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Réveillez-vous hussards de la République !

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"Portrait de Gustave Flaubert", par Eugène Giraud, 1867, peinture à l'huile, 56 X 46 (Musée du Château de Versailles)

   Le 15 mars 1850, le "parti de l'ordre" fait voter la loi Falloux, qui vise à placer l'école publique sous l'autorité morale de l'Eglise, et reconnaît l'existence d'écoles "libres", totalement indépendantes du contrôle de l'Etat.

  Le texte de Flaubert qui va suivre, nous montre l'mpuissance à laquelle est réduit Alexandre Petit, instituteur d'un village normand, face à l'abbé Jeufroy, auquel la loi Falloux a donné tout pouvoir ; tout en annonçant la fin de la République...

" Sur le seuil, la robe noire du curé parut.

   Ayant salué vivement la compagnie, il aborda l'instituteur, et lui dit presque à voix basse :

- "Notre affaire de Saint-Joseph, où en est-elle ?"

- "Ils n'ont rien donné !" reprit le maître d'école.

- "C'est de votre faute !"

- "J'ai fait ce que j'ai pu !"

- "Ah ! - vraiment ?"

   Bouvard et Pécuchet se levèrent par discrétion. Petit les fit se rasseoir ; et s'adressant au curé :

- "Est-ce tout ?"

   L'abbé Jeufroy hésita ; - puis, avec un sourire qui tempérait sa réprimande :

- "On trouve que vous négligez un peu l'histoire sainte."

- "Oh ! l'histoire sainte !" reprit Bouvard.

- "Que lui reprochez-vous, monsieur ?"

- "Moi ? rien ! Seulement il y a peut-être des choses plus utiles que l'anecdote de Jonas et les rois d'Israël !"

- "Libre à vous !" répliqua sèchement le prêtre - et sans souci des étrangers, ou à cause d'eux :

"L'heure du catéchisme est trop courte !"

   Petit leva les épaules.

- "Faites attention. Vous perdrez vos pensionnaires !"

   Les dix francs par mois de ces élèves étaient le meilleur de sa place. Mais la soutane l'exaspérait.

- "Tant pis, vengez-vous !"

- "Un homme de mon caractère ne se venge pas !" dit le prêtre, sans s'émouvoir. "Seulement, - je vous rappelle que la loi du 15 mars nous attribue la surveillance de l'instruction primaire."

- "Eh ! je le sais bien !" s'écria l'instituteur. Elle appartient même aux colonels de gendarmerie ! Pourquoi pas au garde-champêtre ! ce serait complet !"

   Et il s'affaissa sur l'escabeau, mordant son poing, retenant sa colère, suffoqué par le sentiment de son impuissance.

   L'ecclésiastique le toucha légèrement sur l'épaule.

"Je n'ai pas voulu vous affliger, mon ami ! Calmez-vous ! Un peu de raison ! Voilà Pâques bientôt ; j'espère que vous donnerez l'exemple, - en communiant avec les autres."

- "Ah c'est trop fort ! moi ! moi ! me soumettre à de pareilles bêtises !"

   Devant ce blasphème le curé pâlit. Ses prunelles fulguraient. Sa mâchoire tremblait. - "Taisez-vous, malheureux ! taisez-vous !

   Et c'est sa femme qui soigne les linges de l'église !"

- "Eh bien ? quoi ? Qu'a-t-elle fait ?"

- "Elle manque toujours la messe ! - Comme vous, d'ailleurs !"

- "Eh ! on ne renvoie pas un maître d'école, pour ça !"

- "On peut le déplacer !"

   Le prêtre ne parla plus. Il était au fond de la pièce, dans l'ombre. Petit, la tête sur la poitrine, songeait.

   Ils arrivaient à l'autre bout de la France, leur dernier sou mangé par le voyage ; - et il retrouverait là-bas sous des noms différents, le même curé, le même recteur, le même préfet ! - tous, jusqu'au ministre, étaient comme les anneaux de sa chaîne accablante ! Il avait reçu déjà un avertissement, d'autres viendraient. Ensuite ? - et dans une sorte d'hallucination, il se vit marchant sur une grande route, un sac au dos, ceux qu'il aimait près de lui, la main tendue vers une chaise de poste !

   A ce moment-là, sa femme dans la cuisine fut prise d'une quinte de toux, le nouveau-né se mit à vagir ; et le marmot pleurait.

- "Pauvres enfants !" dit le prêtre d'une voix douce.

