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La Poste bientôt privatisée

" La Poste (plus de 300000 salariés) pourrait prochainement changer son statut d’entreprise en passant de celui d’établissement public industriel et commercial à celui de société anonyme (SA).

Ce changement ouvre la voie à la privatisation du groupe public puisque celui-ci passe au statut d’une entreprise privée. "

Source : telex "La Poste fait un premier pas vers la privatisation" de HUMANITE.FR 04/07/08.

P.S. du canard républicain :

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Voici les sites qui parlent de La Poste bientôt privatisée:

Commentaires

" L'ouverture du capital de La Poste sous haute surveillance "

" La journée de grève à La Poste, mardi 23 septembre, "contre la privatisation", sera suivie de près par le chef de l'Etat et le gouvernement. L'ampleur de la mobilisation des 300 000 postiers - soutenue par cinq syndicats sur six (la CGT, SUD, la CFDT, FO et la CFTC) - leur fournira, en effet, une première mesure de l'opposition au projet d'ouverture du capital, défendu par le président de l'entreprise publique, Jean-Paul Bailly.

La Poste, le premier service public de proximité en France, est l'une des dernières postes publiques en Europe. Les syndicats savent qu'il lui faut trouver de l'argent - trois milliards d'euros au moins, selon M. Bailly - pour se développer et affronter ainsi l'ouverture totale du marché postal à la concurrence, en 2011.

Mais ils s'inquiètent pour l'emploi et la pérennité des missions de service public de leur entreprise, une fois transformée en Société anonyme (SA) et vendue, fût-ce partiellement, à des actionnaires privés. Ils demandent à l'Etat de jouer son rôle d'actionnaire sans vouloir examiner les garanties que celui-ci pourrait apporter, comme de rester l'actionnaire majoritaire de l'opérateur public postal ou de renforcer, dans une loi, les missions publiques. La Poste privatisée et mise en Bourse - l'une des options à l'étude - mettrait un terme, estiment-ils, au service universel postal, accessible pour tous au même tarif sur tout le territoire, de sa contribution à l'aménagement du territoire.

Soucieux de ne pas laisser le dossier s'envenimer sur le plan politique, et notamment de ne pas offrir au Parti socialiste l'occasion de retrouver une unité, le gouvernement s'est penché très tôt sur le dossier de La Poste. L'idée de créer une commission de réflexion sur l'avenir de l'entreprise, composée d'élus et de syndicats aux côtés de représentants de l'Etat et de La Poste, a été arbitrée le 5 septembre par le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, lors d'une réunion entre le premier ministre François Fillon, la ministre de l'économie Christine Lagarde, le secrétaire d'Etat à l'industrie Luc Chatel, le conseiller social du président de la République, Raymond Soubie, et le secrétaire général adjoint de l'Elysée, François Pérol.

L'idée de M. Sarkozy était de donner des gages en matière de débat démocratique, sur un sujet d'intérêt public, mais aussi, ce faisant, de prendre le temps de la réflexion, "sans idéologie" précise un proche conseiller. Le chef de l'Etat souhaiterait qu'on lui explique clairement le projet et son enjeu avant de se faire une opinion, ne se sentant pas tenu par l'empressement du président de La Poste.

M. Bailly aimerait pouvoir adopter le statut de Société anonyme (SA) en 2010, de façon à ouvrir le capital de l'entreprise un an plus tard. La lettre de mission adressée au président de la Commission sur l'avenir de La Poste, François Ailleret, l'ancien directeur général d'EDF, assignera à ce dernier deux grands objectifs : évaluer l'impact de la libéralisation totale du courrier pour l'entreprise publique, notamment ses forces et ses faiblesses ; examiner toutes les options d'évolution du capital, tout en préservant le statut et les droits des personnels (54 % de fonctionnaires) ainsi que l'avenir des missions de service public.

"TOUCHE PAS À MA POSTE"

Le gouvernement sait, en effet, qu'il marche sur des oeufs. Des études d'opinion récentes ont confirmé l'attachement des Français à La Poste, en tant que service public dépassant largement la distribution du courrier, mais aussi en tant que symbole nostalgique et rassurant d'une France rurale. Selon ces sondages, les Français s'inquiéteraient de la logique de "rentabilité" à laquelle serait tenue une Poste privatisée. Mais ils auraient dans le même temps conscience de la nécessité pour La Poste d'évoluer et de se moderniser, et oscilleraient entre résignation et approbation...

Un constat éloigné de celui que dressent les syndicats, les associations et les partis de gauche, regroupés en collectif réclamant un référendum sur La Poste. Pour eux, notamment pour la CGT, qui revendique 140 000 signatures à sa pétition "Touche pas à ma Poste", les Français ne veulent pas d'une ouverture du capital de La Poste, qui conduirait inexorablement à une privatisation.

"Croire que des actionnaires renteront dans le capital de La Poste pour la défense du service public et des agents, c'est croire au Père Noël !", lance FO. "Qui dit actionnaire dit recherche du profit rapide", renchérit SUD, promettant "plusieurs dizaines de milliers de suppressions d'emplois et une remise en cause de la présence postale".

