de transports en commun " pour combattre la menace terroriste. Cette information est en continuité avec la déclaration du porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, qui le mardi 4 juillet annonçait que la France envisage désormais la mise en place d'un "plan de grande ampleur de caméras en France".

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Laurent Wauquiez

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   Le véritable objectif des dirigeants politiques

   Sous couvert d'une pseudo-menace terroriste planant à chaque instant sur la France, il me semble qu'il ne faut pas perdre de vue le véritable objectif de M. Sarkozy et des personnes se cachant derrière celui-ci. Quel est-il ? Etablir en France la société sous contrôle existant de l'autre côté de l'atlantique, dans l'Empire américain. Je vous invite à lire la note "Violence et société sous contrôle dans l'Empire américain " pour avoir une idée plus précise de ce thème et pour vérifier que cela ne relève pas d'une élucubration.

   Le "modèle" britannique

   M. Sarkozy, toujours dans cet article du Journal du dimanche, veut prendre modèle sur le Royaume-Uni : " Il y a 25 millions de caméras au Royaume-Uni, un million en France. Je suis très impressionné par l'efficacité de la police britannique grâce à ce réseau de caméras ". Dans le journal Le Monde du 9 juillet 2007, on apprend que " les Britanniques sont le peuple le plus épié au monde : selon les chiffres les plus courants, le royaume abriterait en réalité 4,2 millions de caméras, soit une pour 14 personnes. Ces Close Circuit Televisions (ou CCTV) sont partout : dans la rue, sur les autoroutes, dans les trains, les bus, les couloirs du métro, les centres commerciaux ou les stades. Un Londonien peut être filmé jusqu'à 300 fois par jour (1)".

  "Modèle" qui vient en fait des U.S.A.

   Loïc Wacquant, dès avril 1999 dans le Monde diplomatique, nous expliquait comment le modèle américain vint à l'Europe - principalement en Grande-Bretagne - dans son article "Ce vent punitif qui vient d’Amérique". Je me contenterai uniquement de vous donner un petit extrait de cet article :

   " Quelques mois après la visite de Charles Murray (2), l'IEA (Institute of Economic Affairs) invitait l'ex-chef de la police new-yorkaise, M. William Bratton, pour populariser la "tolérance zéro" au cours d'une conférence de presse maquillée en colloque à laquelle participaient des responsables de la police britannique. La "tolérance zéro" est en effet le complément policier de l'incarcération de masse à laquelle conduit la pénalisation de la misère en Grande-Bretagne comme aux Etats-Unis. Lors de cette rencontre, à laquelle  des médias dociles donnèrent un grand retentissement, on apprit que "les forces de l'ordre en Angleterre et aux Etats-Unis s'accordent de plus en plus à penser que les comportements criminels et proto-criminels (subcriminal) comme le jet d'ordures, l'insulte, le graffitage et le vandalisme doivent être fermement réprimés afin d'empêcher des comportements criminels plus graves de se développer".

   La rencontre se prolongea comme de coutume par la publication d'un ouvrage collectif, Tolérance zéro : comment policer une société libre, dont le titre résume la philosophie politique : "libre", c'est-à-dire libérale et non interventionniste "en haut", en matière de fiscalité et d'emploi notamment ; intrusive et intolérante "en bas", pour tout ce qui touche aux comportements publics des membres de classes populaires pris en tenaille par la généralisation du sous-emploi et du salariat précaire, d'un côté, le recul de la protection sociale et l'indigence des services publics, de l'autre.

Blair 

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   Ces notions ont servi de cadre à la loi sur le crime et le désordre votée par le Parlement néo-travailliste en 1998, la plus répressive de l'après-guerre. Le premier ministre britannique motivait son soutien à la "tolérance zéro" en ces termes : " Il est important de dire que nous ne tolérons plus les infractions mineures. Le principe de base ici, c'est de dire que, oui, il est juste d'être intolérant envers les sans-abri dans la rue. "

   Du Royaume-Uni, les notions et les dispositifs promus par les "boîtes à idées" néoconservatrices des Etats-Unis se sont répandus à travers l'Europe. "

   L'explosion de la population carcérale sous l'ère Sarkozy

   Dans l'éditorial du Monde du 07/07/07 , on apprenait que " la France ne cesse de battre ses propres records en matière de population carcérale : 64 000 personnes sont actuellement sous les verrous, soit 12 000 de plus que de places disponibles [...] Il (le gouvernement) prévoit, à terme, d'augmenter de 7 000 unités les capacités d'hébergement [...] Le tournant répressif engagé en 2001 a conduit, en cinq ans, 10 000 personnes supplémentaires derrière les barreaux ". - je rappelle que M. Sarkozy fut ministre de l' Intérieur du 7 mai 2002 au 31 mars 2004 et du 31 mai 2005 au 26 mars 2007, avec un petit intermède 31mars-29novembre 2004 en tant que ministre de l' Economie, des Finances et de l'Industrie -.