   Le père alors éclata en sanglots. - Oui ! oui ! tout ce qu'on voudra !"

- "J'y compte" reprit le curé ; - et ayant fait la révérence : - "Messieurs, bien le bonsoir !"

   Le maître d'école restait la figure dans les mains.

   Il repoussa Bouvard.

- "Non ! laissez-moi ! j'ai envie de crever ! je suis un misérable !"

   Les deux amis regagnèrent leur domicile, en se félicitant de leur indépendance. Le pouvoir du clergé les effrayait.

   On l'appliquait maintenant à raffermir l'ordre social. La République allait bientôt disparaître.

   Trois millions d'électeurs se trouvèrent exclus du suffrage universel. Le cautionnement des journaux fut élevé, la censure rétablie. On en voulait aux romans-feuilletons ; la philosophie classique était réputée dangereuse ; les bourgeois prêchaient le dogme des intérêts matériels - et le Peuple semblait content. "

Extrait de Bouvard et Pécuchet, 1881, Flaubert, (posthume), chap. VI.

P.S. du canard républicain :

Victor Hugo et la loi Falloux

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Victor Hugo, photographie de Nadar

Lors de la discussion de la loi Falloux, à l'Assemblée législative, Victor Hugo, avec son éloquence coutumière, s'élèva contre cette main mise du "parti clérical" sur l'école :

" Je m'adresse, non certes, au vénérable évêque de Langres, non à quelque personne que ce soit dans cette enceinte, mais au parti qui a, sinon rédigé, du moins inspiré le projet de loi, à ce parti à la fois éteint et ardent, au parti clérical. Je ne sais pas s'il est dans le Gouvernement, je ne sais pas s'il est dans l'Assemblée (Mouvement) ; mais je le sens un peu partout. (Nouveau mouvement). Il a l'oreille fine, il m'entendra. (On rit). Je m'adresse donc au parti clérical et je lui dis : Cette loi est votre loi. Tenez, franchement, je me défie de vous. Instruire, c'est construire. (Sensation). Je me défie de ce que vous construisez. (Très bien, Très bien !).

   Je ne veux pas vous confier l'enseignement de la jeunesse, l'âme des enfants, le développement des intelligences neuves qui s'ouvrent à la vie, l'esprit des générations nouvelles, c'est-à-dire l'avenir de la France. Je ne veux pas vous confier l'avenir de la France : parce que vous le confier ce serait vous le livrer. (Mouvement).

   Il ne suffit pas que les nations nouvelles nous succèdent, je veux qu'elles nous continuent. Voilà pourquoi je ne veux ni de votre souffle, ni de votre main sur elles. Je ne veux pas que ce qui a été fait par nos pères soit défait par vous. Après cette gloire, je ne veux pas de cette honte. "

Extrait de son discours à l'Assemblée législative, le 15 janvier 1850

P.S. du canard républicain :

La liberté d’enseignement et la loi Falloux

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"Trois saints dans le même Bénitier", anonyme, publiée dans Le Charivari du 4 février 1850 

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Contexte historique, analyse de l'image, interprétation

Extraits de la loi Falloux :

Article 23 : "l'enseignement primaire comprend : l'instruction religieuse et morale, la lecture, l'écriture..."

Article 36 : "dans les communes où les différents cultes sont professés publiquement, des écoles séparées seront établies pour les enfants appartenant à chacun de ces cultes."

Article 44 : "les autorités locales proposées à la surveillance et à la direction morale de l'enseignement primaire sont pour chaque école le maire, le curé, le pasteur ou le délégué du culte israélite. Les ministres des différents cultes sont spécialement chargés de surveiller l'enseignement religieux de l'école. L'entrée de l'école leur est toujours ouverte."

P.S. du canard républicain :

"Le citoyen face aux abus de pouvoir"

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Louis-Napoléon Bonaparte, plus connu sous le nom de Napoléon III

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" L'administration ou le politique qui, pour étouffer des critiques gênantes, fait passer un simple citoyen pour pédophile, sectaire ou fou ? Non ce n'est pas Midnight Express, ce ne sont pas non plus les procès staliniens ou maccarthystes...mais c'est en France aujourd'hui que cela se passe. Le citoyen se trouve tout à fait démuni devant l'intimidation administrative, policière et judiciaire, et les institutions ne savent pas le défendre des abus de pouvoir, en particulier au niveau local. " Josiane Fischer

Extrait de l'article très intéressant présent sur le site d'Agoravox

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"Démocratie" d'Arthur Rimbaud

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"Coin de table" (de gauche à droite : P. Verlaine, A. Rimbaud, E. Bonnier, L. Valade, E. Blémont, J. Aicart, E. d'Hervilly, C. Pelletan), d'Henri Fantin-Latour, huile sur toile, 1872 (Musée d'Orsay, Paris)

Démocratie

" Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois étouffe le tambour.

" Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les révoltes logiques.

" Aux pays poivrés et détrempés ! - au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires.

" Au revoir ici, n'importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce ; ignorants pour la science, roués pour le confort ; la crevaison pour le monde qui va. C'est la vraie marche. En avant, route ! "

Arthur Rimbaud, les Illuminations, 1876

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P.S. du canard républicain : poème dénonçant le colonialisme

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Grandeur de de Gaulle, Médiocrité de Sarkozy

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"Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France...Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur" de Gaulle, première et dernière phrase du premier paragraphe de ses Mémoires.

   Jean-Louis Crémieux-Brilhac dans l'introduction des Mémoires de Charles de Gaulle, Bibliothèque de la Pléiade, p. LV, nous a donné un éclaircissement sur la vision gaullienne de la "grandeur" : "Mais plus important que le rang, l'influence et le prestige retrouvés est pour lui ce qu'il y a de vertu morale de l'aspiration à la grandeur. Elle seule permet à la France d'être digne de sa mission. Ainsi définit-il la grandeur en dialoguant avec son ministre Alain Peyrefitte, le 22 mars 1964 (1) :

"La grandeur, c'est le chemin qu'on prend pour se dépasser.

- Alors, pour la France, la grandeur...

- C'est de s'élever au-dessus d'elle-même pour échapper à la médiocrité et se retrouver telle qu'elle a été dans ses meilleures périodes.

- C'est-à-dire ?

- Rayonnante."

Et ajoute Peyrefitte, "pour lui-même, naturellement, la grandeur, c'est de dépasser "sa pauvre humanité" en s'identifiant à la France [...]. La France le grandit et il grandit la France".

   Homme d'histoire, de culture, passionné de littérature et de philosophie, de Gaulle n'a eu de cesse de s'élever au-dessus de la médiocrité...Comment pourrait-on en dire autant de M. Sarkozy ?

   Depuis l'élection de ce dernier, je suis traversé par plusieurs émotions, passant de la colère à la stupeur ou à l'indignation. La semaine dernière, pour la première fois, ce sentiment de honte d'avoir ce Monsieur comme Président de la République m'a submergé. Je n'en reviens toujours pas de son excursion à Disneyland...Le premier représentant de la France et de tous les Français à Disneyland ! Quelle honte ! La France, pays reconnu pour ses contributions majeurs aux Sciences, aux Arts et à la Culture ! Sarkozy et la "culture" Mickey...Sarkozy et la destruction de la Pensée...

   Sarkozy et l'étalage de sa vie privée...De Gaulle, dans ses Mémoires, ne consacra qu' "une page pour évoquer son enfance et son éducation ; trois lignes pour mentionner le passage de son avion en juin 1940 au-dessus du village breton où agonisait sa mère, et le thé insipide qu'on lui fit boire à l'escale de Jersey ; une demi-page pour décrire sa vie et celle de sa famille à Londres ; une page pour sa vie à Alger" (2).

   Sarkozy et l'affichage de ses convictions religieuses (3)...Quel contraste avec de Gaulle, qui bien que catholique pratiquant, n'écrivit "pas un mot sur sa pratique ni sur sa foi religieuse" (4) dans ses Mémoires.

   J'admire de Gaulle sur beaucoup de domaines, mais je lui reproche de ne pas avoir fait cette synthèse avec Pierre Mendès France. "Oui, nous sommes en monarchie", aurait-il déclaré à Peyrefitte le 13 juin 1963, "mais c'est une monarchie élective. Elle est d'une tout autre nature que la monarchie héréditaire de l'Ancien Régime. Elle a institué une nouvelle légitimité qui fait la jonction avec la légitimité interrompue par la Révolution. Mais cette légitimité repose sur le peuple" (5).

   Je suis contre toutes les monarchies...même la monarchie élective. Mettre autant de pouvoirs dans les mains d'un seul homme peut s'avérer très dangereux. Tout le monde n'est pas de Gaulle ou Mendès France, mais malheureusement beaucoup sont des Sarkozy...

