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2008

Troisième trimestre

Deuxième trimestre

Premier trimestre

Selon l'Organisation Internationale du Travail (OIT), "les disparités de revenus au niveau mondial sont considérables et se creusent"

  Oit_2 A travers son rapport 2008 sur le travail dans le monde "Les inégalités de revenu à l'épreuve de la mondialisation financière", l'OIT déclare qu' "en dépit d'une forte croissance de l'économie mondiale qui a créé des millions d'emplois depuis le début des années 1990, les inégalités de revenus ont continué de se creuser de façon significative dans la plupart des régions du monde et devraient encore s'accroître du fait de la crise financière actuelle".

Le classement 2008 des 20 plus grandes fortunes en France

Stockoptions Qu'en est-il de la pauvreté en France ?

   L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES) a diffusé, fin avril, son rapport pour la période 2007-2008, nous apprenant qu'actuellement 7,1 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 817 euros de revenus mensuels en 2005. L'ONPES a rappelé qu'il s'agit "d'un phénomène central, d'ampleur croissante et pouvant toucher l'ensemble des catégories sociales". La France compte plus de 1,74 millions de travailleurs pauvres.  En 2004, 13% de la population déclarent avoir renoncé à certains soins, soit de manière définitive, soit de façon temporaire.

   Qu'en est-il des grosses fortunes en France ?

   Ont-ils des problèmes pour payer les soins bucco-dentaires ou pour avoir une nouvelle paire de lunettes ? Ils n'ont pas de chance en fait ces "citoyens" car ils sont français. En effet, d'après le magazine Challenge, "pour être riche et de plus en plus riche, mieux vaut être russe, chinois ou mexicain que français". Tout de même, il faut signaler que le nombre d'assujettis à l'impôt sur la fortune (ISF), en 2008, sera de 548 000, soit une hausse de 6%. Le montant attendu de l'impôt sera, lui, de 3,75 milliards d'euros contre un peu plus de 4 milliards l'an dernier (bizarre, vous avez dit bizarre...).

Allez, j'arrête  les plaisanteries... Vous avez cliqué pour obtenir un classement. Le voici :

Mulliez

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Gérard Mulliez

1/ Mulliez Gérard (Groupe Auchan-distribution)  : Fortune évaluée à 21 milliards d'euros (+23,53% par rapport à 2007)

2/ Arnault Bernard (LVMH-luxe) : Fortune évaluée à 18,307 milliards d'euros

3/ Bettencourt Liliane (L'Oréal-cosmétiques) : Fortune évaluée à 13,576 milliards d'euros

4/ Zaleski Romain (ERAMET-industrie) : Fortune évaluée à 11,314 milliards d'euros

5/ Louis-Dreyfus Robert (Louis-Dreyfus-services) : Fortune évaluée à 10 milliards d'euros

6/ Puech Bertrand (Hermès international-luxe et distribution) : Fortune évaluée à 7,423 milliards d'euros

7/ Pinault François (PPR-distribution et luxe) : Fortune évaluée à 7,329 milliards d'euros

8/ Dassault Serge (Groupe industriel Marcel Dassault-industrie) : Fortune évaluée à 6 milliards d'euros

9/ Duval (ERAMET-industrie) : Fortune évaluée à 5,851 milliards d'euros

10/ Wertheimer Alain (Chanel-luxe) : Fortune évaluée à 5 milliards d'euros

11/ Servier Jacques (Laboratoires Servier-pharmacie) : Fortune évaluée à 4,8 milliards d'euros

12/ Halley Robert (Carrefour-distribution) : Fortune évaluée à 4,095 milliards d'euros

13/ Besnier Emmanuel (Groupe Lactalis-agroalimentaire) : Fortune évaluée à 4 milliards d'euros

14/ Bouriez Philippe (Groupe Louis Delhaize-distribution) : Fortune évaluée à 3,3 milliards d'euros

15/ Castel Pierre ( Castel Frères-boissons) : Fortune évaluée à 3,2 milliards d'euros

16/ Bolloré Vincent (Bolloré-transports et médias) : Fortune évaluée à 2,976 milliards d'euros

17/ Peugeot Robert (Peugeot S.A.-automobile) : Fortune évaluée à 2,931 milliards d'euros

18/ Bouygues Martin (Bouygues-BTP et télécoms) : Fortune évaluée à 2,913 milliards d'euros

19/ Rothschild Benjamin de (Cie financière Edmond de Rothschild-finance) : Fortune évaluée à 2,9 milliards d'euros

20/ Decaux Jean-Claude (JCDECAUX-communication) : Forune évaluée à 2,742 milliards d'euros

Source du classement : article "Les plus grandes fortunes" de challenge.fr (classement 2008).

P.S. du canard républicain :

  • L'article précédemment cité est très intéressant et très complet sur certains points ( cliquez-ici pour voir l'intégralité de cet article).
  • Michel-Edouard, tu pourrais faire un effort, Gérard te grille de façon phénoménale.

" Les damnées de la dentelle " par Mustapha Kessous

Aubade_2  " Dans son classeur d'écolier Titeuf, elle conserve avec soin des dizaines d'articles de presse. Tous racontent la même histoire : le licenciement des ouvrières d'Aubade, dans la Vienne. A travers les reportages, c'est son "ancienne vie" que Robin Donatienne, 40 ans, dont vingt au service de cette marque de lingerie haut de gamme, a rangé dans un meuble près de la cuisine.

