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Entendrons-nous bientôt un appel à l’insurrection de tous les Républicains pour obtenir un référendum sur le nouveau traité européen ?

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Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

   Mes chers concitoyens,

   Dans quelques mois, un événement d’une portée considérable et décisif dans l’Histoire se déroulera dont les conséquences pour notre avenir et celui de nos enfants seront gigantesques. Quel est-il ?

  Tout simplement le passage par voie parlementaire du nouveau « traité européen simplifié », qui n’est en fait qu’une « constitution européenne bis ».

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  En effet, M. Giscard d'Estaing, l'ancien Président de la Convention qui avait rédigé le traité constitutionnel européen rejeté lors du référendum du 29 mai 2005 par les Français, a estimé que le nouveau traité européen en préparation, "c'est le processus constitutionnel de Laeken qui se poursuit" et que "90% des termes sont identiques" à la Constitution européenne (1).
   M. Sarkozy, ayant choisi la voie parlementaire pour faire adopter le nouveau texte, M. Giscard d'Estaing s'est réjoui de cette décision car selon lui la voie parlementaire "garantit la ratification".
   Il faut rappeler que lors du référendum de 2005, le NON l'avait largement emporté avec 54,67% des votes, alors que le 28 février 2005, les députés et sénateurs avaient voté à 92% en congrès à Versailles la réforme constitutionnelle pour "adapter" la Constitution française au traité constitutionnel européen.

   Comme le soulignait M. Philippe Séguin à l’Assemblée Nationale le 5 mai 1992, "le recours à la voie parlementaire est contraire à l'esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire (2)". Certains politiques diront que "la procé­dure de l'article 89 –de la Constitution française- rend sa dignité au Parlement! Convenez que l'argument est plutôt singulier au moment où l'on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel ! (3)" L’article 3 de la Constitution française de 1958 rappelle ce que dit l’article III de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen de 1789 : la souveraineté nationale appartient au peuple.  "Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental ... Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. (4)" (voir la note Le Conseil d'Etat consacre la primauté du droit européen !)

  Deg4 espace pour la mise en page

Comme le précisait Charles de Gaulle, à Londres, en 1942, démocratie et souveraineté nationale se confondent : "La démocratie se confond exactement pour moi avec la souveraineté nationale ...La démocratie, c'est le gouvernement du peuple par le peuple, et la souveraineté nationale, c'est le peuple, exerçant sa souveraineté sans entrave".

   Certains citoyens feront confiance à leurs députés, mais pour nos parlementaires, « la messe » est déjà dite ! Devant un hémicycle vide (voir vidéo), l’un d’entre deux a tenu des propos particulièrement pertinents : "On a supprimé le paquet cadeau et les rubans, mais on a gardé le même contenu. La manœuvre est habile, mais pardonnez-moi, M. Le Ministre, la ficelle est un peu grosse. Faire passer cette constitution bis pour un simple règlement de copropriété, d’où l’expression « traité simplifié » destiné à abuser nos concitoyens, n’a pour but que d’éviter un nouveau référendum. Dans son propos, le ministre Kouchner a d’ailleurs été franc tout à l’heure, il a osé dire « l’absence de référendum évitera la coupure entre l’Europe et le peuple ». Il avait raison, en supprimant la démocratie on peut essayer de faire croire que tout le monde est d’accord, sans aucun risque d’être désavoué, du moins dans l’immédiat".

   D’ailleurs le mot « simplifié » en lui-même signifie clairement les choses, car en effet, en Mathématiques, lorsqu’on parle d’une fraction simplifiée, cela signifie tout bonnement trouver une fraction sous une autre forme mais toujours égale à celle de départ !

   Comment obtenir un référendum sur le nouveau traité européen ? Le peuple français va-t-il devoir commencer une insurrection pour son obtention ? En ce qui me concerne je ne vois qu'une seule forme d'action efficace et pacifique pour l’instant. Dès que le nouveau traité sera fixé et après son analyse minutieuse montrant qu'il est un copié-collé du texte constitutionnel refusé par les Français, tous les Républicains devront s'engager dans un mouvement de grève de la faim afin d'obtenir un référendum.

