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« septembre 2007 | Accueil | novembre 2007 »

Quand mondialisation rime avec exploitation et colonisation

   Au XXe siècle, une "grande âme" en Inde a fait plier un Empire. Bien entendu, je fais référence au Mahatma Gandhi et à l'Empire britannique. Que penserait aujourd'hui Gandhi  s'il voyait l'exploitation des enfants dans son pays au profit d'un représentant d'un autre empire, celui de l'Empire américain (1) ? Gap

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   En effet, dans son édition du 28 octobre 2007, l'hebdomadaire britannique The Observer a révélé que des sous-traitants indiens du géant américain du prêt-à-porter Gap font travailler des enfants. Je vais vous donner dans quelques lignes certains extraits de l'article de ce quotidien britannique, mais avant, je souhaiterai faire quelques remarques.

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Gandhi avec des ouvrières du textile à Darwen, Lancashire, Angleterre, le 26 novembre 1931

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   Tout d'abord, faire un petit rappel historique de certaines idées de Gandhi. Il pouvait admirer les avancées technologiques et le bien être économique que donnait la civilisation occidentale moderne, mais pointait également ses lacunes et les nouveaux risques et besoins qu'elle apportait à l'individu. Dans son livre Hind Swaraj or Indian home rule (trad. fr. Leur Civilisation et notre délivrance) où il fit la critique du développement et de la notion même de civilisation telle qu'idéalisée par la Grande-Bretagne et les occidentaux, Gandhi montre que chaque progrès réalisé d'une part correspond à une aggravation des conditions de vie de l'autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la spiritualité, qu'elle crée de nouveaux besoins liés à l'argent et impossibles à satisfaire, qu'elle accroît les inégalités et voue à l'esclavage une grande partie de l'humanité. Pour lui, ce type de civilisation est sans issue (2) : " Cette civilisation est telle que l'on a juste à être patient et elle s'autodétruira ". La mécanisation et la mondialisation des échanges était pour lui un désastre pour l'Inde (les filatures de Manchester avaient fait disparaître l'artisanat indien) (3). Dans les années 1920, Gandhi étendit son principe de non-violence et sa politique de boycott aux marchandises étrangères, spécialement les produits anglais. Lié à cette politique, il demanda que le khadi (vêtement fait maison) soit porté par tous les Indiens au lieu des textiles britanniques. Riches ou pauvres, hommes ou femmes, devaient filer chaque jour afin d'aider le mouvement d'indépendance de l'Inde par rapport à l'Empire britannique (4). Gandhi porta le dhoti non seulement en signe de simplicité mais aussi parce que cet habit, filé de ses mains, constituait pour lui une garantie de ne pas cautionner l'exploitation d'ouvriers britanniques ou indiens dans des filatures industrielles.Nike

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   Ensuite, ce n'est pas la première fois qu'à la face du monde nous est dévoilé cet aspect caché de la mondialisation. Souvenez-vous du système Nike relaté par Jean-Charles Champagnat (voir le système Nike) il y a quelques années. Des "affaires de ce type-là" font l'actualité quelques jours pour être oubliées très rapidement par "les consommateurs".

   De plus, il me semble évident de souligner que les grands capitalistes américains ne sont certainement pas les seuls à exploiter les plus démunies en Inde (ou ailleurs). Quelques grands capitalistes européens et en particulier français -malheureusement- doivent en faire autant. En 1974, Pierre Mendès France, l'un de nos plus grands républicains, soulignait la connivence entre certains groupes français et les capitalistes américains (5).

   D'ailleurs, Pierre Mendès France était contre l'américanisation ou l'européanisation du monde : " Les fournitures et les prestations que nous pouvons mettre à la disposition des pays sous-développés, c'est à eux de les déterminer. Il ne s'agit pas d'américaniser ou d'européaniser telle république africaine ou d'organiser l'évolution des plus déshérités vers un modèle occidental unique ; il faut permettre à tous de progresser selon leurs conceptions, leur culture et leurs aspirations. Il en résultera une nouvelle sorte de rapports internationaux dans lesquelles les pays en cause ne seraient plus complexés et aliénés, parce que maintenus sous la domination des plus forts, y compris la domination culturelle. L'Europe et l'Amérique du Nord essayant encore, consciemment ou non, de maintenir leur suprématie, la transformation s'opère contre elles : Mossadegh, Castro, Allende, voilà les figures qui ont personnifié, chacune à sa manière, un combat qui a, de plus en  plus, mis en cause les structures en place par les nationalisations, les réformes, la création d'unités économiques régionales et, en dernier lieu, la coalition des Etats producteurs de pétrole, depuis le golfe Persique et la Méditerranée jusqu'au Pacifique...Ce n'est pas fini. " " Pour en terminer avec le tiers-monde, je veux surtout réaffirmer que nous n'avons pas à imposer à deux milliards d'hommes de cette planète (et qui seront bientôt plus nombreux encore) nos principes et nos doctrines, comme le prétendent et les colonialistes (nouvelle manière) et les gauchistes, chacun à leur façon. Ces hommes ont le droit de décider eux-mêmes de ce que seront leur vie et leurs orientations. " (6)