En mars 2007, Calida, propriétaire suisse d'Aubade depuis deux ans, a fermé un de ses sites, celui de La Trimouille, supprimé 134 emplois, et regroupé la centaine de salariés restants à l'usine de Saint-Savin, pour délocaliser définitivement sa production en Tunisie. Depuis, Robin Donatienne "ne sait pas quoi faire". Elle a des problèmes de santé et ses 500 euros mensuels du chômage sont "durs, durs" à gérer. Heureusement, dit-elle, qu'il y a la télé pour se vider la tête. Même si le taux de chômage du département est inférieur à celui de la moyenne nationale, difficile pour une ouvrière non qualifiée de retrouver du travail. La cellule de reclassement mise en place par la direction de l'entreprise a été dissoute le 27 juin, sans avoir réussi à lui redonner espoir, pas plus qu'aux autres ouvrières restées sur le carreau. Selon Calida - surnommé depuis dans les villages "Al-Calida" -, 70 % ont trouvé une solution, CDI, CDD, formation, création d'entreprise, etc ; 48 %, rectifie la sous-préfecture de Montmorillon.

L'avenir ? Les maisons de retraite, les personnes âgées, les ménages. Devenir ADMR, aide à domicile en milieu rural. Le pays du Montmorillonnais est vieillissant : 28,7 % de la population (35 000 habitants) ont plus de 60 ans. "Il y a de la demande", estime le député socialiste Jean-Michel Clément. Mais pour les "filles" qui ont manié toute leur vie de la dentelle de luxe, "torcher les vieux", "laver les chiottes", c'est une humiliation. Elles le disent : elles ont "socialement régressé". "C'est vrai, ces métiers sont peu valorisants", reconnaît le député. "Mais il n'y a pas de sous-métier", tempère Christine Collin, 44 ans, dont vingt-cinq à Aubade, aujourd'hui ADMR.

Les élus ne peuvent que constater les ravages "psychologiques" de cette délocalisation. Au-delà de l'impact économique sur le "pays" - les commerçants de La Trimouille (1 000 habitants) ont perdu 20 % de leur chiffre d'affaires -, "le lien social entre les ouvrières a disparu, regrette Yves Bouloux, président de la communauté de communes du Montmorillonnais. Une délocalisation, c'est déstructurant." "Il y avait du covoiturage", se souvient Jean-Marie Rousse, maire socialiste de Saint-Savin (1 000 habitants). Mais voilà, certaines qui ne savent pas conduire ont refusé de se faire payer le permis par Aubade, préférant "s'enterrer" chez elles, s'isoler du village et des copines. Les "ex" d'Aubade ne se voient presque plus, ne se donnent plus de nouvelles. Le deuil s'éternise. La galette des rois, le 1er janvier, a réuni une petite vingtaine d'anciennes collègues. "Celles qui sont restées à l'usine ne me disent pas bonjour dans la rue, assure Gaëlle Léger, 32 ans, licenciée après six années à Aubade. Ça fait mal après tout ce temps passé ensemble."

Chez les rescapées du plan social aussi, il y a de la rancoeur. A l'usine de Saint-Savin, les copines sont parties, les rires aussi. "Quand je croise une ancienne collègue au village, raconte Brigitte Pereis, 48 ans dont trente-deux "sacrifiés" pour la marque, j'évite de demander : "Qu'est-ce que tu deviens ?"" "On se sent presque coupable d'être restée", déplore Michèle Rat, 48 ans dont trente et un de maison. Et pourtant, "on était une grande famille", rappelle Monique Guéraud, 56 ans, la doyenne de l'usine, avec ses trente-sept années au service de la marque.

Le responsable, pour elles ? Le propriétaire d'Aubade, le Suisse Félix Sulzberger, PDG de Calida, accusé par ses ex-ouvrières d'avoir "volé" le "savoir-faire" des Françaises pour le donner aux Tunisiennes. "Les pauvres. On leur en a voulu, reconnaît Brigitte Pereis. Mais en fait, c'est pas de leur faute : elles sont exploitées."

Les Françaises ne connaissent pas grand-chose de la vie de celles qui les ont remplacées. Elles n'ont jamais cherché à savoir. De l'autre côté de la Méditerranée, en Tunisie, à Ksar Hellal (45 000 habitants), à une vingtaine de kilomètres de la ville balnéaire de Monastir, l'usine Azur, filiale d'Aubade, n'a rien de glamour. Un bâtiment blanc quelconque, le long d'une route cabossée, qui abrite du soleil cuisant près de 230 employés.

12 h 30. L'heure de déjeuner. Une demi-heure pas plus. Ce sera l'unique pause de la journée. A la sortie de l'usine, une étudiante s'avance vers les ouvrières. Elle a préparé des sandwichs pour quelques centimes de dinar. Une cinquantaine de jeunes filles, en blouse rose vif, se reposent sous les oliviers encerclés de... poubelles. Le terrain qui entoure l'usine est un vrai dépotoir, les ordures en tout genre s'accumulent. Un paradis pour les poules et les moutons. Au milieu de ce décorum, certaines avalent une petite salade méchouia dans une gamelle. Pas de couverts : elles mangent avec les doigts. A la fin du repas, une vieille dame leur sert du thé à la menthe.