   Selon Jean-Louis Crémieux-Brilhac, de Gaulle est revenu plusieurs fois dans ses Mémoires sur les risques encourus par un trait du caractère national : "Le peuple français [...] est par nature, et cela depuis les Gaulois, perpétuellement porté aux divisions et aux chimères", "toujours mobile", accoutumé à "se diviser en tendances inconciliables", de sorte que tout, dans tous les domaines, s'y "trouve toujours totalement remis en cause" et qu'alternent apogées et désastres (6).

   Prenons-nous de nouveau la direction d'un nouveau chaos avec M. Sarkozy ?

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(1) Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, t. II, p.91

(2) Introduction des Mémoires de Charles de Gaulle, Bibliothèque de la Pléiade, p. XVIII

(3) Voir la note "Nicolas Sarkozy délaisse Marianne pour Marie"

(4) Introduction des Mémoires de Charles de Gaulle, Bibliothèque de la Pléiade, p. XVIII

(5) Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, t. II, p. 537

(6) Introduction des Mémoires de Charles de Gaulle, Bibliothèque de la Pléiade, p. XXIV

"Nicolas Sarkozy délaisse Marianne pour Marie"

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"Laïcité . En déplacement hier au Vatican, le président de la République a abandonné toute réserve, plaçant sa condition de catholique au-dessus de celle de chef d’un État laïque.
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Nicolas Sarkozy s’est complaisamment prêté, hier, à la fastueuse visite du Vatican, au cours de laquelle il a été fait « unique chanoine honoraire » de la basilique de Saint-Jean de Latran. Une nomination honorifique à laquelle tous les chefs de l’État français peuvent prétendre, et dont la tradition remonte à Henri IV : après s’être converti au catholicisme en 1593, il a reçu ce titre en 1604. La comparaison s’arrête là. Le « bon roi Henri », à qui l’on prête la citation : « Je veux qu’il n’y ait si pauvre paysan en mon royaume qu’il n’ait tous les dimanches sa poule au pot », n’ayant que peu à voir avec un « président du pouvoir d’achat » qui ne peut promettre à tous ses compatriotes, dans la France de 2007, autrement plus riche, de manger à leur faim…
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La question spirituelle

« C’est très émouvant d’être reçu par vous, Très Saint-Père », a murmuré Nicolas Sarkozy en approchant Benoît XVI. Geste de soumission du président d’un État laïque envers le chef d’un État religieux ou attitude déférente d’un croyant envers le chef suprême de l’église catholique romaine à laquelle il appartient ? L’entourage de Nicolas Sarkozy cultive le doute. Ce voyage était « l’occasion pour lui de redire son respect et son attachement », a déclaré David Martinon, porte-parole de l’Élysée, « à la question spirituelle, puisqu’il a toujours considéré qu’elle était au coeur de la vie de nos concitoyens ». Cette question, Nicolas Sarkozy l’a donc définitivement tranchée, se signant lors des cérémonies religieuses, au mépris des traditions républicaines. Hier, le président « bling-bling », accompagné du « comique » Jean-Marie Bigard, est allé jusqu’à entonner le Notre Père lors de la cérémonie à Saint-Jean de Latran. Jean-Claude Gaudin, placé au deuxième rang, a continué à mâcher consciencieusement son chewing-gum, insensible à l’émotion qui faisait pencher la tête du chef de l’État, adoptant la posture inspirée d’un enfant de choeur. Quelques minutes auparavant, n’avait-il pas rappelé - c’est une constante - ses « origines catholiques » et les racines chrétiennes de la France, « sources majeures de la civilisation » ? « Nous avons besoin de la contribution de l’Église catholique comme des autres courants religieux et spirituels pour éclairer nos choix et construire notre avenir », a déclaré Nicolas Sarkozy dans son discours.

Sarkozy n'a pas fini d'effacer complètement la séparation de l'Eglise et de l'Etat

Par ce déplacement au Vatican, Nicolas Sarkozy préparait activement la venue du pape en France, à l’automne prochain, à Lourdes, pour la célébration du cent cinquantenaire des apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous. Le représentant du pouvoir temporel en France n’a pas fini d’effacer complètement la séparation de l’église et de l’État, consacrée par la loi de 1905. Le cadeau qu’il a reçu, symbole de sa charge de chanoine, tombe à pic : un calice de vermeil pour faire boire aux Français, jusqu’à la lie, son étrange conception de la laïcité."

Article de Grégory Marin dans le journal L'Humanité, édition du vendredi 21 décembre 2007.