   Pour terminer, je vous invite à (re)lire ces quelques extraits du formidable discours de M. Philippe Séguin, faisant preuve d’une grande clairvoyance, ainsi que les deux citations de M. Pierre Mendès France et M. Chevénement au bas de cet article. Barroso

    Sans oublier la déclaration de M. Barroso (le Président de la Commission européenne) datant du 10 juillet 2007 : "l’U.E. est comparable à un Empire".

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   Sguin_2 Discours du 5 mai 1992 de M. Philippe Séguin à l’Assemblée Nationale Il s'exprimait dans le cadre d'une exception d'irrecevabilité déposée par lui et plusieurs de ses collègues sur le projet de loi constitutionnelle préalable à la ratification du traité de Maästricht :

q  « Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise les conséquences. »

q  « L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification même du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté,
Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat.

La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble.

Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même.

Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : «  Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. »
La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas.
Rappelons-nous d'ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que pu signi­fier pendant « le printemps de Prague» la doctrine de la souveraineté limitée, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée», « la souveraineté limitée» sont autant d'expressions pour signifier qu'il n'y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s'imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l'échelon national, on passe clairement de la concertation à l'intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d'États fondée sur la coopération intergouverne­mentale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux États.»

q  « Mettons à part le traité instituant la Communauté euro­péenne du charbon et de l'acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d'une idéologie dirigiste et planifi­catrice, et qui s'est d'ailleurs soldé par un échec total, si l'on en juge par ce qui reste aujourd'hui de la sidérurgie euro­péenne ! »

q  « On connaît l'argument: il nous faut faire l'Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi! Comme si le respect des souverainetés interdi­sait la coopération, l'ouverture, la solidarité! Comme si les États souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi!

C'est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un État peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d'autres. La querelle n'est pas pure­ment sémantique. C'est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d'être récupéré lorsque la délégation n'est plus conforme à l'intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C'est tout autre chose que d'opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un État à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix.

La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s'accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu'il oblige à prolonger la négociation jus­qu'au consentement général des États. C'est d'ailleurs sur cette philosophie qu'était fondé, j'y reviens, le fameux com­promis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n'a pas  empêché, bien au contraire, le développement d'une politique agricole commune.

On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-­mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples.
D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les États fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédéra­tion. On sait comment aux États-Unis les États du Nord ont interprété ce droit quand les États du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu'il veut dire en Yougos­lavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l'oc­currence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu'elle ne sera bientôt plus qu'un solution illusoire.

Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n'aurait pas plus de marge de manœuvre que n'en ont aujourd'hui l'Ukraine et l'Azerbaïdjan.

Certains s'en accommodent. Quant à moi, Ce n'est pas l'avenir que je souhaite à mon pays. D'ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d'ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s'applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurispru­dences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil État admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d'une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu'il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n'a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inac­ceptables pour la France.

Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en pre­nant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous?

Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu'il ne veut pas censurer la loi, s'arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable? La République, ce n'est pas une justice aux ordres : mais ce n'est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s'agit de juges européens qui font parler l'esprit des traités !

Bientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine commu­nautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législa­teur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants. »

q  « Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescrip­tible à choisir son destin.

On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ?

Alors, si nous organisons l'Europe, organisons-la à partir des réalités. Et les réalités, en Europe, ce sont toutes les nationalités qui la composent.

Comment allons-nous articuler la construction de l'Europe avec ces données de faits qui plongent si profond dans le passé et dans l'inconscient collectif ? Comment allons-nous bâtir un système de coopération assurant la paix et la prospé­rité sans négliger ces réalités nationales dont les mouvements ne nous paraissent parfois imperceptibles que parce qu'ils appartiennent à la très longue durée? Voilà qui devrait tout naturellement être l'objet d'un vrai et grand débat public.