La direction de la filiale d'Aubade a donné instruction aux ouvrières de ne pas nous parler. "Elles ne sont intellectuellement pas capables", explique avec le sourire une responsable à l'entrée du site. Certaines acceptent tout de même de raconter leur vie, "mais ne citez pas notre nom, on ne veut pas être virées", supplie l'une d'elles. "Les Français viennent exploiter notre misère, on le sait, mais ils nous donnent quand même un travail", assure une autre.

A l'usine, c'est neuf heures par jour, quarante-huit heures par semaine, un samedi sur deux, vingt et un jours de vacances par an. L'ouvrière est payée un peu moins de 9 euros par jour (environ 200 euros par mois), ce que gagnait une Française en une heure (1 000 euros par mois). A l'intérieur de l'usine réfrigérée, "c'est beaucoup de pression", souligne une jeune fille. Elles n'ont pas le droit de parler entre elles, les cinq prières quotidiennes sont proscrites, les téléphones portables interdits. "Un jour, raconte un ouvrier, une fille est allée voir la responsable, les larmes aux yeux, pour lui demander de partir ; un de ses parents n'allait pas bien. La chef lui a répondu : "Tu as donc utilisé ton portable." Elle a démissionné."

Le médecin du travail passe tous les lundis. Le reste du temps, "il y a beaucoup de pleurs, détaille un employé. Quand un mécanicien doit réparer une machine, l'ouvrière lui demande : "Retarde un peu."" Il n'y a pas de point d'eau potable dans l'usine à cause d'une canalisation défaillante. Une feuille scotchée à l'entrée du site indique, en arabe, qu'ici on embauche. Il y a un turn-over important. Les ouvrières signent un nouveau contrat tous les six mois, au bout de quatre ans elles seront titularisées. Certaines ont été licenciées quelques jours avant leur titularisation. "Difficile d'avoir une perspective d'avenir dans l'entreprise", constate, résigné, un technicien.

Dans la cité Erramala, qui jouxte l'usine, le quartier est en chantier : la diaspora se fait construire de belles villas. La journée, les rues sont tristement vides, les chats sont les rois. Dans ce coin de Ksar Hellal, les jeunes filles d'Aubade sont méprisées par les locaux : elles ne sont pas du "pays". Elles viennent de campagnes lointaines, d'autres régions plus désertiques, plus pauvres aussi : de Kef, de Gafsa, de Béja. D'où leur surnom, les "KGB".

"Les KGB sont des délinquantes", lance la patronne d'un salon de coiffure qui doit prochainement ouvrir. Délinquantes ? "Oui, vous comprenez ?", insinue-t-elle. Les jeunes ouvrières sont accusées de flirter avec de jeunes maçons, qui, eux aussi, viennent de loin. "En plus, elles boivent de la bière", ajoute un vieil homme dans son garage. Les "KGB" ont fait la fortune de quelques propriétaires peu scrupuleux. Certaines s'entassent à cinq, voire plus, dans une pièce insalubre, pour un loyer s'élevant à la moitié du salaire. La plupart envoient leur argent à leur famille. "Tous ces problèmes sont assez nouveaux et s'accentuent, explique Hacine Dimassi, professeur d'économie à l'université de Sousse. La migration interne à cause des délocalisations modifie et déséquilibre économiquement et sociologiquement la ville."

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Le grand patron d'Aubade, Félix Sulzberger, affirme ne pas être au courant de ce qui se passe dans son usine. "Je n'y suis jamais allé, mais ça m'étonne", assure-t-il. Il se félicite toutefois d'avoir réussi l'intégration, dans son groupe, d'Aubade, qui représente un tiers du chiffre d'affaires : le résultat net de Calida est passé de 3,8 millions d'euros en 2006 à 9,6 millions d'euros en 2007.

Malgré tout, l'usine tunisienne d'Aubade est celle qui a l'une des meilleures réputations parmi les quelque 150 entreprises de textile de Ksar Hellal. Elle paie toujours ses salariés (en liquide), donne des cadeaux (couverture, service en Inox) pour les fêtes, offre 70 euros à chaque ouvrière pour le 1er mai... Mais les jeunes femmes natives de la ville accusent les "KGB" d'avoir volé leur travail, car elles acceptent les salaires les plus bas.

"Voir nos filles se faire prendre le travail par des éleveuses de chèvres, ça fait mal", argue une mère de famille tunisienne, vêtue d'un long voile noir. A Saint-Savin, dans la Vienne, l'une des ouvrières licenciées a créé son entreprise : elle élève des chèvres. "

Article de Mustapha Kessous, publié dans le journal Le Monde le 08 juillet 2008.

P.S du canard républicain :

"Les patrons du CAC 40 s’offrent un bonus de 40 %"

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" rémunérations . Une caste de dirigeants d’entreprise s’enrichit follement au moment où le pouvoir d’achat des Français est en berne.

Cette année, plus que les autres, le scandale des revenus des grands patrons suscite l’indignation. Alors que le MEDEF, Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque centrale européenne, et Nicolas Sarkozy crient haut et fort que les salaires des Français ne peuvent pas être augmentés, les rémunérations des PDG des plus grosses entreprises françaises explosent. Après une augmentation de 25 % en 2006, par rapport à 2005, près de trois patrons sur quatre de grandes sociétés françaises ont gagné 40 % de plus en 2007 qu’en 2006, selon l’étude HayGroup publiée hier par le quotidien économique la Tribune. La moitié des patrons des géants du CAC 40 (au moins 40 000 employés et plus de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires) ont touché comme rémunération annuelle (comprenant le salaire de base, les bonus et les stock-options) 6,175 millions d’euros. Même tendance pour les PDG des sociétés les moins importantes cotées en Bourse : leur rémunération est de 2,679 millions d’euros. Quant à celle des patrons des plus « petites entreprises », elle atteint 882 000 euros.