   Cette "affaire Gap" dans laquelle certains verront -volontairement ou non- un simple fait divers, rentre en fait dans un cadre beaucoup plus général. La mondialisation rime non seulement avec exploitation, mais aussi avec colonisation (voir la note "La nouvelle colonisation"). Gandhi mena non seulement une campagne nationale pour l'aide aux pauvres, pour la libération des femmes indiennes, pour la fraternité entre les communautés de différentes religions ou ethnies, pour une fin de l'intouchabilité et de la discrimination des castes, et pour l'autosuffisance économique de l'Inde, mais surtout le Swaraj -l'indépendance de l'Inde de toute domination étrangère. Aujourd'hui, nous sommes passés du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes au droit des investisseurs à disposer des peuples !

Enfin, à la lecture de l'article qui va suivre, article déchirant et insoutenable, il me semble que nous, citoyens de la République française -ce qui l'en reste tout du moins...-, nous devrions tous ensemble réagir. Sous quelle forme d'action ? J'ouvre le débat. Quand j'entends action, ce n'est pas simplement dénoncé l'exploitation des plus faibles en Inde ou ailleurs ; non, c'est être capable d'entreprendre des actions comme Gandhi, peut-être pas totalement similaire, mais c'est le débat qui s'ouvre à nous.Travailusine19e_2

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Travail en usine avec des enfants au XIXe siècle, grand siècle d'expansion coloniale.

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Extraits de l'article de Dan McDougall, The Observer :

" Amitosh est concentré, il tire sur les boucles de fil pour les faire passer à travers de petites perles et paillettes en plastique qu'il coud sur des vêtements pour bébés. Dégoulinant de sueur, il a les cheveux recouverts d'une fine couche de poussière. En hindi, son nom signifie "bonheur". Le vêtement brodé à la main sur lequel il travaille avec sa toute petite aiguille porte le logo d'un géant international de la mode : Gap. Amitosh a 10 ans.

Les épreuves qu'a traversées ce jeune garçon, révélées à l'issue d'une enquête secrète menée par The Observer dans de petites rues de New Delhi, sont une conséquence tragique de la demande occidentale de vêtements bon marché. Cette enquête montre comment, malgré les systèmes d'audit social rigoureux lancés par Gap en 2004 pour éliminer le travail des enfants dans ses filières de production, des sous-traitants peu scrupuleux faussent le jeu. Lorsque Gap découvre qu'un enfant est employé par un sous-traitant pour fabriquer ses vêtements, ce sous-traitant doit le retirer de l'atelier, lui assurer l'accès à l'école, lui verser un salaire et lui proposer un nouvel emploi une fois qu'il est légalement en âge de travailler. Telle est la politique officielle de Gap. Elle est censée mettre fin à l'exploitation des enfants. Dans le cas d'Amitosh, elle n'a pas fonctionné. Vendu par sa famille l'été dernier, Amitosh travaille 16 heures par jour. Derrière lui, sur un tabouret en bois, il a posé tout ce qu'il possède : une BD à moitié déchirée, un canif, un peigne en plastique et une couverture déchirée à motifs éléphant.

J'ai été vendu au village de mes parents, dans l'Etat du Bihar [dans le nord de l'Inde], puis on m'a conduit en train à New Delhi, raconte-t-il. Les hommes sont venus nous chercher en juillet. Ils avaient des haut-parleurs à l'arrière de la voiture et ils ont dit à mes parents que s'ils m'envoyaient travailler en ville, ils n'auraient plus à travailler dans les fermes. Mon père a touché une petite somme pour me vendre, et j'ai été emmené avec quarante autres enfants. Le voyage a duré 30 heures, on ne nous a pas donné à manger. On m'a dit que je devais travailler pour rembourser ce que le propriétaire avait payé à mes parents. Tant que je n'aurai pas remboursé, je ne pourrai pas rentrer chez moi. Donc je travaille gratuitement. Je suis un shaagird [apprenti]. Le contremaître m'a expliqué que, comme j'étais en apprentissage, je n'étais pas payé. C'est comme ça depuis quatre mois."

L'atelier où travaillent Amitosh et cinq ou six autres enfants est crasseux, les excréments d'un WC bouché se répandent dans les couloirs. Derrière les gamins, d'énormes piles de vêtements Gap sont emballées dans des paquets en plastique portant les étiquettes d'emballage officielles. Les numéros de série sont ceux d'une nouvelle gamme que Gap prévoit de commercialiser pour les fêtes de fin d'année. Tout cela doit être exporté vers l'Europe et les Etats-Unis.