P.S. du canard républicain :

  • "Il est temps de poser la question du financement national des grandes religions". Propos de Nicolas Sarkozy dans son livre La République, les religions, l'espérance (Cerf, 2004)
  • Déclaration de Nicolas Sarkozy le 10 juillet 2005 à l'université d'été du Parti radical : "La laïcité, ce n'est pas une vache sacrée".
  • Phrase fondamentale de l'article 2  de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.
  • Une invitation à (re)découvrir le livre d'Henri Pena-Ruiz : "Qu'est-ce-que la laïcité ?"
  • Je vous donne, en mettant en avant quelques passages et quelques (????), une partie du discours de Nicolas Sarkozy dans la Salle de la Signature du Palais du Latran (source : LEMONDE.FR ; 21/12/07) : (voir l'intégralité du discours : Téléchargement Allocution_Latran_20122007.pdf )

" Messieurs les cardinaux, Mesdames et Messieurs, et si vous le permettez, chers amis,

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Permettez-moi d'adresser mes premières paroles au cardinal Ruini, pour le remercier très chaleureusement de la cérémonie qu'il vient de présider. J'ai été sensible aux prières qu'il a bien voulu offrir pour la France et le bonheur de son peuple. Je veux le remercier également pour l'accueil qu'il m'a réservé dans cette cathédrale de Rome, au sein de son chapitre.

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Je vous serais également reconnaissant, Eminence, de bien vouloir transmettre à sa Sainteté Benoît XVI mes sincères remerciements pour l'ouverture de son palais pontifical qui nous permet de nous retrouver ce soir. L'audience que le Saint Père m'a accordée ce matin a été pour moi un moment d'émotion et de grand intérêt. Je renouvelle au Saint Père l'attachement que je porte à son projet de déplacement en France au deuxième semestre de l'année 2008. En tant que Président de tous les Français (????), je suis comptable des espoirs que cette perspective suscite chez mes concitoyens catholiques et dans de nombreux diocèses. Quelles que soient les étapes de son séjour, Benoît XVI sera le bienvenu en France.

En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant le titre de chanoine d'honneur de cette basilique, qui fut conféré pour la première fois à Henri IV et qui s'est transmis depuis lors à presque tous les chefs d'Etat français, j'assume pleinement le passé de la France et ce lien si particulier qui a si longtemps uni notre nation à l'Eglise.

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C'est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l Eglise. Les faits sont là. En faisant de Clovis le premier souverain chrétien (?????), cet événement a eu des conséquences importantes sur le destin de la France et sur la christianisation de l'Europe. A de multiples reprises ensuite, tout au long de son histoire, les souverains français ont eu l'occasion de manifester la profondeur de l'attachement qui les liait à l'Eglise et aux successeurs de Pierre. Ce fut le cas – de la conquête par Pépin le Bref, des premiers Etats pontificaux ou de la création auprès du Pape de notre plus ancienne représentation diplomatique.

Au-delà de ces faits historiques, c'est surtout parce que la foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature, que la France entretient avec le siège apostolique une relation si particulière. Les racines de la France sont essentiellement (????) chrétiennes. Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. Contribution spirituelle, contribution morale par le foisonnement de saints et de saintes de portée universelle : saint Bernard de Clairvaux, saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Bernadette de Lourdes, sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean-Marie Vianney, Frédéric Ozanam, Charles de Foucauld… Contribution littéraire, contribution artistique  : de Couperin à Péguy, de Claudel à Bernanos, Vierne, Poulenc, Duruflé, Mauriac ou encore Messiaen. Contribution intellectuelle, si chère à Benoît XVI, Blaise Pascal, Bossuet, Maritain, Emmanuel Mounier, Henri de Lubac, Yves Congar, René Girard… Qu'il me soit permis de mentionner également l'apport déterminant de la France à l'archéologie biblique et ecclésiale, ici à Rome, mais aussi en Terre sainte, ainsi qu'à l'exégèse biblique, avec en particulier l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem.

Je veux évoquer parmi vous ce soir la figure du cardinal Jean-Marie Lustiger qui nous a quittés cet été. Je veux dire que son rayonnement et son influence ont eux aussi très largement dépassé les frontières de la France. J'ai tenu à participer à ses obsèques car aucun Français, je l'affirme, n'est resté indifférent au témoignage de sa vie, à la force de ses écrits, et permettez-moi de le dire,au mystère de sa conversion. Pour moi et pour tous les catholiques, sa disparition a représenté une grande peine. Debout à côté de son cercueil, j'ai vu défilé ses frères dans l'épiscopat et les nombreux prêtres de son diocèse, et j'ai été touché par l'émotion qui se lisait sur le visage de chacun

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Cette profondeur de l'inscription du christianisme dans notre histoire et dans notre culture, se manifeste ici à Rome par la présence jamais interrompue de Français au sein de la Curie et aux responsabilités les plus éminentes. Je veux saluer ce soir le cardinal Etchegaray, le cardinal Poupard, le cardinal Tauran, Monseigneur Mamberti, dont l'action, je n'hésite pas à le dire, honore la France.