Mais, constatons-le, ce débat ne s'engage pas vraiment. On se contente de faire dans l'incantation : "c'est beau, c'est grand, c'est généreux, Maastricht!" Ou dans la menace à peine voilée : "Maastricht ou le chaos! Si vous ne votez pas Maastricht, vous ne serez jamais ministre !" »

Vive la République française !

P.S. :Mf

  • Pierre Mendès France, prenant position, le 18 janvier 1957, à l' Assemblée nationale contre le traité de Rome, déclara : " L'abdication d'une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d'une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot nationale et internationale."espace pour la mise en page
  • Jean-Pierre Chevènement en 2006 : "Seules des nations conscientes d'elles-mêmesChevnement  sont en mesure de contrôler l'exercice démocratique des compétences qu'elles peuvent, le cas échéant, déléguer...Privé de sa souveraineté, un peuple cesse d'exister comme peuple au sens républicain du terme. On peut admettre une "délégation de compétences" dès lors que ces compétences ont été strictement définies, qu'elles restent démocratiquement contrôlées par les peuples et leurs représentants légitimes."

"Une nouvelle vassalité"

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  André Bellon

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   André Bellon est l'auteur de plusieurs essais. Il a publié dernièrement Pourquoi je ne suis pas altermondialiste et a contribué à l'ouvrage collectif Mémento du républicain.

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La quatrième de couverture de son livre Une nouvelle vassalité. Contribution à une histoire politique des années 1980 (édition Mille et une nuits, Paris, 2007):e pour la mise en

" J’ai vécu, pour ma part, le moment historique des années 1980 à un bon poste d’observation. Douze ans député, puis deux ans président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, j’ai pu analyser les gestes, les déclarations, les attitudes de nombreux acteurs importants de ce moment de rupture, avant et après 1983.

   Si j’ai décidé d’écrire cet ouvrage, ce n’est pas pour expliquer une fois de plus les nouvelles relations sociales, économiques ou politiques construites au cours des années 1980. C’est pour décrire comment des esprits de gauche, pourtant préparés avant 1981 à une explosion de liberté, se sont lentement mais sûrement soumis à une nouvelle suzeraineté qui perdure aujourd’hui. Nous, élus des années 1980, sommes collectivement coupables d’avoir participé à un jeu politique perverti. Combien exprimèrent-ils leur réprobation d’une politique contraire aux principes affichés ? Que sont devenues les moeurs politiques et les principes républicains censés les régir ? Et la liberté de penser ? Les citoyens ont trop vite et trop bien intégré l’idée qu’aucune autre politique n’est possible. Il fallait se soumettre au nouvel ordre mondial.

   Certains jugeront le terme de vassalité excessif. Il m’arrive de le trouver trop faible. Voici ma modeste contribution à l’histoire politique des années 1980." André Bellon

P.S. :

L'invention française du Suffrage universel

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Frédéric Sorrieu, "Le Suffrage universel dédié à Ledru-Rollin", 1848.

Voir l'analyse du document

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   Après le Consulat, le Premier Empire, La Restauration, La Monarchie de Juillet, en février 1848 du 22 au 24, une révolution se déclencha à Paris à la suite de l'interdiction d'un banquet. Le roi Louis-Philippe 1er abdiqua.

   Le 25 février, le gouvernement provisoire fut formé et la Deuxième République fut proclamée. Le 28 février, les Ateliers nationaux pour les chômeurs furent ouverts. Courant février-mars, la liberté d'expression fut rétablie. Le 2 mars, la République institua la limitation de la journée de travail. Le 5 mars, le suffrage universel pour les élections fut rétabli. En effet, l'élection de la Convention en 1792 s'était faite pour la première fois dans l'histoire nationale au suffrage universel (1). Les 23 et 24 avril 1848, l'élection de l'Assemblée constituante eut lieu et j'ai souhaité vous donner un texte d'Alphonse de Lamartine relatant cette journée historique pour l'humanité car la France fut le premier Etat de la planète à s'engager dans la voie du suffrage universel. Toutefois, il fallut attendre 1944 pour qu'en France le suffrage universel inclue les femmes.