Jivaj est originaire du Bengale-Occidental. Il doit avoir environ 12 ans. Il a raconté à The Observer que certains des garçons de l'atelier avaient été battus. "Le travail est très dur et on nous frappe si on ne travaille pas suffisamment. On n'arrête pas de nous dire : ‘C'est une grosse commande de l'étranger.' La semaine dernière, j'ai passé quatre jours à travailler depuis l'aube jusqu'à environ 1 heure du matin du jour suivant. J'étais si fatigué que j'en avais la nausée", murmure-t-il, en larmes. "Si l'un d'entre nous pleurait, ils lui tapaient dessus avec un tuyau de caoutchouc. Certains des enfants étaient punis avec des chiffons graisseux enfoncés dans la bouche."

Manik, qui lui aussi travaille gratuitement, affirme avoir 13 ans. On a du mal à le croire. "Je suis content de travailler ici. Au moins, j'ai un endroit où dormir", explique-t-il en jetant un regard furtif derrière lui. "Le patron m'a dit que j'étais en apprentissage. C'est mon devoir de rester ici. J'apprends à être un homme et à travailler. Un jour, je gagnerai de l'argent et je pourrai acheter une maison pour ma mère."

La découverte de cet atelier où la main-d'œuvre est exploitée est une très mauvaise nouvelle pour Gap. La semaine dernière, un porte-parole de la société a reconnu que des enfants s'étaient malencontreusement retrouvés dans le processus de production. Plutôt que de risquer de vendre des vêtements fabriqués par des enfants, Gap s'est engagé à retirer des dizaines de milliers d'articles repérés par The Observer. Le géant du prêt-à-porter a passé d'énormes contrats en Inde, un pays qui affiche l'une des plus fortes croissances économiques du monde. Mais, depuis une décennie, ce pays est aussi devenu le champion du monde du travail des enfants. D'après les Nations unies, le travail des enfants représenterait 20 % du PNB indien, 55 millions d'enfants – âgés de 5 à 14 ans – étant employés dans divers secteurs d'activité." Source pour ces extraits du quotidien britannique : Courrier international, "l'enquête qui a fait plier Gap".

(1) Voir le dossier "L'Empire américain"

(2) Mahatma Gandhi, Hind Swaraj or Indian home rule (trad. fr. Leur Civilisation et notre délivrance) , chapitre VI

(3) Mahatma Gandhi, Hind Swaraj or Indian home rule (trad. fr. Leur Civilisation et notre délivrance) , chapitre XIX

(4) R. Gandhi, Patel : A Life, pp. 89

(5) Voir le dossier Pierre Mendès France

(6) Extrait du livre "Choisir" de Pierre Mendès France, conversations avec Jean Bothorel, le 8 janvier 1974

"Traité : le retour"

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par André Bellon

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Nicolas Sarkozy nous avait promis : " Je tiens compte du vote des Français ; il n'y aura qu'un mini traité technique ".

On sait ce que valent ses promesses. Mais là, il s'est surpassé. Le traité n'est pas mini du tout ; il est, à quelques éléments symboliques près, le jumeau du précédent ; certes, ce n'est plus une Constitution et c'est bien même s'il faut rappeler que la question était restée en suspens en 2005 ; certes, certains chapitres ont disparu, mais ils sont évoqués dans les annexes, ce qui leur donne la même force juridique que le corps du texte.

Le nouveau traité conserve donc la teneur du texte antérieur tout en le rendant encore plus illisible.

Fier de ce tour de force, Nicolas Sarkozy entend faire ratifier en urgence et par le seul Parlement.

La volonté populaire, clairement exprimée le 29 mai 2005, est considérée comme quantité négligeable, la démocratie est bafouée.

De façon ahurissante, les principaux dirigeants de la soi-disant opposition semblent, pour la majorité d'entre eux, trouver ce choix acceptable et légitime et ne pas vouloir s'y opposer avec fermeté. La "social-démocratie" n'est même plus démocrate.

Il ne saurait être question de transiger avec les principes fondamentaux des droits du peuple. Un vote a eu lieu. Il doit être respecté. Seul un nouveau vote populaire pourrait légitimer un nouveau traité.

Les instances politiques actuelles n'ont aucun droit à s'y substituer. Dans le cas contraire, il s'agirait d'un véritable coup d'Etat. Si, par malheur pour nos principes politiques, les dirigeants de ce pays persistaient dans leur volonté de passer en force, il est impératif, dans un souci démocratique qui doit être celui de tout citoyen :

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1/ de faire savoir aux parlementaires que leur vote favorable à ce "nouveau" traité les positionnera en adversaires de la volonté populaire et que les citoyens devront en tirer les conséquences lors des prochaines échéances électorales.

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2/ de se préparer à dénoncer dans toutes les prochaines élections et sous les formes les plus adaptées tous les élus qui auront soutenu ce coup de force.

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3/ de se rassembler pour imposer enfin de nouvelles règles du jeu politique contre des institutions et des pratiques qui ne représentent plus les électeurs et stérilisent tout débat politique sérieux. La nécessité d'une Assemblée constituante destinée à recréer un espace démocratique est, jour après jour, de plus en plus évidente.