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Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua

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   Sarkozy et la société sous contrôle  espace pour la mise en page

  M. Sarkozy et la vidéosurveillance, ce n'est pas une nouveauté...En tant qu'ancien président du Conseil général des Hauts-de-Seine, département pilote dans ce domaine ( voir l'article "Les Hauts-de-Seine ont été un département pionnier " ), il a eu l'occasion de bien préparer son dossier...

   Mais avec M. Sarkozy, ce n'est pas uniquement la vidéosurveillance. En tant qu'ancien ministre de l'Intérieur, il a permis, par la loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003 -complétée par la Loi Perben -, que le fichage ADN, instauré en 1998 et limité à l'origine aux délinquants sexuels, soit étendu à toute personne soupçonnée d'un quelconque délit (sauf délit d'initié ou financier), et laissé au libre choix des policiers et des gendarmes, sans que les preuves de culpabilité ne soient obligatoirement établies (3). Cette loi a permis le fichage génétique de faucheurs d'OGM, d'étudiants anti-CPE. Les personnes refusant de se laisser ficher risquent jusqu'à 15 000 euros d'amende et 1 an de prison.

   Dans un article de Jean Marc Manach du 13/07/07, journal Le Monde, on apprenait que " plus de la moitié des fichiers policiers contrôlés en 2006 par la CNIL (4) étaient erronés ". Cet article rappelle que "le rapport d'Alain Bauer consacré à l'amélioration du contrôle et de la gestion des fichiers de police et de gendarmerie, rendu public en 2006, donne une idée de l'ampleur du fichage policier. En 2005, le STIC (système de traitement des infractions constatées) était ainsi consulté près de 33 000 fois par jour. En 2006, il recensait près de 29 millions de procédures, 32 millions d'infractions, 22,5 millions de victimes et 4,7 millions de personnes "mises en cause". Judex (système judiciaire de documentation et d'exploitation), quant à lui, contiendrait 2,8 millions de fiches concernant des personnes "mises en cause", et serait consulté près de 7 500 fois par jour (5)".

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Mme Alliot-Marie (ministre de l'intérieur) espace pour la mise en page

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   La sociéte sous contrôle à l'échelle européenne

   Le développement exponentiel du fichage policier en France se met en place en fait à l'échelle européenne...dans l'Empire européen -ou dans l'Empire occidental-. En effet, dans un article du Monde du 13 juin 2007, on apprenait que "les polices de l'Union européenne mettent en commun leurs fichiers biométriques. Les ministres européens de l'intérieur se sont entendus, mardi 12 juin, à Luxembourg pour mettre en réseau leurs fichiers de signatures génétiques ADN et d'empreintes digitales". Mais ce n'est pas tout...Toujours dans ce même article, il est écrit (je n'en suis pas revenu !) : " le texte permet toutefois de créer des équipes d'enquêtes communes à deux pays et facilite le déploiement de policiers étrangers dans le cadre de grandes manifestations (6)".

  Conclusion du canard républicain

   Technologies de surveillance, "tolérance zéro", fichage, criminalisation de la misère... L'objectif des dirigeants politiques et des personnes qui se cachent derrière ces derniers -milliardaires, grands patrons, etc- , me semble assez clair : tenir sous contrôle de larges pans de la population -en particulier les dissidents, les défenseurs des droits de l'Homme, les journalistes, les leaders étudiants, les syndicalistes,...- afin d'éviter la remise en cause du système -et de l'Empire en construction- qui se lézarde de partout et qui immanquablement aboutira à une révolution !

   (1) Article de Nathalie Guibert et Jean-Pierre Langellier, Le Monde du 09/07/07, intitulé "Nicolas Sarkozy entend développer le réseau de surveillance".