Dans ce contexte très politique, le président de La Poste maintient le cap sur son projet, conservant bon espoir de tenir son calendrier qu'il s'est fixé. M. Bailly déploie des efforts de pédagogie auprès des cadres dirigeants afin que ceux-ci rassurent les postiers sur leur avenir.

Dans un courrier interne daté du 17 septembre, le patron de La Poste écrit que "cinq conditions et garanties sont posées pour assurer la réussite de cette opération : La Poste reste une entreprise publique majoritairement contrôlée par l'Etat ; les missions de service public et leur financement sont confortés par l'Etat ; les garanties nécessaires sont données aux postiers concernant leur avenir et leur association à l'évolution du capital ; l'ouverture du capital se fait par augmentation de capital ; les perspectives présentées aux investisseurs se fondent sur le plan 2008-2012". "La Poste ne procédera à aucun licenciement collectif pour motif économique pendant cette période", affirme M. Bailly. "

Article d'Anne Michel, journal Le Monde, paru le 23/09/08.

Article "La privatisation de la Poste est suspendue" de humanite.fr le 02/11/08 :

" Le projet d’ouverture partielle au privé du capital de La Poste ne sera pas mis en œuvre pendant la crise financière, l’annonce d’un conseiller du chef de l’Etat est considérée comme une première victoire par les opposants au projet.
Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, s’est exprimé dimanche sur le sujet en plusieurs temps.

"D’abord, il n’a jamais été question de privatiser La Poste. Il n’est pas question, dans la situation où nous nous trouvons, d’ouvrir pour l’instant le capital de La Poste", a-t-il dit dans un premier temps sur Europe 1.

Il a ensuite précisé sa déclaration sur France Info. "La décision sur La Poste sera prise le moment venu, pour l’instant, il n’y a pas de décision, donc la question de l’ouverture du capital n’est pas posée", a-t-il dit.

Il a précisé enfin à Reuters que le passage au statut de société anonyme n’était pas remis en cause et devrait en principe se faire en 2009 ou 2010. L’abandon du statut d’établissement public est en effet obligatoire en vue de l’ouverture totale du marché postal à la concurrence, en 2011, décidée au niveau européen, dit-il.

C’est l’éventuelle cession, après ce changement, d’une partie minoritaire du capital au privé qui est mise en cause par la crise, selon lui.

Cette étape n’est pas obligatoire, l’Etat pouvant par hypothèse garder, dans un contexte de concurrence, 100% du capital et organiser le refinancement de La Poste par des modes alternatifs ayant recours à des fonds publics ou para-publics, estime-t-il.

Une commission de réflexion qui travaille actuellement sur le sujet doit rendre ses conclusions en décembre. L’abandon du recours au marché financier semblait inéluctable dans le contexte de crise, mais c’est cependant la première fois que l’Elysée remet explicitement en cause cette option.

Le 6 juillet dernier, le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant avait déclaré que ce projet défendu par la direction de La Poste "méritait l’intérêt".

MOBILISATION DES OPPOSANTS
L’annonce intervient en pleine mobilisation des opposants. La CGT de la Poste doit remettre à Nicolas Sarkozy mardi prochain à l’Elysée une pétition avec 300.000 signatures de salariés et d’usagers de La Poste opposés au projet.

Une journée d’action syndicale unitaire est programmée le 22 novembre et les syndicats l’ont maintenue dimanche afin d’obtenir, dit Sud-PTT, "l’abandon pur et simple du projet".

"Nicolas Sarkozy suspend le projet de privatisation de La Poste. C’est une formidable victoire. La crise financière impose l’évidence : la libre concurrence, la loi du marché, le libéralisme ont fait leur temps", a déclaré le Parti communiste dimanche dans un communiqué.

La direction de La Poste, qui emploie 288.000 personnes, affirmait avant la crise devoir trouver au moins trois milliards d’euros afin d’affronter l’ouverture totale à la concurrence, chiffre qui pourrait augmenter avec la crise.

Les adversaires du projet, dont la gauche et les syndicats, estiment qu’il existe d’autres solutions financières et que l’ouverture à la concurrence n’implique pas l’ouverture au privé. Ils pensent par ailleurs que la privatisation totale de La Poste est l’objectif caché, à terme, du projet.

La méthode a en effet déjà été utilisée pour France Télécom ou GDF. Certains opposants tentent de provoquer un référendum sur le sujet, option ouverte par la récente réforme de la Constitution. Le projet suscite l’hostilité de 61% des Français, selon un sondage publié en septembre.

Une première journée d’action avait jeté des milliers de personnes dans la rue le 23 septembre partout en France, avec des élus de gauche mais aussi parfois de droite, comme le député ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan.

Le gouvernement a tenté de rassurer les opposants en assurant que l’Etat resterait majoritaire dans La Poste et garantirait de toutes façons le statut des employés et la continuité du service public."

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