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Contacter André Bellon : andre.bellon@polytechnique.org

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P.S. du canard républicain :

Lire la suite ""Traité : le retour" " »

Petite histoire d’un grand coup d’Etat

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Communiqué du Mouvement Jacobin :

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« L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale. » (Pierre Mendès France, Pour une République moderne 1955-1962, Gallimard, p.274)

Le 15 décembre 2001, le Conseil européen crée une Convention. Sa mission est de rédiger un Traité instituant une Constitution pour l’Europe. Elle est présidée par Valéry Giscard d’Estaing.

Le 28 février 2002, la Convention commence à rédiger le Traité constitutionnel.

Le 18 juillet 2003, la Convention a fini ses travaux. Valéry Giscard d’Estaing remet un projet de Traité constitutionnel à la présidence italienne du Conseil européen.

Le 29 octobre 2004, le Traité constitutionnel est signé par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne. En France, l’écrasante majorité des députés et des sénateurs se prononce en faveur du Traité constitutionnel.

Le 29 mai 2005, le Traité constitutionnel est rejeté par 55 % du peuple français, consulté par référendum.

Le 19 octobre 2007, les chefs d’Etat et de gouvernement adoptent un nouveau texte pour remplacer le Traité constitutionnel. En France, l’écrasante majorité des députés et des sénateurs se prononce en faveur du texte adopté. Sur son site internet, Valéry Giscard d’Estaing écrit : « Le texte adopté reprend l'essentiel des dispositions du Traité constitutionnel. »

Or, le texte adopté ne sera pas soumis à référendum ! Le gouvernement s’engage à le faire ratifier très rapidement par le Parlement convoqué en Congrès à Versailles.

Nous, simples citoyens français, demandons que le nouveau traité européen soit soumis à référendum. Si le nouveau traité européen était ratifié par le Parlement, il n’aurait aucune légitimité démocratique. Il confirmerait le caractère anti-démocratique de la construction européenne. Il serait considéré comme le résultat d’un grand coup d’Etat : le gouvernement violerait les droits du peuple français.

La disparition des abeilles. "Un monde sans fruits ni légumes ?"

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Entretien avec Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA

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" Sur l'ensemble de la planète, les abeilles sont en déclin (Le Monde du 30 août). Ces pollinisatrices essentielles peuvent-elles disparaître ?

Il y a cinq ans, j'aurais considéré cette hypothèse comme totalement futuriste. Aujourd'hui, je la prends au sérieux, car le déclin se mesure désormais à l'échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l'abeille domestique.

Sur tous les continents, et de plus en plus souvent, les productrices de miel meurent dans des proportions trop importantes à la sortie de l'hiver. En Europe, nombre d'apiculteurs ont dû mettre la clé sous la porte. Aux Etats-Unis, où l'on parle d'un "syndrome d'effondrement des colonies", 25 % du cheptel aurait disparu pendant l'hiver 2006-2007. En ce qui concerne les abeilles sauvages (soit mille espèces différentes en France), le doute a subsisté plus longtemps. Mais le débat a été récemment tranché par deux publications scientifiques. La première, parue dans Science en juillet 2006, démontre que les populations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont considérablement baissé depuis la fin des années 1970. La seconde, émanant de l'Académie des sciences des Etats-Unis, concluait en octobre 2006 au déclin significatif des pollinisateurs en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique).

S'il n'y a plus d'abeilles dans le monde, que se passera-t-il ?

Un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Actuellement, plus de 80 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde et 80 % également des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation par les insectes : des abeilles, pour l'essentiel. Le plus souvent, d'autres agents, comme le vent ou l'autopollinisation passive, contribuent également à leur reproduction sexuée. Mais, sans les butineuses, la plupart des cultures n'atteignent plus une production satisfaisante. C'est le cas de nombreuses espèces sauvages (romarin, thym, lavande, moutarde), des arbres fruitiers (pommiers, poiriers, abricotiers, amandiers), des grandes cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses, des cultures maraîchères (cucurbitacées, tomates, fraises). Et aussi des semences de crucifères (radis, choux, navets), d'ombellifères (carottes, céleri, persil) et d'alliacées (oignons, poireaux). Difficile d'imaginer un repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près !

Un monde sans fleurs, sans fruits ni légumes, est-ce cela qui nous menace ?

Il y a un an, une étude internationale a évalué, pour la première fois à cette échelle, la dépendance aux pollinisateurs de la production agricole mondiale. Elle s'est intéressée aux 115 cultures les plus importantes, directement utilisées pour l'alimentation humaine dans plus de 200 pays. Conclusion : rapportée au tonnage, 35 % de la production de nourriture dépend des insectes.

Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie donc pas que l'espèce humaine mourra de faim, puisque 60 % des cultures - principalement les céréales comme le blé, le maïs et le riz - ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée.