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Portrait de Lamartine par Théodore Chassériau (1844)

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   " Au lever du soleil, les populations recueillies et émues de patriotisme se formèrent en colonnes à la sortie des églises, sous la conduite des maires, des instituteurs, des juges, des citoyens influents, et s'acheminèrent par villages et par hameaux aux chefs-lieux d'arrondissement. Il déposèrent dans les urnes les noms des hommes dont l'honnêteté, les lumières, la vertu, le talent et surtout la modération, leur inspiraient le plus de confiance pour le salut et l'avenir de la République. Il en fut de même dans les villes. On voyait les citoyens riches et pauvres, propriétaires ou prolétaires, sortir un à un du seuil de leurs maisons ; avec recueillement et sérénité, ils portaient leur suffrage écrit au scrutin, le déposaient dans l'urne et revenaient avec la satisfaction peinte sur les traits, comme d'une pieuse cérémonie."

Alphonse de Lamartine, Histoire de la révolution de 1848, 1849.

P.S. :

  • Une invitation à voir la note "Lamartine contre la peine de mort".
  • Une invitation à voir la note  "Lamartine choisit le drapeau tricolore".
  • (1) Voir l'extrait qui suit du livre "La Révolution française (1789-1799)" de Michel Vovelle, ancien directeur de l'Institut d'Histoire de la Révolution : " L'élection d'une Convention, assemblée chargée de doter la France d'une nouvelle Constitution, avait été décidée le 10 août ; elle se substitue le 20 septembre à la Législative. Pour la première fois dans l'histoire nationale, ce scrutin à deux degrés s'est fait au suffrage universel : mais il est vrai qu'un dixième seulement du corps électoral (700 000 sur 7 000 000) participa au scrutin."

Lire la suite "L'invention française du Suffrage universel" »

«Ouvrez une école, vous fermerez une prison»

(Victor Hugo)

   A l'issue du séminaire gouvernemental sur le budget 2008, M. Fillon a indiqué l'ouverture de 9 nouvelles prisons cette année. Il avait déclaré auparavant que le secteur de la justice "bénéficiera de 1 600 créations d'emplois pour l'ouverture de nouveaux établissements pénitentiaires afin de résorber la surpopulation carcérale". Effectivement, sous l'ère Sarkozy en tant que ministre de l'Intérieur, la population carcérale a explosé et comme le soulignait l'éditorial du Monde du 07/07/07, "la France ne cesse de battre ses propres records en matière de population carcérale (...) Le tournant répressif engagé en 2001 a conduit en cinq ans, 10 000 personnes supplémentaires derrière les barreaux". M. Sarkozy et ses acolytes n'ont pas dû beaucoup lire Victor Hugo dans leur jeunesse...

   J'ai souhaité vous redonner le bel article de Bernard Ollivier, écrivain et président de l'association Seuil pour la réinsertion de jeunes en grande difficulté, publié le 9 mai 2007 dans Libération.

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Titre de l'article : " Fermer les écoles, ouvrir les prisons ? "

   " La peur des jeunes a dominé la campagne présidentielle de 2002. Elle revient peser sur le débat. Avec d'autant plus d'acuité que, comme le montre la fusillade de Blacksburg en Virginie, la violence des adolescents ignore les limites. Mais la prison est-elle la solution ?