   (2) Charles Murray, The Emerging British Underclass, Institute of Economic Affairs, Londres, 1990. Charles Murray adjurait les Britanniques de comprimer drastiquement leur Etat-providence afin d'enrayer l'émergence d'une prétendue "underclass" de pauvres aliénés, dissolus et dangereux, cousine de celle qui "dévaste" les villes des Etats-Unis à la suite des mesures sociales instaurées lors de la "guerre à la pauvreté" des années 1960. De plus, M.Murray voyait la nécessité de faire peser la "force civilisatrice du mariage" sur les "jeunes hommes noirs qui sont essentiellement des barbares".

   (3) Voir le site : Collectif Refus ADN

   (4) CNIL : Commission nationale de l'informatique et des libertés. Dans son rapport d'activité publié lundi 9 juillet, elle a lancé "une alerte à la société de surveillance" qui menace "la protection des données et nos libertés". Le président de la CNIL, Alex Türk, met en garde : " L'innovation technologique est à la fois porteuse de progrès et de dangers (...). Les individus sont tentés par le confort qu'elle procure, mais ils sont peu conscients des risques qu'elle comporte. Ils ne se préoccupent guère de la surveillance de leurs déplacements, de l'analyse de leurs comportements, de leurs relations, de leurs goûts ".

   (5) Article de Jean-Marc Manach du 13/06/07, journal Le Monde, intitulé " Plus de la moitié des fichiers policiers contrôlés en 2006 par la CNIL étaient erronés ". 

   (6) Article du Monde du 13/06/07 (dépêche AFP), intitulé " Les polices de l'Union européenne mettent en commun leurs fichiers biométriques ".

" Les Hauts-de-Seine ont été un département pionnier "

Balkany  " La vidéosurveillance et les Hauts-de-Seine ? Une vieille et longue histoire qui remonte au début des années 1980 lorsque Patrick Balkany, alors maire RPR de Levallois-Perret, provoqua une tempête en annonçant qu'il allait faire surveiller les rues de sa ville par des caméras. Une décision qui déchaîna manifestations et pétitions et amena à la saisine de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).

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    C'est un autre élu du département, Charles Pasqua, alors ministre de l'intérieur, qui a donné à la vidéosurveillance son cadre législatif avec la loi du 21 janvier 1995. Par la suite, M. Pasqua, président du conseil général des Hauts-de-Seine, encouragera l'installation de caméras de surveillance à l'aide de subventions départementales jusqu'à les inscrire dans les contrats locaux de sécurité.

   D'Asnières à Antony, villes UMP, les caméras ont poussé le long des rues et des places publiques au fil des ans. Au risque de se retourner contre leurs promoteurs : en février 2004, le directeur de cabinet du maire UMP d'Asnières est surpris en train de visionner les images retransmises depuis les rues de la ville pour reconnaître des colleurs d'affiches de l'opposition municipale.

Sarkozy_2 En 2003, M. Pasqua envisage de faire "vidéosurveiller" les quelque 90 collèges du département. Un plan ambitieux est mis en oeuvre par un ancien syndicaliste de la police, Jean-Louis Arajol, devenu le conseiller en sécurité de M. Pasqua au conseil général. Mais ce projet, jugé démesuré, est abandonné après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence du conseil général en 2004. M. Sarkozy voyait aussi poindre l'hostilité des enseignants et de parents d'élèves.

Cop Lors de la campagne des régionales de 2004, Jean-François Copé, tête de liste UMP, inscrit dans son programme "la généralisation de la vidéosurveillance". "On va mettre des caméras partout, dans les gares, à l'entrée des immeubles", promettait-il alors. Plus récemment, le nouveau préfet de police de Paris, Michel Gaudin, que MM. Pasqua et Sarkozy recrutèrent dans les Hauts-de-Seine, affirmait devant le Conseil de Paris que la capitale "n'est pas suffisamment bien équipée en matière de vidéosurveillance, voire sous-équipée". "

Article de Jean-Pierre Dubois du 10 juillet 2007, journal Le Monde.

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Violence et société sous contrôle dans l'Empire américain

   Second Amendement de la Constitution des U.S.A : " Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé ".