Pourra-t-on suppléer, par la technique ou l'élevage, à l'absence des pollinisateurs naturels ?

Aucune des solutions envisagées n'est satisfaisante. Polliniser les cultures par des espèces d'élevage, comme on le fait déjà avec des bourdons pour les tomates sous serre ? Peu réaliste en plein champ. Les polliniser manuellement, à l'instar de ce qui est mis en oeuvre pour la vanille ? Non rentable à grande échelle. Augmenter techniquement la pollinisation par le vent ? Plusieurs entreprises s'y sont déjà essayées dans le monde, qui avec des hélicoptères, qui avec des machines secouant les plantes... Mais aucune méthode n'a jamais été retrouvée sur le marché.

Dans certains cas, d'autres espèces pollinisatrices - des mouches, par exemple - viendront peut-être remplacer les abeilles. Et certaines variétés végétales, moins dépendantes des insectes que celles que nous avons sélectionnées depuis des siècles, prendront peut-être leur essor. Enfin, certaines cultures peuvent produire des fruits sans fécondation, soit de façon spontanée (la banane), soit grâce à la pulvérisation d'hormones spécifiques (tomate, courgette). Mais ces techniques sont loin d'être applicables à toutes les espèces, et les conséquences sur la qualité gustative des fruits sont parfois catastrophiques.

Que faire pour tenter d'enrayer le déclin des abeilles ?

Les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et, surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l'a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l'abeille domestique.

Comment agir ? En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l'utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l'on prend des mesures plus efficaces d'un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l'usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu'elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité.

Dans le cadre du programme de recherche européen Alarm sur la biodiversité, votre équipe est chargée d'évaluer l'impact agronomique et économique des pollinisateurs sur l'agriculture européenne. Quelles sont les premières conclusions de cette étude ?

Il apparaît que l'impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de l'agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés. "

Propos recueillis par Catherine Vincent

Article du Monde du 14/10/07 : "Un monde sans fruits ni légumes ?"

  • P.S. : une invitation à voir le poème "L'abeille " de Paul Valéry

Discours de Robespierre contre la guerre

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Anonyme, École française du XVIIIe siècle, Portrait de Maximilien Robespierre, musée Carnavalet, Paris.

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  • Extrait de son premier discours au club des jacobins sur la guerre, le 2 janvier 1792 :

" La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d'un politique est de croire qu'il suffise à un peuple d'entrer à main armée chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n'aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c'est de les repousser comme des ennemis."

  • Extrait d'un de ses discours contre la guerre (hiver 1792) :

" La guerre est toujours le premier voeu d'un gouvernement puissant qui veut devenir plus puissant encore. Je ne vous dirai pas que c'est pendant la guerre que le ministère achève d'épuiser le peuple et de dissiper les finances, qu'il couvre d'un voile impénétrable ses déprédations et ses fautes : je vous parlerai de ce qui touche plus directement encore le plus cher de nos intérêts. C'est pendant la guerre que le pouvoir exécutif déploie la plus redoutable énergie, et qu'il exerce une espèce de dictature qui ne peut qu'effrayer la liberté naissante ; c'est pendant la guerre que le peuple oublie les délibérations qui intéressent essentiellement ses droits civils et politiques pour ne s'occuper que des événements extérieurs, qu'il détourne son attention de ses législateurs et de ses magistrats pour attacher tout son intérêt et toutes ses espérances à ses généraux et à ses ministres, ou plutôt aux généraux et aux ministres du pouvoir exécutif. C'est pour la guerre qu'ont été combinées, par des nobles et par des officiers militaires, les dispositions trop peu connues de ce code nouveau qui, dès que la France est censée en état de guerre livre la police de nos villes frontières aux commandants militaires, et fait taire devant eux les lois qui protègent les droits des citoyens. C'est pendant la guerre que la même loi les investit du pouvoir de punir arbitrairement les soldats. C'est pendant la guerre que l'habitude d'une obéissance passive, et l'enthousiasme trop naturel pour les chefs heureux fait, des soldats de la patrie, les soldats du monarque ou de ses généraux. Dans les temps de troubles et de factions, les chefs des armées deviennent les arbitres du sort de leur pays, et font pencher la balance en faveur du parti qu'ils ont embrassé. Si ce sont des Césars ou des Cromwells, ils s'emparent eux-mêmes de l'autorité. Si ce sont des courtisans sans caractère, nuls pour le bien, mais dangereux lorsqu'ils veulent le mal, ils reviennent déposer leur puissance aux pieds de leur maître, et l'aident à reprendre un pouvoir arbitraire, à condition d'être ses premiers valets."

(Source pour ce deuxième extrait : cité par J. Godechot, La Pensée révolutionnaire, Paris, Armand Colin, coll. "U", 1964, p. 180-181.)