   Voici quelques semaines, le ministre de la Justice inaugurait une des principales nouveautés de la législature qui s'achève : un établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM). Le prochain ministre de la Justice, quel qu'il soit, aura «l'honneur» d'inaugurer d'ici à la fin de 2008 six autres EPM durant la prochaine mandature. Et s'il en a le temps, il pourra aussi présider à l'ouverture de quarante centres éducatifs fermés. La machine à réprimer continue de broyer les adolescents que la vie a marginalisés. Voici revenu, au nom de la modernité, le temps des bagnes d'enfants, arrangés au goût du jour avec une promesse «éducative». Pourtant, chaque juge, chaque éducateur sait que la seule éducation carcérale est la violence. «Ouvrez une école, vous fermerez une prison», a dit Victor Hugo. Depuis cinq ans, nous faisons exactement le contraire. Quelle en sera la conséquence ? Dans la Condition humaine, Malraux affirme que «quand les hommes sortent de prison, leur regard ne se pose plus» . Que dire du regard des enfants qui sortiront des EPM...

   Une élection présidentielle indique vers quel type de société nous voulons aller. Les choix de 2002 ont été résolument orientés vers la répression. Avec aux commandes Dominique Perben assisté de Pierre Bédier, alors secrétaire d'état aux Programmes immobiliers de la justice, en d'autres termes constructeur en chef de prisons, nous sommes sans doute la seule démocratie occidentale qui ait fait le choix de spécialiser un ministre pour une cause aussi exécrable. L'équipe a parfaitement rempli sa mission. En cinq ans, la capacité d'incarcération des mineurs aura été multipliée par deux. Si Nicolas Sarkozy donne suite à ses projets ­ la peine plancher et l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans ­, les policiers et les gardiens de prison ne risquent pas le chômage.

   Dans le nord de l'Europe, on construit une société de l'espoir. Allons-nous nous distinguer en édifiant une société à l'américaine, dominée par la peur, le rejet des autres, la contrainte et l'illusion trompeuse, et démentie par les chiffres, que la «tolérance zéro» signifie la fin des violences ? Au contraire ; aux Etats-Unis, 90 personnes sont tuées par balle chaque jour. Pourtant, la répression carcérale y est plus féroce que partout ailleurs. Dans le monde, un prisonnier sur quatre est américain. S'il faut une preuve supplémentaire que la peine de prison n'est pas plus dissuasive que la peine de mort, il faut aller la chercher outre-Atlantique.

   Presque tous ceux de la bande des quatre candidats les plus susceptibles d'atteindre la demi-finale ont surfé sur la peur, en particulier des jeunes. Prison ou encadrement militaire, voici la perspective qui leur est offerte. Quel avenir offrir à une société dans laquelle s'est installée la notion simpliste que tout jeune est un danger virtuel ? Pour avoir posé la question, Michèle Alliot-Marie s'est fait huer par les militants de l'UMP.

   Il n'y a pas de gène de la criminalité. Aucun jeune, quelles que soient les difficultés qu'il affronte, n'est perdu pour la société. A la condition qu'on lui ouvre un avenir d'espoir. Je rêve d'une société de la main tendue. Avec les bénévoles de l'association Seuil, nous  emmenons des jeunes promis à la prison marcher 2 000 kilomètres dans des pays étrangers et se reconstruire sur des chemins de liberté. L'épreuve est difficile, mais elle est prometteuse. Et surtout moins coûteuse humainement et financièrement que la déshumanisation de la cellule et les 900 euros quotidiens que coûte l'incarcération d'un gamin. Seuil n'est qu'une solution. D'autres sont à inventer. 

   Cette société de l'espoir n'est pas du seul ressort des candidats à l'élection présidentielle. Elle est dans la volonté collective de chacun de nous de se tourner vers l'éducation, l'égalité des chances. Avec la série d'élections qui se présentent à nous, chaque électeur tiendra dans sa main le bulletin qui permettra de vider les prisons... ou de les remplir. "

Bernard Ollivier

P.S. :

M. Sarkozy continue la grande braderie nationale

   Le 11 juillet 2007, à travers l'article de Philippe Mesmer "Au Japon, les fonds d'investissement étrangers ne sont pas bienvenus", journal Le Monde, j'ai  obtenu une information intéressante : "...le Japon reste un marché très protégé, où les investissements étrangers ne représentent pas plus de 2,4 % de l'économie, contre 47,4 % en France."