Les salaires de base, qui ne sont pas fonction du résultat, ont progressé de 12 % pour 61 % des patrons enquêtés. Mais, surtout, la distribution de stock-options, dont une partie n’est pas liée à la performance, a explosé de + 48 % pour plus de la moitié des cent trente cinq entreprises étudiées : le montant valorisé de ces actions achetées à prix d’or par ces dirigeants a atteint 4,828 millions d’euros en médiane pour le haut du CAC 40 et 1,610 million d’euros pour le bas. L’étude démontre également que seuls les deux tiers des entreprises conditionnent la distribution de ces actions à la performance du dirigeant.

toujours tirées vers le haut

Ni la publication des rémunérations des grands patrons, imposée par la loi en 2001, ni les lois de modération votées en 2005 et 2006, censées « mettre de l’ordre » et moraliser les excès, ni le « code » de bonne conduite cher au MEDEF n’ont eu raison de « l’appétit » des grands patrons français. Au contraire, les rémunérations ont toujours été tirées vers le haut.

Autant que les montants, c’est peut-être la manière dont ils sont fixés qui importe. Car, jusqu’à présent, pas question de changer la règle qui donne au conseil d’administration le soin de fixer le salaire et autres rémunérations du PDG. Choisis par ces PDG eux-mêmes, les membres des conseils d’administration ne se risqueraient pas à leur refuser ce qu’ils demandent. La semaine dernière, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a dévoilé une plus-value sur les stock-options de Daniel Bouton de 3,34 millions d’euros en 2007, ce qui a permis au PDG de la Société générale de renoncer à son bonus 2007 ainsi qu’à son salaire fixe pendant au moins les six premiers mois de cette année. Un des nombreux exemples qui illustrent le fait que les millions d’euros empochés ne reflètent pas la performance du manager sur le résultat de son entreprise. Ces rémunérations juteuses, fondées sur une part fixe attribuée par les amis du patron et une part variable sans limite, se révèlent plus démesurées à chaque parution et soulèvent un vent de colère chez les Français, qui voient leur pouvoir d’achat sans cesse affaibli. "

Article écrit par Clotilde Mathieu dans le journal L'Humanité du 13 février 2008.

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2006

"Financer les retraites, oui...mais touche pas à mes stock-options !"

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" La taxation des stocks-options aurait pu rapporter trois milliards par an à la Sécurité sociale, mais députés et sénateurs en ont décidé autrement. Des critiques se font entendre au sein même de l'UMP.

Tandis que depuis plus d'une semaine le pays est « bloqué », « paralysé », immobilisé et « pris en otage » pour une réforme des régimes spéciaux qui devrait rapporter 200 millions par an, députés et sénateurs viennent d'adopter une disposition pour renflouer les caisses de la sécurité sociale en taxant les stock-options. Question : mais pourquoi si peu de publicité autour d'une mesure qui vise à financer, entre autres, les caisses de retraites, sans pour une fois pénaliser les salariés ? Un début de réponse vient sans doute de la timidité de ces nouveaux prélèvements : 2,5% de contributions employeurs à la distribution des stocks-options, et 2,5% de contribution salariée sur la plus-value. Les calculs les plus optimistes estiment les recettes de cette nouvelle imposition à 200 millions à peine par an. Pas de quoi sauter au plafond, d'autant qu'elle ne s'applique qu'aux stocks-options qui seront distribuées à partir du 16 octobre 2007 et qui ne commenceront donc à rapporter qu'à l'horizon 2012… Dic, c'est encore loin l'équilibre des comptes ? Tais-toi et rame.
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De trois milliards à 200 millions
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Côté socialiste, évidemment, on pointe cette goutte d'eau dans l'océan des cadeaux faits aux plus riches. Sur la base du fameux rapport de la Cour des comptes rédigé par le très peu gauchiste Philippe Seguin, Alain Vidalies, secrétaire national du PS aux entreprises, continue de réclamer un alignement de la taxation des stock-options sur celle des salaires : « si ce type de revenus était soumis aux mêmes charges sociales que les autres et si toutes les stocks-options étaient imposées, et pas seulement celles émises à partir du 16 octobre, cela rapporterait trois milliards d'euros ! » Pourtant, son parti communique peu sur le sujet… Serait-ce parce que Dominique Strauss-Kahn a, le premier, légiféré en faveur des stocks-options ? Ou, plus simplement, parce que le PS peine à communiquer sur quelque sujet que ce soit ?
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Le pouvoir des lobbys
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Curieusement, c'est au sein même de la majorité que l'on entend les plus vives critiques sur cette disposition : « On compte environ 100 000 bénéficiaires de stock-options, dénonce le député UMP Yves Bur, mais elles se concentrent surtout dans les mains d'un millier de gens qui sont souvent des grands patrons. J'étais pour qu'on taxe les stock-options déjà distribuées. Il ne me paraît pas anormal que les plus riches et les cadres dirigeants payent un peu pour la sécurité sociale… » Le député du Bas-Rhin se réjouit malgré tout d'avoir « ouvert le débat » et commencé à remettre en cause certaines exonérations fiscales dont bénéficient les plus privilégiés, malgré « quelques réticences » – c'est le moins qu'on puisse dire – du côté de sa majorité. Une chose est sûre, ces trois milliards ne sont pas près de tomber dans les caisses de l'Etat. « Il y a un lobbying très actif de certaines structures en faveur de ces formes de revenus », regrette Yves Bur. Selon que vous serez patron ou cheminot, vous défendrez vos acquis dans la rue ou… dans les couloirs du Sénat ! "
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Anna Borrel
Article paru sur Marianne2.fr le jeudi 22 novembre 2007
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P.S. du canard républicain :
  • Une invitation à (re)voir la note "Philippe Séguin : taxons les stock-options"
  • M. Sarkozy, le 23 janvier 2007 dans le journal Le Monde : "Je n'aime pas l'idée de stock-options réservées à un petit groupe de cadres dirigeants. Je suis très tenté par l'idée de plans de stock-options pour tous ou pour personne".
  • M. Sarkozy, le 3 octobre 2007 devant les parlementaires de l'UMP et du Nouveau Centre : "La réforme, pour moi, ce n'est pas que la réforme des régimes spéciaux. C'est aussi une certaine contribution des stock-options au financement de la protection sociale, parce qu'il ne peut y avoir de réforme acceptée s'il n'y a pas le souci de justice". Source : France Info.