L'abeille de Paul Valéry

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autoportrait de Paul Valéry (1871-1945)mise en pagepagepourespace pour la mise en

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Quelle, et si fine, et si mortelle,

Que soit ta pointe, blonde abeille,

Je n'ai, sur ma tendre corbeille,

Jeté qu'un songe de dentelle.

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Pique du sein la gourde belle,

Sur qui l'Amour meurt ou sommeille,

Qu'un peu de moi-même vermeille

Vienne à la chair ronde et rebelle :

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J'ai grand besoin d'un prompt tourment :

Un mal vif et bien terminé

Vaut mieux qu'un supplice dormant :

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Soit donc mon sens illuminé

Par cette infime alerte d'or

Sans qui l'Amour meurt ou s'endort !

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Paul Valéry, Charmes

P.S. :

  • "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles."
Œuvres I (1924), Paul Valéry, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1957, chap. La crise de l'Esprit, p. 988
  • "À cause des sangs très disparates qu'elle a reçus, et dont elle a composé, en quelques siècles, une personnalité européenne si nette et si complète, productrice d’une culture et d’un esprit caractéristiques, la nation française fait songer à un arbre greffé plusieurs fois, de qui la qualité et la saveur de ses fruits résultent d’une heureuse alliance de sucs et de sèves très divers concourants à une même et indivisible existence."

Regards sur le monde actuel, Paul Valéry, éd. Stock, 1931, chap. Introduction aux images de la France, p. 35
  • « La guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui, eux, se connaissent mais ne se massacrent pas »

  • Sous l'Occupation, Paul Valéry, refusant de collaborer, perdit son poste d'administrateur du Centre universitaire de Nice. Il mourut le 20 juillet 1945, quelques semaines après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après des funérailles nationales à la demande de Charles de Gaulle, il fut inhumé à Sète, au cimetière marin qu'il avait célébré dans son poème :
Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes…

Lire la suite "L'abeille de Paul Valéry" »

"Selon les Nations unies, la privatisation des marchés serait le pire scénario pour l'écologie"

Geo Rapport GEO du PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement)

" L'avenir écologique de la planète dépend directement des choix politiques qui seront effectués : jamais cette évidence n'avait été soulignée nettement par une instance des Nations unies. C'est chose faite : le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) affirme dans un épais rapport, dit "GEO 4" (www.pnue.org), publié jeudi 25 octobre, que la privatisation généralisée des ressources et des services serait le plus mauvais scénario du point de vue de l'environnement.

C'est la conclusion d'une démarche originale de scénarisation des avenirs possibles en fonction des types de politiques mises en place, menée ces deux dernières années par des groupes internationaux d'experts. Point de départ de ce travail de modélisation : la crise écologique majeure que connaît d'ores et déjà la planète.

En actualisant la description par de nombreuses sources, le rapport du PNUE synthétise le mouvement de dégradation du climat, de la biodiversité, de la santé des sols, des ressources en eau... Il souligne la rétraction des ressources disponibles par habitant : la surface de terre disponible pour chaque humain est ainsi passée de 7,91 hectares en 1900 à 2,02 en 2005.

La rapidité du phénomène est soulignée : l'étendue et la composition des écosystèmes terrestres "sont modifiées par les populations à une vitesse sans précédent". Les experts insistent sur la notion de seuil : "Les effets cumulés de changements continus dans l'environnement peuvent atteindre des seuils qui se traduisent par des changements brutaux" et irréversibles. Cette idée de "points de basculement" ne s'applique pas seulement au changement climatique, mais aussi aux phénomènes de désertification, de baisse des nappes phréatiques, d'effondrement d'écosystèmes, etc.

POINTS DE BASCULEMENT

La poursuite des trajectoires actuelles conduit inéluctablement à ces points de basculement, indique le PNUE. C'est là que le travail de modélisation intervient. Les experts ont défini quatre scénarios, selon le type de politique suivie. Dans le premier, l'Etat s'efface au profit du secteur privé, le commerce se développe sans limite, les biens naturels sont privatisés. Le deuxième scénario se base sur une intervention centralisée visant à équilibrer une forte croissance économique par un effort pour en limiter les impacts environnementaux et sociaux.

Une troisième voie serait de privilégier la sécurité pour répondre aux désordres civils et aux menaces extérieures : un effort important y serait alors consacré. Enfin, la quatrième option est celle d'une société faisant le choix de la durabilité par l'environnement et l'équité, dans laquelle les citoyens jouent un rôle actif.

La modélisation permet de mesurer l'influence sur l'environnement de chacun de ces quatre scénarios, à travers la consommation d'énergie, les émissions de polluants, le type d'activité agricole, les prélèvements d'eau et de nombreux autres paramètres.

Le dernier scénario (durabilité) apparaît préférable du point de vue social et écologique, tandis que le premier (privatisation), s'il assure la croissance la plus forte, se traduit aussi par un impact environnemental jugé insupportable, tout en générant les plus grandes inégalités. Dans ce cas, "l'environnement et la société se rapprochent rapidement du point de basculement, voire le dépassent".