   Cet article a été écrit suite à " l'échec cinglant du raid lancé par le fonds d'investissement américain Steel Partners sur le fabricant nippon de condiments Bulldog Sauce ". La Cour d'appel de Tokyo a précisé que le fonds " avait montré que son principal objectif était d'empocher des profits par des transactions financières et, éventuellement, par la cession des actifs de la société ". Qualifiant Steel Partners d' "acquéreur abusif", elle a rappelé que " le profit est généré par des activités économiques impliquant, entre autres, les salariés et les consommateurs ". Au Japon, selon M. Mesmer," en juin, les assemblées générales des actionnaires ont, dans leur grande majorité, rejeté les propositions émises par ces fonds venus d'ailleurs, qu'ils concernent une hausse des dividendes ou encore des nominations aux conseils d'administration. Steel Partners, mais aussi Brandes Investment Partners ou Safe Harbor Investment ont ainsi essuyé des échecs ".

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en Charles McCreevy, commissaire européen

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   En France, une telle démarche est aujourd'hui impossible. En effet, selon la Commission de Bruxelles, la France n'a pas le droit de limiter les investissements étrangers. (voir la note à ce sujet).

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Pierre Mendès France espace pour la mise en pageespace pour la mise en page

   Quels en sont les risques ? Pour le savoir, je vous invite à lire la note "La dangerosité des multinationales selon Mendès France" dans laquelle vous trouverez des éléments intéressants qui laissent parfaitement entrevoir les dangers lorsque des entreprises dépendent d'autorités lointaines. Les investisseurs étrangers obéissent à deux mots : rentabilité et productivité. Ils recherchent le profit maximal -pour les grands actionnaires et non pour les salariés- et à l'instar d'Ignaciot Ramonet, je rajouterai que cette obsession les conduit à produire là où les coûts salariaux sont les plus faibles aboutissant éventuellement à des délocalisations.

   Mais, malheureusement, la recherche du profit maximal pour les grands actionnaires au détriment des salariés n'est pas simplement du fait des investisseurs étrangers. Pierre Mendès France tenait les propos suivants en 1974 : " Certains groupes français se prêtent, en effet, plus facilement à des arrangements et à des compromis avec des capitalistes américains qu'à des disciplines et à des adaptations découlant des besoins sociaux ou du progrès collectif ; le C.N.P.F. -aujourd'hui devenu le M.E.D.E.F.-, qui s'est élevé avec tant de hauteur contre les interventions de l'Etat et du Plan dans le domaine industriel, n'a jusqu'ici exprimé aucune inquiétude à l'égard des interventions financières du dehors ! ".

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   Le M.E.D.E.F. n'est plus seul...M. Sarkozy l'accompagne dorénavant dans cette démarche. En effet, le 29 juin dernier, une conférence à La Baule est passée inaperçue sur le plan médiatique et pourtant l'information me semble majeure. M. Fillon, l'acolyte de M. Sarkozy, a prononcé un discours -qui plus est en anglais- dans lequel il a annoncé la promesse du gouvernement de favoriser l'investissement étranger en France en réformant la fiscalité et le droit social.

   Morceaux choisis des déclarations de M. Fillon lors de la clôture de la conférence sur l'investissement en France à La Baule, en Loire-Atlantique : " Nous allons lever tous les handicaps. Nous allons agir à l'automne dans des domaines qui vous tiennent particulièrement à coeur : la fiscalité, le droit au travail " ; " La France n'est pas suffisamment active. Elle travaille moins que les autres pays européens " ; " Son droit social doit être modernisé, simplifié et sécurisé ".

   Oui, la grande braderie nationale continue...Une véritable fuite en avant. Je terminerai en vous invitant à lire la note "La nouvelle colonisation" qui met en lumière le fait que ce phénomène va bien au delà du simple cadre français.

P.S. :

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L'expansion territoriale des U.S.A.

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