Lire la suite ""Financer les retraites, oui...mais touche pas à mes stock-options !"" »

Quand mondialisation rime avec exploitation et colonisation

   Au XXe siècle, une "grande âme" en Inde a fait plier un Empire. Bien entendu, je fais référence au Mahatma Gandhi et à l'Empire britannique. Que penserait aujourd'hui Gandhi  s'il voyait l'exploitation des enfants dans son pays au profit d'un représentant d'un autre empire, celui de l'Empire américain (1) ? Gap

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   En effet, dans son édition du 28 octobre 2007, l'hebdomadaire britannique The Observer a révélé que des sous-traitants indiens du géant américain du prêt-à-porter Gap font travailler des enfants. Je vais vous donner dans quelques lignes certains extraits de l'article de ce quotidien britannique, mais avant, je souhaiterai faire quelques remarques.

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Gandhi avec des ouvrières du textile à Darwen, Lancashire, Angleterre, le 26 novembre 1931

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   Tout d'abord, faire un petit rappel historique de certaines idées de Gandhi. Il pouvait admirer les avancées technologiques et le bien être économique que donnait la civilisation occidentale moderne, mais pointait également ses lacunes et les nouveaux risques et besoins qu'elle apportait à l'individu. Dans son livre Hind Swaraj or Indian home rule (trad. fr. Leur Civilisation et notre délivrance) où il fit la critique du développement et de la notion même de civilisation telle qu'idéalisée par la Grande-Bretagne et les occidentaux, Gandhi montre que chaque progrès réalisé d'une part correspond à une aggravation des conditions de vie de l'autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la spiritualité, qu'elle crée de nouveaux besoins liés à l'argent et impossibles à satisfaire, qu'elle accroît les inégalités et voue à l'esclavage une grande partie de l'humanité. Pour lui, ce type de civilisation est sans issue (2) : " Cette civilisation est telle que l'on a juste à être patient et elle s'autodétruira ". La mécanisation et la mondialisation des échanges était pour lui un désastre pour l'Inde (les filatures de Manchester avaient fait disparaître l'artisanat indien) (3). Dans les années 1920, Gandhi étendit son principe de non-violence et sa politique de boycott aux marchandises étrangères, spécialement les produits anglais. Lié à cette politique, il demanda que le khadi (vêtement fait maison) soit porté par tous les Indiens au lieu des textiles britanniques. Riches ou pauvres, hommes ou femmes, devaient filer chaque jour afin d'aider le mouvement d'indépendance de l'Inde par rapport à l'Empire britannique (4). Gandhi porta le dhoti non seulement en signe de simplicité mais aussi parce que cet habit, filé de ses mains, constituait pour lui une garantie de ne pas cautionner l'exploitation d'ouvriers britanniques ou indiens dans des filatures industrielles.Nike

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   Ensuite, ce n'est pas la première fois qu'à la face du monde nous est dévoilé cet aspect caché de la mondialisation. Souvenez-vous du système Nike relaté par Jean-Charles Champagnat (voir le système Nike) il y a quelques années. Des "affaires de ce type-là" font l'actualité quelques jours pour être oubliées très rapidement par "les consommateurs".

   De plus, il me semble évident de souligner que les grands capitalistes américains ne sont certainement pas les seuls à exploiter les plus démunies en Inde (ou ailleurs). Quelques grands capitalistes européens et en particulier français -malheureusement- doivent en faire autant. En 1974, Pierre Mendès France, l'un de nos plus grands républicains, soulignait la connivence entre certains groupes français et les capitalistes américains (5).