Les scénarios les moins mauvais en termes d'environnement ne sont cependant pas exempts de défauts : le deuxième, qui privilégie une intervention politique forte, peut générer de la bureaucratie, le quatrième, qui met l'accent sur la durabilité, exige de consacrer beaucoup de temps à la coopération entre acteurs. Et ils ne garantissent pas un avenir sans souci : dans tous les cas, "le changement climatique et la perte de biodiversité resteront des défis significatifs". "

Article d'Hervé Kempf, journal Le Monde,paru dans l'édition du 26.10.07

Appel du Comité Valmy. Paris le 21.10.2007

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NON à la Constitution européenne maquillée :

EXIGEONS LA TENUE D’UN REFERENDUM POPULAIRE !

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Faire ratifier le nouveau traité européen par les Assemblées, et cela dès le mois de décembre, tel est le projet de Nicolas Sarkozy. Le Président veut aller vite et priver le peuple français du droit élémentaire de décider souverainement de son avenir. Son clan prétend que le vote majoritaire qui l’a élu en mai tient lieu de referendum ! Comme si les électeurs lui avaient donné un blanc-seing sur un texte qui n’était pas, alors, rédigé et donc inconnu ! En fait, les commentateurs politiques doivent reconnaître que le refus de donner la parole au peuple est motivé par la « prudence », c’est-à-dire la crainte d’un nouveau scrutin de rejet. Une fois suffit, considère l’oligarchie qui accapare le pouvoir et qui est hostile à une France libre

La propagande officielle, relayée par les médias, presque tous aux mains de la finance mondialisée, avance un second argument : cette fois, il ne s’agit plus de constitution. L’accord signé à Lisbonne par les dirigeants des 27 Etats de l’Union européenne ne serait plus qu’un ‘mini traité’, ‘simplifié’ par surcroît (le texte compte 256 pages …), qui ne porterait que sur son organisation administrative. Ses symboles, tels le drapeau étoilé et son hymne, ont disparu. Pour rassurer davantage, on prétend mensongèrement que la référence au «marché libre et non faussé » est passée à la trappe. Cette mise en scène vise à désintéresser les citoyens et à semer la confusion : ‘Circulez, il n’y a rien à voir !’.

La vérité est autre. Tous les gouvernements  fédéralistes et tous ceux qui refusent la souveraineté populaire et qui avaient encensé le projet de constitution (Giscard d’Estaing, en tête), se déclarent plus que satisfaits du texte élaboré à Lisbonne. Ils ne cachent pas qu’ils y voient une revanche aux Non français et néerlandais de 2005.  De leur point de vue, ils ont raison. Tous les traités signés depuis Maastricht, ceux d’Amsterdam, de Barcelone, de Lisbonne déjà, demeurent la pierre angulaire de la politique économique et anti-sociale de l’Union européenne . Le « marché libre », « la concurrence » à tout va, la réduction du coût du travail et toute l’idéologie néo-libérale restent le fondement du nouveau traité, véritable constitution européenne en contrebande. Tous les peuples d’Europe en font les frais : la pauvreté, la misère même, gagnent chaque année du terrain. L’accord de Lisbonne permettrait, s’il était appliqué, d’accentuer le processus : par une centralisation accrue (un Président de l’Union qui parlerait au nom de tous), et un système de vote majoritaire au sein des instances qui serait imposé aux nations récalcitrantes.

Ainsi, le Pouvoir en France, chaque jour plus autoritaire, voudrait priver les citoyens de leur droit imprescriptible de décider de leur avenir. Le Comité Valmy, estime qu’il  est de l’intérêt du peuple de France d’ imposer sa consultation par un nouveau referendum.

La voie parlementaire dans ce cas précis, c’est le moyen par excellence de museler la voix des Français.

La majorité automatique acquise, par la manipulation des Français, au parti du Président, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, fausse toute représentativité réelle de notre peuple.

Forces républicaines et progressistes, Français  fidèles à la souveraineté populaire et nationale,  unissons nous  pour exiger un referendum !

P.S. du canard républicain :

  • Nicolas Sarkozy, lors du débat télévisé avec Ségolène Royal : « les Français ont voté non à la Constitution, nous n'y reviendrons pas, quelle que soit la qualité remarquable de Valéry Giscard d'Estaing, cette constitution n'entrera pas en vigueur, puisque les Français ont dit non. » Il a ajouté : « Je ne veux pas d'une nouvelle Constitution. Les Français ont dit non à 55 %. On ne va pas recommencer un référendum. Pour leur dire quoi ? C'est clair, ils ont dit non. »
Référence :
 
  • Or, aujourd’hui, il décide de faire ratifier un texte que tous les spécialistes et chefs d’Etat européens jugent semblable à la Constitution. Exemple, Le 17 juillet 2007, devant la Commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen, Valérie Giscard d'Estaing, initiateur de la Constitution, affirme lui-même que : « En termes de contenu, les propositions demeurent largement inchangées, elles sont justes présentées de façon différente…La raison, ajoute-t-il, est que le nouveau texte ne devait pas trop ressembler au Traité constitutionnel. Les gouvernements européens se sont ainsi mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler. »

Référence sur le site officiel du Parlement européen :

http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopress_page/003-9201-197-07-29-901-20070716IPR09200-16-07-2007-2007-false/default_fr.htm

L'anglo-américain : la menace radicale qui plane sur l'Europe !