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Les racines chrétiennes de la France sont aussi visibles dans ces symboles que sont les Pieux établissements, la messe annuelle de la Sainte-Lucie et celle de la chapelle Sainte-Pétronille. Et puis il y a bien sûr cette tradition qui fait du Président de la République française (????) le chanoine d'honneur de Saint-Jean de Latran. Saint-Jean de Latran, ce n'est pas rien, tout de même. C'est la cathédrale du Pape, c'est la " tête et la mère de toutes les églises de Rome et du monde ", c'est une église chère au cœur des Romains. Que la France soit liée à l'Eglise catholique par ce titre symbolique, c'est la trace de cette histoire commune où le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France beaucoup compté pour le christianisme Et c'est donc tout naturellement, comme le Général de Gaulle, comme Valéry Giscard d'Estaing, comme Jacques Chirac, que je suis venu m'inscrire avec bonheur dans cette tradition.

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Tout autant que le baptême de Clovis, la laïcité est également un fait incontournable dans notre pays. Je sais les souffrances que sa mise en œuvre a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905. Je sais que l'interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie,reconnaissons le, cher Max Gallo, une reconstruction rétrospective du passé (????). C'est surtout par leur sacrifice dans les tranchées de la Grande guerre, par le partage de leurs souffrances, que les prêtres et les religieux de France ont désarmé l'anticléricalisme ; et c'est leur intelligence commune qui a permis à la France et au Saint-Siège de dépasser leurs querelles et de rétablir leurs relations.

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Pour autant, il n'est plus contesté par personne que le régime français de la laïcité est aujourd'hui une liberté  : la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de pratiquer une religion et la liberté d'en changer, de religion, la liberté de ne pas être heurté dans sa conscience par des pratiques ostentatoires, la liberté pour les parents de faire donner à leurs enfants une éducation conforme à leurs convictions (????), la liberté de ne pas être discriminé par l'administration en fonction de sa croyance. "

"On ne peut plus se dire en République" (André Bellon)

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     André Bellon

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Retrouver sur le site d'Agoravox l'intégralité de l'entretien qu'André Bellon m'a accordé le 10 décembre 2007.

Mes remerciements à M. Bellon.

le canard républicain

Valmy: pétition pour un référendum, les 1000 premières signatures dépassées

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Pétition pour un référendum sur la "constitution" bis

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Après une panne de serveur de près de 48 heures, la pétition que le Comité Valmy a initiée, est à nouveau en ligne. Elle a dépassé les 1000 signatures. Si l'on ne tient compte que des millions de citoyens qui restent à convaincre, ce n'est qu'un petit pas en avant. Mais si nous considérons le contenu politique d'avant garde de cette pétition et de la vision du rassemblement républicain, progressiste et patriote qu'elle suggère implicitement; si nous soulignons la censure méthodique de notre comité, qui ne doit compter que sur ses propres forces ( et sur le relai de quelques sites internet amis), alors nous pouvons considérer que les idées que nous défendons tracent lentement leur chemin. Le chiffre symbolique atteint est l'occasion de relancer notre démarche militante, notre appel à diffuser cette pétition et à de nouvelles signatures.

Claude Beaulieu. www.comite-valmy.org

Pour consulter, signer et faire signer : voir la pétition

NON à la liquidation de la Direction des Archives de France !

Archivesnat_3 Syndicat des Archives de France C.G.T.

56 rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris

tél : 01 40 27 63 33

télécopie : 01 40 27 63 66

internet : www.cgt-archives.fr

MOTION PRESENTEE PAR LA C.G.T. ARCHIVES LORS DU COMITE TECHNIQUE PARITAIRE DE LA DIRECTION DES ARCHIVES DE FRANCE DU 19 DECEMBRE 2007

" Les membres du Comité Technique Paritaire (CTP) de la Direction des Archives de France (DAF), réunis ce 19 décembre 2007, font le constat de leur opposition aux conséquences éventuelles de la Révision