   D'ailleurs, Pierre Mendès France était contre l'américanisation ou l'européanisation du monde : " Les fournitures et les prestations que nous pouvons mettre à la disposition des pays sous-développés, c'est à eux de les déterminer. Il ne s'agit pas d'américaniser ou d'européaniser telle république africaine ou d'organiser l'évolution des plus déshérités vers un modèle occidental unique ; il faut permettre à tous de progresser selon leurs conceptions, leur culture et leurs aspirations. Il en résultera une nouvelle sorte de rapports internationaux dans lesquelles les pays en cause ne seraient plus complexés et aliénés, parce que maintenus sous la domination des plus forts, y compris la domination culturelle. L'Europe et l'Amérique du Nord essayant encore, consciemment ou non, de maintenir leur suprématie, la transformation s'opère contre elles : Mossadegh, Castro, Allende, voilà les figures qui ont personnifié, chacune à sa manière, un combat qui a, de plus en  plus, mis en cause les structures en place par les nationalisations, les réformes, la création d'unités économiques régionales et, en dernier lieu, la coalition des Etats producteurs de pétrole, depuis le golfe Persique et la Méditerranée jusqu'au Pacifique...Ce n'est pas fini. " " Pour en terminer avec le tiers-monde, je veux surtout réaffirmer que nous n'avons pas à imposer à deux milliards d'hommes de cette planète (et qui seront bientôt plus nombreux encore) nos principes et nos doctrines, comme le prétendent et les colonialistes (nouvelle manière) et les gauchistes, chacun à leur façon. Ces hommes ont le droit de décider eux-mêmes de ce que seront leur vie et leurs orientations. " (6)

   Cette "affaire Gap" dans laquelle certains verront -volontairement ou non- un simple fait divers, rentre en fait dans un cadre beaucoup plus général. La mondialisation rime non seulement avec exploitation, mais aussi avec colonisation (voir la note "La nouvelle colonisation"). Gandhi mena non seulement une campagne nationale pour l'aide aux pauvres, pour la libération des femmes indiennes, pour la fraternité entre les communautés de différentes religions ou ethnies, pour une fin de l'intouchabilité et de la discrimination des castes, et pour l'autosuffisance économique de l'Inde, mais surtout le Swaraj -l'indépendance de l'Inde de toute domination étrangère. Aujourd'hui, nous sommes passés du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes au droit des investisseurs à disposer des peuples !

Enfin, à la lecture de l'article qui va suivre, article déchirant et insoutenable, il me semble que nous, citoyens de la République française -ce qui l'en reste tout du moins...-, nous devrions tous ensemble réagir. Sous quelle forme d'action ? J'ouvre le débat. Quand j'entends action, ce n'est pas simplement dénoncé l'exploitation des plus faibles en Inde ou ailleurs ; non, c'est être capable d'entreprendre des actions comme Gandhi, peut-être pas totalement similaire, mais c'est le débat qui s'ouvre à nous.Travailusine19e_2

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Travail en usine avec des enfants au XIXe siècle, grand siècle d'expansion coloniale.

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Extraits de l'article de Dan McDougall, The Observer :

" Amitosh est concentré, il tire sur les boucles de fil pour les faire passer à travers de petites perles et paillettes en plastique qu'il coud sur des vêtements pour bébés. Dégoulinant de sueur, il a les cheveux recouverts d'une fine couche de poussière. En hindi, son nom signifie "bonheur". Le vêtement brodé à la main sur lequel il travaille avec sa toute petite aiguille porte le logo d'un géant international de la mode : Gap. Amitosh a 10 ans.

Les épreuves qu'a traversées ce jeune garçon, révélées à l'issue d'une enquête secrète menée par The Observer dans de petites rues de New Delhi, sont une conséquence tragique de la demande occidentale de vêtements bon marché. Cette enquête montre comment, malgré les systèmes d'audit social rigoureux lancés par Gap en 2004 pour éliminer le travail des enfants dans ses filières de production, des sous-traitants peu scrupuleux faussent le jeu. Lorsque Gap découvre qu'un enfant est employé par un sous-traitant pour fabriquer ses vêtements, ce sous-traitant doit le retirer de l'atelier, lui assurer l'accès à l'école, lui verser un salaire et lui proposer un nouvel emploi une fois qu'il est légalement en âge de travailler. Telle est la politique officielle de Gap. Elle est censée mettre fin à l'exploitation des enfants. Dans le cas d'Amitosh, elle n'a pas fonctionné. Vendu par sa famille l'été dernier, Amitosh travaille 16 heures par jour. Derrière lui, sur un tabouret en bois, il a posé tout ce qu'il possède : une BD à moitié déchirée, un canif, un peigne en plastique et une couverture déchirée à motifs éléphant.

J'ai été vendu au village de mes parents, dans l'Etat du Bihar [dans le nord de l'Inde], puis on m'a conduit en train à New Delhi, raconte-t-il. Les hommes sont venus nous chercher en juillet. Ils avaient des haut-parleurs à l'arrière de la voiture et ils ont dit à mes parents que s'ils m'envoyaient travailler en ville, ils n'auraient plus à travailler dans les fermes. Mon père a touché une petite somme pour me vendre, et j'ai été emmené avec quarante autres enfants. Le voyage a duré 30 heures, on ne nous a pas donné à manger. On m'a dit que je devais travailler pour rembourser ce que le propriétaire avait payé à mes parents. Tant que je n'aurai pas remboursé, je ne pourrai pas rentrer chez moi. Donc je travaille gratuitement. Je suis un shaagird [apprenti]. Le contremaître m'a expliqué que, comme j'étais en apprentissage, je n'étais pas payé. C'est comme ça depuis quatre mois."