   Ce IIe amendement est un amendement garantissant le droit pour tout citoyen américain au port des armes. Adopté le 15 décembre 1791, il fait partie, comme les neuf autres amendements de la Constitution américaine, de la Déclaration des droits, communément appelée Bill of Rights. " Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre " peut être sujet à interrogation.Otage_2

   Depuis plus de deux cents ans, cette "culture" des armes est présente dans la société américaine. Aujourd'hui encore, à travers toutes les séries américaines et les productions hollywoodiennes présentes sur nos petits ou grands écrans, la violence de la société américaine est mise en avant. Nra_logo_2

   

Logo de la NRA

Cette vision de la société est défendue depuis fort longtemps aux U.S.A., avec par exemple La National Rifle Association (NRA), lobby en faveur des armes à feu. Cette organisation s'est implantée dans l'Etat de New York en 1871 et revendique aujourd'hui plus de quatre millions de membres. Il me semble intéressant de noter que cette organisation fut créée après l'expansion territoriale des U.S.A. (1803-1867).

   Après certains massacres relayés aujourd'hui à travers le monde par les médias, la question de faire disparaître ce Second Amendement revient systématiquement. Il me semble évident que celui-ci devrait être supprimé, car il est indigne de toute société dite "civilisée". Alors pourquoi cela n'a-t-il pas été encore fait ? A cause des lobbys ? A cause de cette Constitution qui est pratiquement impossible à modifier (1) ? A cause de la "culture" des armes ? A cause du fait que les Américains ne sont pas capables de résoudre des conflits sans établir des rapports de force extrêmes ? Et si tout simplement, depuis le début, les dirigeants des U.S.A. avaient compris que pour maintenir la cohésion de leur "pays", celle-ci ne pourrait pas se faire sans la violence comme cela a toujours été le cas dans tous les Empires de l'Histoire...

   U.S.A. : l'Empire américain

   Oui, les Etats-Unis, comme autrefois l'U.R.S.S, sont un Empire. Je vous invite à lire l'excellent document " L'expansion territoriale des U.S.A. (1803-1867). " de Jacques Leclerc pour en être convaincu ; le XIXe siècle étant caractérisé par l'expansion coloniale et l'impérialisme. Je me contenterai de vous donner ce petit extrait de ce document : " Le Bureau des Affaires indiennes finit par aboutir à la même politique : le refoulement progressif des autochtones vers l'ouest. L'expression couramment utilisée à l'époque pour désigner cette éviction systématique était le "move of Indians" ("déplacement des indiens"), qui deviendra le "removal of Indians" ("déportation" ou "expulsion" des Indiens). Ces "déplacements" étaient considérés comme nécessaires pour permettre l'ouverture de vastes territoires à l'agriculture, au commerce, aux marchés, à l'argent, autrement dit au développement d'une économie blanche, capitaliste et moderne, pour ne pas parler du développement de la "civilisation". Un article publié dans la North American Review de 1830 justifiait ainsi le déplacement des Indiens : "Un peuple barbare, dépendant pour sa subsistance des produits aussi chiches que précaires de la chasse, ne peut survivre au contact d'une communauté civilisée." (2) "

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Le monde en 1815

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Le monde en 1914

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   La population carcérale la plus importante du monde

   En 2002, la population carcérale aux Etats-Unis comptait près de 2,1 millions de personnes. Les Etats-Unis ont le plus grand nombre relatif de prisonniers de toutes les nations qui ont des statistiques à ce sujet : 686 prisonniers pour 100 000 personnes. A titre d'exemple, le taux en Angleterre et en Ecosse est par exemple de 139 pour 100 000, et en Norvège il est de 59 pour 100 000. En France, 96 pour 100 000 en 2005. La population carcérale en Chine était de 111 pour 100 000 en 2001 (personnes condamnées).

   Aux U.S.A., le nombre des détenus a fortement augmenté à partir des années 1980, après l'entrée en vigueur des lois anti-drogues qui imposaient des peines de prison minimales incompressibles. En 2004, 25% des prisonniers du "pays" l'étaient pour trafic ou consommation de drogue et la moitié des détenus étaient des Afro-américains et un quart des Latinos.

   La Convention de l'ONU sur les droits de l'enfant non ratifiée et non respectée par les U.S.A.

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   Selon une étude de Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International (AI) publiée le 12 octobre 2005, au moins 2 225 détenus qui étaient mineurs au moment des faits pour lesquels ils ont été condamnés, purgent une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Cet élément est en contradiction avec la Convention de l'ONU sur les droits de l'enfant, Convention qui n'est pas ratifiée par les Etats-Unis.

  Selon cette même étude, c'est aux Etats-Unis que sont détenus à vie le plus de perso