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George Steiner

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" Le génie de l'Europe, c'est ce que William Blake aurait appelé "le caractère sacré du détail infime". C'est celui de la diversité linguistique, culturelle et sociale, d'une mosaïque prodigue qui fait souvent d'une distance négligeable, d'une vingtaine de kilomètres, une division entre deux mondes. En contraste avec l'effroyable monotonie qui sévit de l'Ouest du New Jersey au montagnes de Californie, en contraste avec cette soif de conformité qui fait à la fois la force et le vide de tant d'existences américaines, la carte éclatée, aux divisions souvent absurdes, de l'esprit européen et de son héritage a été d'une inépuisable fertilité. L'expression de Shakespeare "une demeure locale et un nom" identifie un caractère déterminant. Il n'y a pas de "langues mineures". Chaque langue contient, articule et transmet non seulement une charge unique de mémoire vécue, mais encore une énergie élaboratrice de ses temps futurs, une potentialité pour demain. La mort d'une langue est irréparable, elle diminue les possibilités de l'homme. Rien ne fait peser sur l'Europe une menace plus radicale - à la racine - que la progression exponentielle et détergente de l'anglo-américain et l'uniformité des valeurs et de l'image du monde que cet espéranto dévorant apporte avec lui. L'ordinateur, la culture du populisme et le marché de masse parlent anglo-américain des night-clubs du Portugal aux centres commerciaux et aux fast-foods de Vladivostok. L'Europe périra, assurément, si elle ne se bat pas pour ses langues, ses traditions locales et ses autonomies sociales. Si elle oublie que "Dieu réside dans le détail". "

Extrait du livre "Une certaine idée de l'Europe" de George Steiner, 2004.

P.S. :

L'article scandaleux et anti-républicain de M.Denis Kessler, ancien vice-président du M.E.D.E.F.

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Denis Kessler

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   Le 04/10/07, M.Denis Kessler, ancien militant U.N.E.F. et ancien vice-président du M.E.D.E.F., a tenu des propos scandaleux et anti-républicains dans l'article "Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !"  du magazine économique "Challenges". Il s'était déjà largement "illustré" avec la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) en militant ouvertement pour mettre fin au secret médical et en réclamant d'avoir accès aux données privées transmises dans les feuilles de soin électroniques ( voir : M.Denis Kessler, grand gagnant du prix Orwell 2003).

   Je vous donne l'intégralité de l'article du magazine "Challenges" :

" Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.

Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...

A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !
A l'époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d'obtenir des avancées - toujours qualifiées d'«historiques» - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.
Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l'importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d'être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.
Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d'un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l'histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l'évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s'adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.
Le problème de notre pays est qu'il sanctifie ses institutions, qu'il leur donne une vocation éternelle, qu'il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu'elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d'une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s'érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s'attaquent à ces institutions d'après guerre apparaissent sacrilèges.
Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l'essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l'on puisse envisager l'aggiornamento qui s'annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d'entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n'est pas un problème qu'en psychanalyse.

par Denis Kessler "

P.S. : Une invitation à (re)voir le Programme du Conseil National de la Résistance adopté le 15 mars 1944.

"Plus les muscles de la mémoire sont puissants, mieux l'intégrité du moi est protégée."

   Dans le monde d'aujourd'hui, à tous les niveaux, la mémoire est attaquée et détruite. L'américain Henry Ford avait déclaré un jour que "l'histoire, c'est de la blague". Derrière cette pensée, l'objectif du décervelage des Hommes est présent...Des individus sans histoire, sans mémoire deviennent des proies, des marionnettes dans les mains des pervers. "La manipulation perverse, en ôtant aux objets la valeur des signes, en mettant en cause tout travail de signification, aboutit à un non-sens généralisé, base même de la position nihiliste que vit le violent et qu'il induit chez sa victime." (1)

  Steiner

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     George Steiner

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   En 2005, par un pur hasard, j'ai découvert l'existence d'un érudit : M. George Steiner. Philosophe, mathématicien, maîtrisant le latin et le grec ancien, parlant parfaitement cinq langues (allemand, français, anglais, italien,...), l'écoute de ses interventions fut un délice et m'a incité à lire deux de ses livres :

  • "Maîtres et disciples", éditions Gallimard, 2003
  • "Une certaine idée de l'Europe", Actes Sud, 2005

   Dans ces derniers, la densité de la