L'atelier où travaillent Amitosh et cinq ou six autres enfants est crasseux, les excréments d'un WC bouché se répandent dans les couloirs. Derrière les gamins, d'énormes piles de vêtements Gap sont emballées dans des paquets en plastique portant les étiquettes d'emballage officielles. Les numéros de série sont ceux d'une nouvelle gamme que Gap prévoit de commercialiser pour les fêtes de fin d'année. Tout cela doit être exporté vers l'Europe et les Etats-Unis.

Jivaj est originaire du Bengale-Occidental. Il doit avoir environ 12 ans. Il a raconté à The Observer que certains des garçons de l'atelier avaient été battus. "Le travail est très dur et on nous frappe si on ne travaille pas suffisamment. On n'arrête pas de nous dire : ‘C'est une grosse commande de l'étranger.' La semaine dernière, j'ai passé quatre jours à travailler depuis l'aube jusqu'à environ 1 heure du matin du jour suivant. J'étais si fatigué que j'en avais la nausée", murmure-t-il, en larmes. "Si l'un d'entre nous pleurait, ils lui tapaient dessus avec un tuyau de caoutchouc. Certains des enfants étaient punis avec des chiffons graisseux enfoncés dans la bouche."

Manik, qui lui aussi travaille gratuitement, affirme avoir 13 ans. On a du mal à le croire. "Je suis content de travailler ici. Au moins, j'ai un endroit où dormir", explique-t-il en jetant un regard furtif derrière lui. "Le patron m'a dit que j'étais en apprentissage. C'est mon devoir de rester ici. J'apprends à être un homme et à travailler. Un jour, je gagnerai de l'argent et je pourrai acheter une maison pour ma mère."

La découverte de cet atelier où la main-d'œuvre est exploitée est une très mauvaise nouvelle pour Gap. La semaine dernière, un porte-parole de la société a reconnu que des enfants s'étaient malencontreusement retrouvés dans le processus de production. Plutôt que de risquer de vendre des vêtements fabriqués par des enfants, Gap s'est engagé à retirer des dizaines de milliers d'articles repérés par The Observer. Le géant du prêt-à-porter a passé d'énormes contrats en Inde, un pays qui affiche l'une des plus fortes croissances économiques du monde. Mais, depuis une décennie, ce pays est aussi devenu le champion du monde du travail des enfants. D'après les Nations unies, le travail des enfants représenterait 20 % du PNB indien, 55 millions d'enfants – âgés de 5 à 14 ans – étant employés dans divers secteurs d'activité." Source pour ces extraits du quotidien britannique : Courrier international, "l'enquête qui a fait plier Gap".

(1) Voir le dossier "L'Empire américain"

(2) Mahatma Gandhi, Hind Swaraj or Indian home rule (trad. fr. Leur Civilisation et notre délivrance) , chapitre VI

(3) Mahatma Gandhi, Hind Swaraj or Indian home rule (trad. fr. Leur Civilisation et notre délivrance) , chapitre XIX

(4) R. Gandhi, Patel : A Life, pp. 89

(5) Voir le dossier Pierre Mendès France

(6) Extrait du livre "Choisir" de Pierre Mendès France, conversations avec Jean Bothorel, le 8 janvier 1974

L'article scandaleux et anti-républicain de M.Denis Kessler, ancien vice-président du M.E.D.E.F.

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Denis Kessler

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   Le 04/10/07, M.Denis Kessler, ancien militant U.N.E.F. et ancien vice-président du M.E.D.E.F., a tenu des propos scandaleux et anti-républicains dans l'article "Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !"  du magazine économique "Challenges". Il s'était déjà largement "illustré" avec la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) en militant ouvertement pour mettre fin au secret médical et en réclamant d'avoir accès aux données privées transmises dans les feuilles de soin électroniques ( voir : M.Denis Kessler, grand gagnant du prix Orwell 2003).

   Je vous donne l'intégralité de l'article du magazine "Challenges" :

" Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.

Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...

A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !
A l'époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d'obtenir des avancées - toujours qualifiées d'«historiques» - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.
Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l'importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d'être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.
Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d'un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l'histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l'évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s'adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.
Le problème de notre pays est qu'il sanctifie ses institutions, qu'il leur donne une vocation éternelle, qu'il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu'elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d'une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s'érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s'attaquent à ces institutions d'après guerre apparaissent sacrilèges.
Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l'essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l'on puisse envisager l'aggiornamento qui s'annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d'entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n'est pas un problème qu'en psychanalyse.

par Denis Kessler "

P.S. : Une invitation à (re)voir le Programme du Conseil National de la Résistance adopté le 15 mars 1944.

"Philippe Séguin : taxons les stock-options"

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" Sécu . Dans son rapport annuel, la Cour des comptes montre que l’exonération de cotisations sociales de ces revenus financiers entraîne une perte de recettes de 3 milliards d’euros.

Une bonne partie du « trou » de la Sécurité sociale pourrait être comblée si les revenus financiers étaient soumis à cotisation sociale, comme le sont les revenus du travail. Défendue, de longue date, à gauche, en particulier par les communistes, l’idée a été reprise hier, peu ou prou, par le président de la Cour des comptes, Philippe Séguin. Dans son rapport annuel consacré à la Sécu, où elle souligne une énième fois le caractère « fragile et partiel » de la réduction des déficits, la Cour déplore en premier lieu les exonérations de cotisations attribuées aux entreprises qui ne sont toujours pas compensées par l’Etat et « amputent d’autant » les recettes de la Sécurité sociale.

Une minorité de bénéficiaires

Fait nouveau, cette année, le rapport examine ensuite les mécanismes d’intéressement, souvent exonérés de cotisations sociales, qui réduisent « l’assiette des prélèvements sociaux qui financent le régime général » de la Sécu. Stock-options, primes de participation, indemnités de départ à la retraite ou de licenciement, etc., l’ensemble de ces dispositifs ont représenté une perte de recettes comprise entre 6 et 8,3 milliards d’euros en 2005, pour un déficit qui s’élevait cette année-là à 11,6 milliards d’euros.

Lors d’une conférence de presse, hier, Philippe Séguin a donné l’exemple de l’exonération de la plus-value d’acquisition des stock-options qui, note-t-il, constituent « un complément de salaire au versement différé ou une incitation à l’actionnariat, et sont donc bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable ». Les 8,5 milliards d’euros distribués en 2005 sous cette forme ont ainsi entraîné une « perte de recettes aux alentours de 3 milliards d’euros », a relevé M. Séguin, en soulignant que les « gains réalisés par les bénéficiaires sont souvent importants et concentrés sur un nombre restreint d’individus ». Les stock-options restent en effet l’apanage d’une étroite minorité, patrons et hauts cadres dirigeants se taillant la part du lion. « Les 100 premiers bénéficiaires devraient toucher chacun une plus-value de plus de 500 000 euros et les 50 premiers, de plus de 10 millions d’euros », a expliqué le président de la Cour. « Rien que pour chacun de ces cinquante-là, les cotisations manquantes s’élèvent à plus de 3 millions d’euros » par bénéficiaire. Selon M. Séguin, l’exonération des indemnités de départ à la retraite ou de licenciement représente également « une perte de plus de 4 milliards d’euros ». Peut-on, toutefois, mettre sur un même plan les privilèges des stock-options et ces revenus de simples salariés ?

Mettre fin aux exonérations

La Cour, dans son rapport, demande le plafonnement, voire la suppression de ces dispositifs d’exonération. Le gouvernement suivra-t-il le conseil ? Ou bien s’entêtera-t-il à vouloir taxer les malades sous forme de nouvelles franchises ? "

Article d'Yves Housson paru dans l'Humanité le 13 septembre 2007

P.S :

M. Sarkozy continue la grande braderie nationale

   Le 11 juillet 2007, à travers l'article de Philippe Mesmer "Au Japon, les fonds d'investissement étrangers ne sont pas bienvenus", journal Le Monde, j'ai  obtenu une information intéressante : "...le Japon reste un marché très protégé, où les investissements étrangers ne représentent pas plus de 2,4 % de l'économie, contre 47,4 % en France."

   Cet article a été écrit suite à " l'échec cinglant du raid lancé par le fonds d'investissement américain Steel Partners sur le fabricant nippon de condiments Bulldog Sauce ". La Cour d'appel de Tokyo a précisé que le fonds " avait montré que son principal objectif était d'empocher des profits par des transactions financières et, éventuellement, par la cession des actifs de la société ". Qualifiant Steel Partners d' "acquéreur abusif", elle a rappelé que " le profit est généré par des activités économiques impliquant, entre autres, les salariés et les consommateurs ". Au Japon, selon M. Mesmer," en juin, les assemblées générales des actionnaires ont, dans leur grande majorité, rejeté les propositions émises par ces fonds venus d'ailleurs, qu'ils concernent une hausse des dividendes ou encore des nominations aux conseils d'administration. Steel Partners, mais aussi Brandes Investment Partners ou Safe Harbor Investment ont ainsi essuyé des échecs ".

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en Charles McCreevy, commissaire européen

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   En France, une telle démarche est aujourd'hui impossible. En effet, selon la Commission de Bruxelles, la France n'a pas le droit de limiter les investissements étrangers. (voir la note à ce sujet).

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Pierre Mendès France espace pour la mise en pageespace pour la mise en page

   Quels en sont les risques ? Pour le savoir, je vous invite à lire la note "La dangerosité des multinationales selon Mendès France" dans laquelle vous trouverez des éléments intéressants qui laissent parfaitement entrevoir les dangers lorsque des entreprises dépendent d'autorités lointaines. Les investisseurs étrangers obéissent à deux mots : rentabilité et productivité. Ils recherchent le profit maximal -pour les grands actionnaires et non pour les salariés- et à l'instar d'Ignaciot Ramonet, je rajouterai que cette obsession les conduit à produire là où les coûts salariaux sont les plus faibles aboutissant éventuellement à des délocalisations.

   Mais, malheureusement, la recherche du profit maximal pour les grands actionnaires au détriment des salariés n'est pas simplement du fait des investisseurs étrangers. Pierre Mendès France tenait les propos suivants en 1974 : " Certains groupes français se prêtent, en effet, plus facilement à des arrangements et à des compromis avec des capitalistes américains qu'à des disciplines et à des adaptations découlant des besoins sociaux ou du progrès collectif ; le C.N.P.F. -aujourd'hui devenu le M.E.D.E.F.-, qui s'est élevé avec tant de hauteur contre les interventions de l'Etat et du Plan dans le domaine industriel, n'a jusqu'ici exprimé aucune inquiétude à l'égard des interventions financières du dehors ! ".

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